Certes, l’inspection mécanique demeure la meilleure façon de vous assurer que la voiture d’occasion que vous convoitez correspond bien à ce qui est annoncé. Mais comme pareille inspection nécessite temps et argent, il est préférable de se limiter à quelques modèles.

L’avantage, c’est qu’il n’est pas nécessaire d’être mécanicien pour savoir si un véhicule mérite – ou non – de se retrouver sur cette courte liste de candidats.

Marc Auger, un mécanicien indépendant possédant 30 ans d’expérience dans le domaine de l’automobile et demeurant dans la région d’Ottawa, affirme qu’il suffit d’un essai routier pour en avoir le cœur net.

«Si vous devez vous limiter à une seule démarche, allez faire un tour avec la voiture,» dit M. Auger. «Si le vendeur hésite à vous la confier, méfiez-vous.»

Une fois qu’on vous aura remis les clés de la voiture, assurez-vous d’être celui qui démarre le moteur, afin de voir quels sont les indicateurs qui s’affichent dans le tableau de bord. Ils devraient d’abord tous s’allumer, puis s’éteindre après un certain temps. Si un des indicateurs – la pression d’huile, les freins, le moteur et la batterie, parmi les plus importants – ne s’allume pas, cherchez à savoir pourquoi.

Attention, quand même: certains vendeurs sans scrupule vont jusqu’à retirer les ampoules de certains indicateurs pour éviter qu’ils s’illuminent et qu’ils lancent l’alerte, plutôt que d’effectuer les réparations.

Lorsque vous êtes à bord, portez une attention spéciale aux cognements, qui pourraient être attribuables à des problèmes de suspension ou de direction, qu’ils soient graves ou non.

Des variations dans le régime du moteur pourraient s’expliquer par des problèmes de transmission. Dans le cas d’une boîte de vitesse manuelle, il se pourrait que la pédale d’embrayage soit en cause, un problème assez simple à régler, mais tout de même assez dispendieux. Quant aux transmissions automatiques qui glissent, le problème est plus sérieux et nécessitera éventuellement des réparations coûteuses.

Méfiez-vous des voitures qui peinent à demeurer en ligne droite sur une chaussée plate sans intervention de votre part. Il se pourrait qu’un alignement soit nécessaire, ou encore que la voiture soit accidentée et que sa structure soit compromise.

Vérifiez également les pneus; si l’usure n’est pas uniforme, c’est peut-être un signe de problèmes d’alignement ou de structure. Selon M. Auger, le fait que la voiture soit chaussée de pneus neufs est un bon point de départ, mais le vendeur peut également se servir de cette stratégie pour dissimuler les symptômes de fatigue qui, autrement, auraient été mis en évidence.

De toujours, les odomètres (électroniques ou pas) sont susceptibles d’être trafiqués, méfiez-vous donc des véhicules dont le kilométrage est anormalement bas. M. Auger suggère de jeter un coup d’œil aux pédales; si le kilométrage au compteur est bas, mais que les pédales sont usées, il y a de bonnes chances qu’il y ait anguille sous roche. De toute façon, partez du principe qu’en moyenne, au Canada, un véhicule roule de 16 000 km à 20 000 km par année. L’occase que vous reluquez a cinq ans, mais son compteur n’indique que 35 000 km? Posez des questions, demandez à voir les preuves d’entretien.

M. Auger recommande également d’effectuer des recherches en ligne à propos de la marque et du modèle que vous envisagez, afin d’avoir une meilleure idée des problèmes courants. Demandez au vendeur qu’il vous remette la fiche d’entretien du véhicule. S’il refuse, ou si celle-ci est incomplète, il se pourrait que le vendeur ait quelque chose à cacher.

En fin de compte, si la voiture semble en bonne et due forme et qu’elle vous convient toujours, demandez à un mécanicien d’effectuer une inspection. Si vous voulez vraiment vous rassurer sur toute la ligne, demandez un deuxième avis auprès d’un atelier de carrosserie, afin de déceler les signes de rouille ou de réparations suite à un accident.

Un dernier conseil?

«Si c’est trop beau pour être vrai, c’est probablement le cas,» dit M. Auger.