Voici quelques trucs qui vous permettront de distinguer les véritables détaillants de voitures d’occasion des fraudeurs intéressés à vous refiler un véhicule volé ou accidenté.

On appelle «faux particuliers» ces détaillants de voitures d’occasion qui s’affichent comme des particuliers – évidemment – afin d’écouler des véhicules volés, ayant subi d’importantes réparations après une collision majeure (ou autres types de dommages), voire dont l’odomètre a été trafiqué.

Ce terme tire son origine de la tendance qu’ont ces vendeurs sans scrupules à vouloir rencontrer les acheteurs potentiels dans un lieu ne permettant pas de les relier à une adresse en particulier, comme un stationnement ou même sur le bord d’une rue.

Vous pouvez identifier un «faux particulier» avant même d’avoir rencontré le vendeur en personne. Lorsque vous contactez le vendeur du véhicule d’occasion qui vous intéresse, indiquez que vous appelez à propos de la voiture annoncée. Si le vendeur vous demande de préciser de quelle voiture il s’agit, vous saurez qu’il en a plusieurs à vendre – et aurez réussi à démasquer un revendeur à la sauvette.

Demandez à voir la voiture à la résidence du vendeur – et profitez-en pour soigneusement consigner son adresse, son numéro de téléphone. Le vendeur insiste pour un endroit anonyme? Voilà qui devrait vous mettre la puce à l’oreille.

Quand même, la bagnole vous fait très envie? Vérifiez le nom qui figure sur le certificat d’immatriculation et comparez-le avec une preuve d’identité que le vendeur devrait accepter de vous fournir. Est-ce qu’il y a correspondance?

En cas de disparités ou si le vendeur prétend vendre la voiture pour quelqu’un d’autre, cherchez à en savoir plus. N’ayez pas peur de paraître trop curieux; après tout, vous vous apprêtez à dépenser plusieurs milliers de dollars pour ce véhicule. Que sait-il de son état mécanique, des réparations à venir? Quels sont les équipements qui se trouvent à bord, a-t-il des pneus d’hiver/été pour compléter?

Si le vendeur refuse de vous fournir des informations ou si les raisons qu’il évoque vous semblent louches, prenez vos jambes à votre cou.

Dans la Belle Province, les acheteurs de véhicules d’occasion sont parmi les mieux protégés du Canada grâce au Code civil du Québec, qui stipule qu’un vendeur est dans l’obligation de déclarer à l’acheteur la présence de vices cachés. Si l’acheteur découvre un vice caché n’ayant pas été divulgué, il doit en informer le vendeur sans tarder. D’où l’importance de pouvoir le retracer, ce vendeur…

Si le vendeur refuse de rectifier la situation à la satisfaction de l’acheteur, ce dernier a trois ans pour poursuivre le vendeur. Le Code civil du Québec définit le vice caché comme une défectuosité «qui rend le bien impropre à l’usage auquel il est destiné ou qui diminue tellement son utilité que l’acheteur ne l’aurait pas acheté ou n’aurait pas donné si haut prix, s’il l’avait connue.»

Quand même, évitez d’avoir à guérir et faites plutôt dans la prévention, avec des ressources telles CarFax.com et CarProof.com. Ces entreprises (qui viennent de fusionner) livrent une masse d’informations pertinentes à propos des historiques. Il en coûte une 50aine de dollars pour obtenir le rapport existant pour un véhicule et bien qu’il ne permette pas nécessairement d’en découvrir tous les secrets, la somme déboursée pourrait rapidement s’avérer un investissement judicieux.

Demandez au vendeur s’il possède les factures des entretiens et des réparations effectués sur le véhicule. Une telle exigence n’est pas obligatoire et n’offre qu’une protection limitée contre les vendeurs frauduleux, mais au moins vous saurez si le véhicule a été entretenu de façon convenable.

Si le vendeur se montre évasif ou vague lorsque vous lui posez des questions à propos de l’historique du véhicule, soyez sur vos gardes. Fiez-vous à votre instinct; si quoi que ce soit vous semble louche, renoncez à la transaction.

Deux derniers conseils, et non les moindres: ne laissez jamais personne vous forcer à acheter un véhicule qui ne vous inspire pas entièrement confiance. Et ne laissez personne immatriculer à votre place; prenez soin de vous déplacer aux bureaux de la SAAQ pour veiller vous-mêmes à la transaction.