Avec la hausse des rapports d’historique de voitures usagées, comme ceux de CarProof et de CarFax, il est plus facile que jamais de connaître l’historique des réparations d’accident d’un véhicule que vous considérez acheter.

Mais comment bien utiliser ces informations?

Renoncez-vous automatiquement à un véhicule dès le moindre accident? Est-ce que toutes les réclamations d’accident de 3 000 $ s’équivalent? Pouvez-vous acheter un véhicule endommagé au rabais?

D’après Joe Varkey, vice-président de CarProof, le mandat d’une entreprise de rapports de véhicule n’est pas de dénigrer les autos accidentées au profit des véhicules qui ont eu plus de chance.

« Notre mandat est de bien renseigner les gens qui ont besoin de prendre une décision informée », dit Varkey. « Si vous savez exactement ce que vous obtenez, c’est une décision informée. Une voiture n’a pas à avoir aucune tache à son dossier pour être bonne. »

C’est une bonne chose, car selon l’expérience de CarProof, environ un véhicule sur trois sur la route à été déclaré endommagé dans un accident quelconque.

Bien sûr, vous éviterez les véhicules lourdement endommagés, mais pour le reste, voici un petit survol des termes que vous retrouverez dans les rapports des sites comme CarProof.

Sauvetage — Les véhicules que les compagnies d’assurance refusent de réparer, car les coûts de réparation excèdent leur valeur actuelle.

Reconstruits — Véhicules de sauvetage achetés des compagnies d’assurances et réparés par d’autres entités. Ils peuvent reprendre la route après avoir subi une inspection, mais ils seront toujours marqués comme véhicule reconstruit.

Non réparable — Véhicules qui ne pourront jamais retourner sur la route. Détruits ou vendus en pièces.

CarProof obtient les descriptions de dommages et historiques de réparation de plusieurs sources : entreprises d’assurances, de réparation et de remorquage, ainsi que des fournisseurs de véhicules loués, des stations de police, des encanteurs et des centres de services automobiles.

Les rapports de CarProof sont très complets, mais pas à toute épreuve.

Comme tous ceux qui ont eu un petit accrochage le savent, faire une réclamation d’assurances n’est pas toujours le bon choix, alors ce ne sont pas tous les accidents qui sont déclarés à CarProof.

« On dit toujours aux gens que le seul moyen d’être sûr à 100 % est de combiner un rapport CarProof à une inspection mécanique », dit Varkey.

Un aspect crucial de CarProof est que ces rapports sont aussi importants pour les concessionnaires que pour les consommateurs.

Cela les aide à choisir quels véhicules ils offriront à leurs clients.

Ainsi, si vous ne consultez pas le rapport CarProof d’un véhicule que vous considérez acheter, ils en sauront plus que vous sur ce véhicule…

L’un des plus grands concessionnaires d’autos usagées au Canada est Haldimand Motors of Cayuga, en Ontario, détenu et géré par John Edelman. Haldimand Motors était l’une des premières concessions au Canada à fournir un rapport CarProof avec chaque véhicule vendu. Vous pouvez même voir le rapport pour chaque voiture présentée sur leur site Web, d’un simple clic.

Pourquoi?

« Je crois que c’est de l’information pertinente », dit Edelman. Il donne en exemple l’un des mandats de l’OMVIC, l’instance gouvernementale qui gère les concessionnaires automobiles de l’Ontario: « Si de l’information pertinente à la vente du véhicule est connue par le vendeur, il doit la transmettre à son client ».

Techniquement, si les concessionnaires ont le rapport CarProof, ils doivent le présenter aux clients. Edelman propose que les concessionnaires soient obligés de le présenter immédiatement, peut-être même, dès l’étape de la promotion. S’il est présenté plus tard au moment de la transaction, comme juste avant de signer, vous ne pourrez peut-être pas prendre une décision réfléchie, dit-il, car vous aurez déjà un attachement émotionnel à ce véhicule en particulier et vous voudrez repartir avec lui.

SmartAutoCheck.com inspecte les voitures usagées pour les acheteurs potentiels, peu importe leur emplacement. En ce moment, ils servent les clients du sud de l’Ontario, de Calgary et d’Edmonton.

Nous avons demandé au cofondateur, Efi Bershadsky, si les acheteurs d’autos usagées devraient toujours se méfier des véhicules ont le rapport CarProof montre qu’ils ont été accidentés.

Sa réponse courte est « non ». Sa réponse un peu plus longue est qu’il vient d’acheter une Subaru Tribeca accidentée dont la valeur des dommages a été déclarée à 8 000 $. La réparation a bien été faite, et il estime avoir économisé plus de 4 000 $ sur la valeur estimée des Tribeca de cette année-là.

