Décidément, la catégorie des petits VUS de luxe continue de s’agrandir. Après la venue du BMW X1 à l’été 2011, c’est maintenant au tour de Land Rover de s’inscrire dans le segment avec le Range Rover Evoque, un VUS qui vient juste d’être nommé VUS nord-américain de l’année au récent Salon de Detroit.

Clairement, le Range Rover, avec sa traction intégrale et sa motorisation 4-cylindres turbocompressée à injection directe, devient un concurrent direct au BMW X1, ce dernier étant pourvu des mêmes caractéristiques. Et puisque le segment prend de plus en plus d’ampleur, nous en avons profité pour inviter un autre petit VUS à motorisation 4-cylindres turbo à injection directe qui peut très bien se défendre malgré son écusson moins prestigieux : le Volkswagen Tiguan.

Le plus petit des véhicules « X » de BMW termine en troisième position cette fois-ci. En premier lieu, il faut mentionner que la carrosserie n’a vraiment pas fait l’unanimité au niveau des essayeurs. L’affiliation avec la marque est claire, mais ce museau aplati jumelé au bouclier flanqué d’un aileron inférieur de couleur argent n’a pas été apprécié, idem pour les bas de caisse de même couleur. La partie arrière a été mieux accueillie, mais là encore, l’homogénéité du X3 fait mal paraître le X1. Finalement, des jantes plus imposantes auraient pu améliorer l’image du petit multisegment.

L’habitacle non plus n’a pas fait fureur lors de cette journée de conduite hivernale. La qualité d’exécution auquel nous a habitués BMW au fil des ans n’était tout simplement pas au rendez-vous. On est loin du résultat final de la toute dernière Série 3 par exemple. Certains plastiques mériteraient d’être revus également. Quant aux sièges, leur fermeté  annonce des longs trajets plus pénibles. Mentionnons aussi que la version prêtée pour cet essai était dénudée au possible, ce qui n’a pas aidé pour le rapport prix / équipement. En fait, le BMW était le moins dispendieux des trois véhicules présents à ce comparatif, c’est vous dire!

Des trois, le X1 est assurément le plus près d’une voiture en termes de position de conduite et de prestance. Moins haut, le X1 place également ses occupants plus bas. Bref, ce dernier rappelait étrangement la sensation ressentie au volant d’une Subaru Outback, mais avec plus précision au niveau de la direction et une suspension moins guimauve. Mentionnons tout de même qu’un des essayeurs n’a pas aimé le sautillement du train arrière en conduite soutenue.

Par rapport au Volkswagen Tiguan, le BMW X1 est un véhicule plus inspirant à piloter sur une route sinueuse, mais la palme revient toutefois au Range Rover Evoque, étonnant sur toute la ligne à ce niveau. Finalement, le X1 s’est tout de même démarqué légèrement face aux deux autres au niveau de la consommation d’essence. Le moteur 4-cylindres turbo, bien que sollicité fortement lors de notre parcours, a réussi à maintenir une moyenne fort acceptable de 11,1 L/100 km.

Le BMW X1 n’a pas à rougir devant le représentant de Volkswagen puisque celui-ci ne l’a devancé que par 0,8 point. Le petit Volks n’a peut-être pas le prestige du BMW ou encore moins du Range Rover, mais la tôle rafraichie pour 2012 lui va à merveille, surtout lorsqu’il est muni des jantes optionnelles de 19 pouces. Le faciès avant a été retravaillé pour mieux s’agencer au reste de la gamme du constructeur, idem pour la partie arrière avec de nouveaux feux redessinés.

L’ambiance qui règne à l’intérieur du Volkswagen n’est peut-être pas aussi originale que dans l’Evoque, mais au moins, le tableau de bord s’avère plus facile à consulter. La planche de bord n’a pas changé par rapport à l’ancienne version, outre quelques petits détails ici et là. Le volant, quant à lui, porte la nouvelle signature des plus récents modèles de la marque.

