Genève, Suisse – Je profite des quelques heures de temps libre pour prendre une petite marche dans la splendide ville de Genève. Seul  avec ma caméra (en bon touriste que je suis), j’entends soudainement une voix un peu criarde qui me lance un «Antoèèèène!!!!». 

En me retournant, j’aperçois mon ami et collègue Pierre Michaud, assis sur la banquette d’une Audi A7 TDI. Il me dit d’un ton excité: «Embarque, je t’amène voir quelque chose que tu ne regretteras pas». À bord de la berline allemande, se trouve Emmanuel Dupré, réalisateur et caméraman pour la populaire émission automobile Turbo, sur la chaine M6. Ce gars fort sympathique réservait à Pierre une surprise dont il ne se doutait même pas. Et le hasard faisant bien les choses, j’allais moi aussi en profiter.

Emmanuel nous amène donc à Lausanne, en banlieue de Genève, dans un petit quartier un peu en retrait et où l’on ne pourrait jamais se douter ce qui s’y trouve. Il immobilise la voiture au bout d’un petit cul-de-sac où se trouve une maison à priori bien simple, mais devant laquelle est garée une splendide Aston Martin Vanquish S.

Ça donnait le ton sur ce que nous allions découvrir.

Quelques instants plus tard, un homme sort de ladite maison. Il s’agit de Jean-Pierre Slavic, propriétaire des lieux – et de l’Aston Martin, bien sûr. Il nous accueille chaleureusement et nous invite à pénétrer dans ce qui finalement, n’a rien d’une maison.

Plutôt, il s’agit d’un musée personnel, où la passion automobile prend carrément une autre dimension.

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Au premier étage, des centaines de répliques et modèles réduits, pour la plupart de Ferrari, laissent deviner ce qui s’en vient. Plusieurs Formule Un célèbres, ainsi que les plus mythiques voitures de la marque italienne s’y trouvent, toutes bien exposées.

Certaines sont accompagnées de fiches explicatives, d’autres ont des dédicaces. Bref, voilà une collection qui me fait saliver. J’en suis bouche-bée.

Un peu plus au fond, on retrouve quelques élégants fauteuils de cuir, entourés de diverses décorations d’ordre mécanique.  Cependant, le clou de l’endroit demeure incontestablement cette Fiat Abarth 695, LA voiture avec laquelle l’aventure automobile de Jean-Pierre Slavic a débuté.

Il s’agit de la toute première voiture qu’il a possédée, à l’âge de 16 ans. Il l’avait vendue il a de cela bien longtemps, mais a réussi à la retrouver pour se la réapproprier.

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Vient ensuite le temps de nous diriger vers le sous-sol. À ce moment, Emmanuel nous demande d’attendre un instant. Il souhaite descendre d’abord et s’installer avec sa caméra pour capter notre réaction initiale à la vue de ce qu’on nous découvrirons, quelques minutes plus tard.

Nous devons descendre dans un escalier de métal noir, très large, lequel tourne vers la droite histoire de garder la surprise jusqu’à la dernière minute. D’en haut, il est littéralement impossible de voir ce qui se trouve à la «cave».

Au moment de descendre, un éclairage tamisé se met en marche, de même qu’une douce musique d’ambiance. 

Et puis… c’est l’extase.

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Pierre et moi arrivons devant une collection carrément hallucinante de 26 Ferrari, toutes de couleur rouge, et qui reposent sur un plancher noir lustré, créant un effet miroir extraordinaire.

Au moins quatre fois plus vaste que ce que la maison extérieure laisse deviner, ce sous-sol pourrait très facilement abriter tout près d’une centaine de voitures.  Les murs sont peints en noir mât, le plafond aussi. Et on retrouve au dessus de chaque voiture, une bouche de ventilation spécialement conçue pour éviter une quelconque accumulation de poussière.

Derrière chacun des bolides se trouve une plaque de verre, faisant état des grandes lignes historique de la voiture.  Des voitures qui, évidemment, n’ont rien de banal.

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On y retrouve notamment…

  • une paire de Ferrari 512 Berlinetta Boxer (une à carburateur, l’autre injectée, notre photo tout juste ci-haut);
  • une paire de Dino 246 GT;
  • une 365 GTS4 Daytona Spyder;
  • une 365GTB4 Daytona coupé;
  • une 275 GTB4 Spyder;
  • ainsi que la pièce de résistance, une 250 GTO 1962.

Oui, vous avez bien lu… et vu, avec notre photo ci-dessous.

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Quant à moi, c’est assurément la 288 GTO, symbole mythique de la voiture exotique des années de ma jeunesse, qui m’a fait le plus saliver.

Car au-delà des quelques 34 millions de dollars que vaut la 250 GTO, chaque amateur de Ferrari s’amourache d’un modèle en particulier, sans qu’une question monétaire ne soit impliquée.

Et pour ma part, eh bien, c’est la 288 GTO.

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Pierre et moi avons passé deux bonnes heures à contempler les Ferrari et à discuter avec M. Slavic. Pierre a réalisé une entrevue pour l’émission RPM pendant qu’en marge, je vivais un moment presque de surréaliste.

Avant de quitter, M. Slavic nous a généreusement offert un livre qu’il a lui-même fait publier et dans lequel se trouve un peu de son histoire, ainsi que l’ensemble de sa collection de voitures. Le collectionneur a reconnu en nous la passion de l’automobile, ce qui, je crois, nous a permis de passer un si long moment avec lui. 

Mais… qui est donc ce Jean-Pierre Slavic? Classé parmi les 300 hommes les plus riches d’Europe, il a fait fortune dans le monde de l’horlogerie, étant issu d’une famille elle-même très riche.

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Père de cinq enfants, il se décrit lui-même comme un collectionneur maladif, éprouvant une passion viscérale pour l’objet.  Il se dit anormal, dans la mesure où il n’est absolument pas normal de posséder près d’une centaine de voitures antiques.

Car non, les Ferrari qui se trouvent dans ce musée ne sont pas les seules qu’il possède. Vous ne voyez là qu’une partie de ses Ferrari rouges, d’autres étant bien chaud dans un endroit gardé secret…

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M. Slavic possède d’ailleurs, mis à part ses Ferrari, de très beaux exemplaires d’Alfa Romeo, d’Aston Martin (DB2 convertible Vantage, DB4 Zagato), de Bentley, de Bugatti (EB 110 GT, Veyron),  de Jaguar, de Maserati, de Mercedes-Benz, de Porsche…

Il s’est même plié à se procurer une Lamborghini, même s’il n’affectionne pas vraiment cette marque. Mais pas n’importe quelle Lamborghini: il s’agit d’une Miura, évidemment.

Pour plus de détails, je vous invite à visiter le site web Un Homme, Une collection de M. Slavic, lequel vous fera découvrir son entière collection de voitures.  À faire rêver, vraiment…

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