Mais pour la plupart des consommateurs, il recommande de s’en tenir aux véhicules avec des petits montants de réparation, à moins de 5 000 $, car un montant plus élevé sous-entend des réparations structurelles, et non simplement esthétiques. Il croit que les véhicules réparés à des fins esthétiques sont une bonne affaire, car leur intégrité et leur efficacité ne sont pas compromises, et que vous pouvez vous en servir pour négocier un prix plus bas.

Pour les voitures usagées dont les dommages sont de 5 000 $ à 10 000 $, il croit qu’il est raisonnable de demander au vendeur d’enlever de 300 à 500 $ pour les réparations esthétiques documentées. Pour les autos de 3 000 $, vous pouvez vous attendre à une réduction de 50 à 100, alors que celles à plus de 10 000 $ peuvent peut-être réduire le prix de 600 $ ou plus.

Josh Bailey du Canadian Black Book nous dit qu’il y a un grand fossé entre les catégories « Extra Clean » où il n’y a eu aucun accident, et « Clean », pour les voitures qui ont eu une réclamation d’accident modeste. C’est donc dans cette catégorie que l’on peut mieux négocier et trouver les meilleures affaires dans le marché de l’usagé.

Pour ce qui est des voitures avec des dommages structuraux, c’est une tout autre histoire. Vous voulez vraiment les éviter, dit Bershadsky.

Ces véhicules peuvent être bien réparés, bien sûr, mais il est beaucoup plus difficile de vérifier si le travail a été bien fait. C’est comme une chirurgie, on ne veut pas ouvrir la peau à nouveau juste pour s’assurer que tout est en ordre à l’intérieur. Et ces voitures seront toujours hantées par ces travaux de réparation importants, qui affecteront le prix de sa revente.

SmartAutoCheck.com effectue leurs inspections avant même de regarder au rapport de CarProof.

« On ne veut pas commencer à travailler sur l’auto avec une idée préconçue », dit Bershadsky. Il est intéressant de noter qu’il arrive à la même statistique que CarProof… une voiture sur trois a eu des réparations de dommages, que ce soit indiqué dans son historique ou non.

Ce sont souvent les mêmes signes qui trahissent les réparations : des retouches de peinture, de nouvelles jantes, un pare-brise craquelé, des soudures additionnelles, de la rouille prématurée, etc. Les retouches de peinture sont détectables par un micromètre qui détermine l’épaisseur de la peinture à différents endroits.

Jack Martino est l’un des directeurs de Martino Brothers Collision, une entreprise fondée en 1955 qui a deux points de services dans la région de Toronto. Il remarque qu’un travail de réparation moyen coûte environ 2 700 $ et qu’environ 25 pour cent certains travaux « mineurs » sur la structure, comme un support de radiateur ou un ajustement de pare-chocs.

« Lorsqu’on commence à retirer les éléments structuraux (pour les redresser), on commence à dépasser la barre des 3 000 $ », précise Martino.

Il faut noter aussi que lorsque des véhicules sont vendus à des encas uniquement de concessionnaires, c’est lorsqu’une voiture a eu pour plus de 3 000 $ de réparation que son prix baisse le plus. Les encans offrent de possibilités de rajustement aux concessionnaires qui achètent un véhicule pour ensuite découvrir qu’il a mal été réparé.

Alors, des dommages déclarés pour 3 000 $ peuvent être un bon seuil à garder en tête, lorsque vous comparez des véhicules en particulier sur votre liste.

Mais 3 000 $, c’est également ce qu’il faut débourser pour remplacer un rétroviseur sur une Mercedes-Benz SL550. Alors, il vaut vraiment la peine de faire valider par des réparateurs les travaux qui ont déjà été faits pour le montant indiqué dans le rapport, pour savoir si tout est en ordre.

Même si vous devriez vous tenir loin des voitures qui ont été grandement endommagées, ça ne veut pas dire qu’elles ne peuvent pas être réparées.

Andrew Shepherd, de l’Association des industries de l’automobile du Canada croit que le consommateur moyen n’est pas conscient d’à quel point les procédures de réparations de la carrosserie sont précises et sophistiquées. Il note que les véhicules sont complètement restaurés, et redeviennent comme avant l’accident, et que le travail de réparation a même été vérifié dans des tests de collision.

« Nous avons tellement de ressources aujourd’hui », dit Jack Martino, ajoutant que la documentation des fabricants permet à ses techniciens de réparer et d’attacher les pièces exactement selon les spécifications du fabricant.

« C’est techniciens sont de vrais ingénieurs qui travaillent dans l’ombre », dit Martino.

Ce commerce inspecte régulièrement des voitures usagées pour les consommateurs puis donne des conseils à propos de l’état du véhicule ainsi que des renseignements sur à quel point les réparations antérieures ont bien fonctionné.

« Les trous dans la carrosserie en disent très long », remarque-t-il. « Ils doivent être bien réparés ».

Finalement, il faut un excellent travail de peinture, mais Martino note que les bons peintres ne travaillent que dans les bons ateliers. Ils n’aiment pas peindre par-dessus des réparations mal faites.