Le marché de l’usagé a ses bonnes, mais aussi ses mauvaises occasions. Qui ne connaît pas quelqu’un… qui connaît quelqu’un… qui s’est fait avoir. En fait, si l’on commence à penser à tous les scénarios d’horreur pouvant survenir à l’achat d’un véhicule usagé, on se contenterait de rouler à vélo.

Acheter une bonne occase et s’en tirer à bon compte, ça demande plus de temps et d’énergie que voulu. Mais c’est comme dans tout: mieux vaut prévenir que guérir.

Alors, c’est que ça doit l’être et il faut se méfier. La voiture affiche un bas kilométrage? Elle risque d’avoir été illégalement «reculée». Comment déceler cette fraude? En exigeant de voir les factures d’entretien.

Sachez aussi que les Québécois conduisent en moyenne 20 000 km par an. Le compteur d’une voiture âgée de cinq ans devrait donc, logiquement, indiquer plus ou moins 100 000 km. Il en affiche moins? Vérifiez deux fois plus qu’une, notamment en demandant une inspection.

Ah, l’inspection. On ne le répétera jamais assez: l’inspection mécanique effectuée par un garagiste indépendant et de confiance (ou un centre technique de CAA-Québec) est primordiale.

Moyennant de 50$ à 150$, cette opération dévoilera la plupart des vices cachés, des compteurs reculés, des réparations plus importantes que prévu, voire le fait que le véhicule ait été accidenté et reconstruit.

Certains véhicules usagés souffrent toujours d’un lien financier avec leur ancien propriétaire. Celui ou celle qui en fera l’achat se retrouvera donc, bien malgré lui, avec les dettes de quelqu’un d’autre.

On peut éviter le piège en vérifiant auprès du Registre des droits personnels et réels mobiliers qu’aucun paiement, mensuel ou autre, ne vienne handicaper la transaction. RDPRM: par téléphone au 1-800-465-4949 ou par Internet au www.rdprm.gouv.qc.ca.

Le véhicule usagé qui vous fait envie vient de l’extérieur de nos frontières? Méfiance: une bonne partie des occases qui entrent au Québec sont tout juste bonnes… pour la casse.

En effet, des voitures accidentées sont importées au pays en prétextant l’utilisation de leurs pièces, mais elles peuvent se retrouver sur nos routes retapées.

N’achetez donc pas une épave sur quatre roues. Comment éviter le piège? Encore une fois, en faisant faire inspecter par un garagiste de confiance.

Certains marchands trafiquent non seulement les compteurs kilométriques des voitures usagées qu’ils vendent, ils trafiquent aussi les contrats.

L’acheteur doit donc lire son document à la loupe et vérifier, page après page, que les inscriptions sur sa copie sont bel et bien celles qui se retrouvent sur la copie du vendeur.

Des problèmes? CAA-Québec (www.caaquebec.com) et l’Association pour la protection des automobilistes (www.apa.ca) peuvent venir en aide, moyennant une adhésion annuelle.

Du côté gouvernemental, on peut joindre l’Office de la protection du consommateur (OPC). Son site internet (www.opc.gouv.qc.ca) est particulièrement utile pour consulter le profil d’un commerçant – une sorte de bulletin où sont consignées plaintes et infractions (s’il y a lieu).

Pourquoi se donner la peine de consulter le profil d’un commerçant? Parce qu’à l’OPC, la vente de véhicules usagés accapare la seconde plus forte représentation de toutes les demandes de renseignements (plaintes).

Le profil du commerçant doit cependant être lu avec discernement. Certes, le marchand à petit volume d’affaires qui se retrouve avec un substantiel nombre de plaintes peut perpétrer des pratiques commerciales douteuses, mais le marchand pour qui aucune plainte n’est inscrite n’est pas nécessairement un modèle de bonnes pratiques commerciales.

Ce dont il faut surtout tenir compte, dit l’OPC, c’est du nombre de plaintes résolues en faveur du consommateur.