Mentionnons également la présence du groupe optionnel Technologie qui inclût le système de navigation avec écran tactile, le système audio, la caméra de recul ainsi que la radio satellite. Disons que cet équipement aurait mieux fait paraître le X1 si ce dernier en avait été équipé.

Côté comportement, le Volkswagen Tiguan a fort bien paru, grâce à son empattement court, sa suspension sport et ses pneumatiques généreuses : une vraie Golf GTI haute sur pattes, avec une traction intégrale en prime! Toutefois, ce test a révélé que le Tiguan était le plus flou en matière de direction. Et, il aurait été intéressant que le constructeur installe des palettes derrière le volant afin d’améliorer le plaisir de conduite, mais bon, le Tiguan demeure un multisegment!

Malheureusement, comme le faisait remarquer l’un de nos essayeurs, le Tiguan va encore devoir se battre contre lui-même, la renommée de son écusson n’étant pas aussi prestigieuse que celle des deux autres. Dans ce segment, les consommateurs achètent aussi une étiquette! Flanquez-lui 4 anneaux à la place, un prix supérieur et l’histoire serait différente!

Regardez-le ce bébé Range Rover, n’est-il pas superbe? Franchement, le département de design s’est surpassé pour ce petit multisegment, surtout quand on pense au classicisme de la marque Land Rover. Le simple fait que la fenestration soit si étroite donne à l’Evoque un look de petit bolide sport. Les phares au xénon à l’avant  complimentent parfaitement la grille de calandre plongeante, tandis que la partie arrière, plus verticale, s’intègre elle aussi plutôt bien sous l’aileron qui surplombe la petite lunette. Quant aux jantes optionnelles de 20 pouces – qui soulageront votre portefeuille de 2150$ additionnels –, elles sont incontournables si vous voulez impressionner la galerie.

Encore une fois, l’ambiance qui règne à bord de l’Evoque a séduit tout le monde lors de ce test comparatif. L’originalité du tableau de bord et la position de conduite idéale sont deux éléments qui peuvent faire craquer un consommateur. Attention toutefois à la vision latérale et arrière : le Range Rover n’est pas un modèle à ce niveau. Même si le diamètre des roues peut indiquer que ce véhicule n’est pas confortable, il n’en est rien! Des trois, c’est le Range Rover qui s’est avéré le plus douillet, non seulement à cause des sièges à l’avant, mais également à cause du silence de roulement et de l’efficacité de la suspension.

D’ailleurs, cette dernière a étonné par son aplomb en courbe serrée. Même la direction a surpris par sa précision chirurgicale et l’Evoque offre, quant à lui, l’option de changer les vitesses à l’aide des palettes placées derrière le volant. Comme vous le savez déjà, l’Evoque est lui aussi équipé d’un 4-cylindres turbocompressé de 2,0-litres de cylindrée. Développant 237 chevaux, cette motorisation a démontré de belles choses en accélération, tandis que même les changements de rapports s’avéraient aussi efficaces. D’ailleurs, pour ceux qui se poseraient des questions sur la fiabilité de cet autre produit Land Rover, sachez que le moteur a beaucoup de points en commun avec celui qui se trouve sous le capot du Ford Explorer à moteur Ecoboost.

Le Range Rover Evoque a toutefois un défaut, et ce dernier est de taille : son prix est plutôt élitiste. Débutant à 46 995$, l’édition Pure Premium qui nous avait été confiée demandait un déboursé de 58 145$, une somme plutôt salée! L’ensemble Pure Premium ajoute les phares adaptatifs, 5 caméras extérieures, un système de son Meridian de 825 watts et 17 haut-parleurs, un système de navigation, un disque dur, une carte hors route, un changeur de CD et une clé intelligente.

Comme vous pouvez vous rendre compte, le prestige a encore un prix. Le Range Rover Evoque l’emporte malgré ce bémol non négligeable. Même si la facture est ahurissante, l’Evoque a su impressionner par ses qualités de véhicule luxueux et confortable dans la vie de tous les jours, ainsi que par son côté dynamique supérieur. Les deux autres concurrents ne sont pas de mauvais véhicules pour autant, mais le Range Rover vole tout simplement la vedette aujourd’hui.