Même que souvent, la bonne occasion n’est pas la seconde, ni la troisième automobile que l’on considère. Car faire la bonne affaire dans l’usagé requiert beaucoup plus de temps, de recherche et d’énergie que d’acheter neuf.

Il faut toujours partir du principe que la belle occase cache un bobo, un compteur reculé, voire qu’elle a été accidentée et reconstruite. Si c’est le cas, eh bien on voudra assurément faire ajuster le prix à la baisse… ou aller voir ailleurs.

On a peur de se laisser emporter par l’enthousiasme et/ou on est loin d’être ferré en mécanique? Mieux vaut déranger quelqu’un pendant une petite heure ou deux, qu’il soit connaissant en science automobile… ou en psychologie.

Dans ce dernier cas, il/elle saura trouver les bons mots pour rappeler qu’à chaque occasion manquée au profit d’un autre acheteur plus rapide, il y en aura au moins cinq autres…

… et l’une d’entre elles sera sûrement la bonne.

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Indispensable, essentielle, incontournable… qu’importe le synonyme: il faut faire ses devoirs en commandant une inspection du véhicule usagé que l’on s’apprête à acheter.

Passer outre, c’est comme de marier son conjoint(e)… sans jamais l’avoir rencontré(e).

Le conseil est valable même si vous faites affaire avec un marchand ou un concessionnaire qui jure une inspection en 150 points. Après tout, on n’achèterait pas une maison en se fiant uniquement sur l’inspection du propriétaire, non?

Même chose pour une voiture.

Une bonne inspection devrait passer par une vérification de la carrosserie, un essai routier, une évaluation des systèmes électriques et l’analyse de la performance du moteur par ordinateur.

Elle devrait être menée en toute objectivité par un garagiste en qui on a confiance. Justement: objectifs parce qu’ils n’effectuent pas de réparations automobiles, les centres de vérification technique de CAA-Québec proposent l’opération pour plus ou moins 150$. (Une dizaine de centres dans la Belle Province, 1-877-626-0310).

Le vendeur de la voiture usagée refuse le droit à pareille inspection indépendante? Il ne peut pas, en vertu de l’engagement volontaire étendu imposé par la Loi sur la protection du consommateur. On pourrait insister, mais… mieux vaut déduire que ce refus dissimule anguille sous roche – et passer à un autre appel.

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Tous les experts à qui nous avons parlé pour ce reportage ont insisté sur l’importance d’obtenir (ou d’établir) l’historique du véhicule d’occasion.

Certes, on peut se renseigner auprès du concessionnaire qui l’a vendu neuf et (peut-être) entretenu par la suite. Mais si les informations quant à ses réparations, ses rappels et sur l’évolution de son kilométrage sont un bon départ, reste que le bilan peut ne pas être complet.

Heureusement, d’autres ressources sont disponibles pour dresser le pedigree d’un véhicule d’occasion et, moyennant quelques dollars, on a tout intérêt à s’en servir et jouer à Columbo.

Ainsi, pour une douzaine de dollars, la Société d’assurance automobile du Québec (SAAQ) renseigne sur les anciens propriétaires et le kilométrage que ceux-ci ont déclaré à chaque transaction de vente – une information à prendre avec des pincettes, évidemment.

On veut aussi éviter de se retrouver avec les paiements d’un autre et c’est pourquoi le Registre des droits personnels et réels mobiliers (RDPRM) informe renseignera sur l’existence – ou pas – de liens financiers. La consultation se fait par téléphone (1-800-465-4949 / 514-864-4949, de 6$ à 12$ par recherche) ou par Internet (de 3$ à 9$ par recherche).

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Pour une cinquantaine de dollars, la compagnie canadienne CarProof livre une masse surprenante d’informations, allant des accidents rapportés par la police jusqu’à l’estimation des dommages, en passant par le statut des droits de rétention – offrant même une garantie pouvant atteindre les 5000$.

Dans le rapport individualisé, on y apprend également si le véhicule a été rapporté volé et, s’il y a lieu, on découvre son dossier d’importation. Très utile, par les temps qui courent, afin de s’assurer que le véhicule envisagé ne vienne pas des territoires affectés par les tempêtes Harvey et Irma

Les faux particuliers sont ces vendeurs de véhicules d’occasion sans permis, sans caution et, donc, qui contournent les obligations de la Loi sur la protection du consommateur.

On peut éviter de tomber dans leur piège dès les premiers instants. En effet, lorsqu’on compose le numéro de téléphone indiqué dans une petite annonce, il suffit de demander des renseignements «pour l’auto à vendre», sans préciser de quel modèle il s’agit.

Si l’interlocuteur au bout du fil répond: «Quelle auto?», c’est probablement qu’il en a plus d’une à vendre et qu’il essaie de savoir laquelle intéresse l’appelant. Un vrai particulier aurait tout de suite su de quelle voiture il s’agissait…

Le risque se précise si:

  • le «vendeur» affirme céder le véhicule d’un frère, d’une cousine ou d’un ami;
  • il se fait vague sur les détails et a rarement des preuves d’entretien à fournir;
  • il donne rendez-vous dans un stationnement tout ce qu’il y a de plus anonyme (ensuite, bonne chance pour le retracer si l’après-transaction tourne au vinaigre…).

Les acheteurs qui n’auront pas encore tourné les talons devant ce très possible faux particulier voudront vérifier en personne un dernier détail: le permis de conduire de leur vis-à-vis.

C’est seulement sur ce petit bout de plastique qu’on peut prendre en note l’adresse du vendeur – et vérifier si elle est identique à celle qui figure sur le certificat d’immatriculation.

Certains malfaisants voudront contourner ladite vérification en proposant d’immatriculer eux-mêmes le véhicule, ce qui devrait toujours être refusé tout net.

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