Bonne nouvelle, des nombreux spécialistes et documents analytiques que nous avons consultés, tous s’entendent à peu de choses près sur les mêmes éléments affectant la valeur relative des véhicules d’occasion. En voici une liste, que vous ne devez pas considérer en ordre d’importance puisque ces facteurs évoluent en fonction des saisons ainsi que des modes passagères.

Lors d’une forte hausse, comme il est arrivé en juin 2008, où le prix moyen du litre d’essence avait atteint 1,52 dollar selon la Régie de l’Énergie du Québec, la valeur de certains véhicules énergivores chute brusquement.

Qu’il s’agisse de difficultés financières (les constructeurs américains en 2008-9) ou de rappels importants (Toyota récemment), la demande pour les véhicules concernés s’affaisse.

C’est une évidence, mais un véhicule qui a annuellement parcouru beaucoup plus de 25 000 kilomètres, qui a subi des dommages et dont l’entretien recommandé n’a pas été suivi à la lettre vaudra beaucoup moins qu’un autre. En général, une auto perd le tiers de sa valeur durant la première année et n’en vaut plus que la moitié après trois ans.

Certains véhicules plaisent momentanément à beaucoup de gens, et ce sans raison particulière, ce qui en améliore la perception et, par conséquent, la valeur.

Lorsqu’un manufacturier modifie profondément un modèle de véhicule, la valeur des précédents, même très récents, diminue de façon prononcée.

Les trophées accordés par les agences de cotation, les journalistes et publications spécialisés affectent la valeur de certains véhicules, de même que leurs critiques sévères.

Certains types de véhicules demeurent populaires en fonction des régions (camionnettes dans l’Ouest du pays et dans les régions rurales, petits utilitaires autour de la métropole…)

Plus celui-ci est à parité avec la monnaie nationale, plus les prix suggérés des manufacturiers doivent être réajustés, donc diminués, ce qui pousse à la baisse la valeur des véhicules d’occasion. Et vice-versa…

Même si c’est moins vrai que par le passé, certains véhicules comme les décapotables perdent de la valeur en fonction de l’été qui se termine ou augmentent en prix, par exemple ceux à traction intégrale à l’approche de l’hiver.

Les modèles populaires chez les locateurs journaliers (Hertz, Discount…) ainsi que les grandes compagnies aux nombreux véhicules voient leur valeur chuter puisque leurs retours simultanés et en masse dans les encans bousculent la loi de l’offre et de la demande.

Si ces premières caractéristiques touchent profondément la valeur décroissante des véhicules d’occasion, certaines autres auraient bien peu d’effet. Par exemple, l’ajout de nombreux et coûteux accessoires n’augmente à peu près pas la valeur d’une auto âgée de quelques années.

De même, selon Pierre-Marc Guitard, directeur des ventes d’Autos PB, un important marchand de véhicules à Laval, la qualité mécanique initiale de ceux-ci compterait peu: «Tous les véhicules modernes sont durables et bien conçus. Par contre, la perception des gens, leur manque d’information et leur appréhension envers les véhicules américains, par exemple, biaisent leur perception. Pourtant, des Ford Fusion ou Focus et Chevrolet Malibu sont d’excellents choix», précise-t-il.

Enfin, à moins d’une couleur vraiment hors de l’ordinaire, la teinte de la carrosserie ne perturbe pas l’évaluation de la valeur d’un véhicule d’occasion.

La valeur des véhicules évolue de semaine en semaine, et c’est pourquoi il est suggéré de lire différents guides et sites pour réaliser son propre calcul. C’est également ce que font les professionnels de l’industrie, qui consultent en plus des documents créés spécifiquement pour leurs besoins.

C’est le cas du Guide d’évaluation Hebdo pour automobiles et camions légers, édité à Montréal par la Société Trader. Les prix de vente affichés, qui sont des moyennes mises à jour, servent entre autres au gouvernement québécois pour percevoir des montants de TVQ réalistes.

Plusieurs autres organismes professionnels affichent des prix et des milliers de véhicules à toutes les semaines: www.canadianblackbook.com au niveau canadien, www.occasionenor.com de la Corporation des concessionnaires d’automobiles du Québec, www.presqueneuf.ca de l’Association des marchands de véhicules d’occasion du Québec, auxquels vous pouvez ajouter les sites de consommateurs www.kijiji.ca et www.lespac.com.

Vous pouvez également consulter l’Association pour la protection des automobilistes, à www.apa.ca, qui offre entre autres un service de consultation et d’achat de véhicules d’occasion à prix fixe pour ses membres. Le CAA-Québec, à www.caaquebec.com, propose également des services relatifs à l’achat d’un véhicule d’occasion, dont le « prix de liste », une évaluation du prix moyen de véhicules semblables à celui de votre choix.

Les analystes et agences de l’automobile doivent entre autres prévoir la valeur résiduelle des véhicules de location pour en déterminer le coût ou loyer mensuel. Ceux-ci en profitent pour élaborer des listes de marques souffrant peu de la dévaluation ou, au contraire, perdant le plus de valeur.

Josh Bailey, directeur du service à la clientèle du Canadian Black Book, le petit livre que la plupart des acheteurs de véhicules emportent avec eux dans leur séance de magasinage, devine une tendance quant à la valeur future de certains types d’automobiles: «Les ventes de véhicules de luxe sont encore très fortes, mais pourraient diminuer d’ici deux ou trois ans. Le marché sera alors saturé, et il y en aura beaucoup en même temps à l’encan, ce qui affectera négativement leur valeur. Le même phénomène existe pour les petits véhicules utilitaires de luxe», prévoit-il.