Rappelez-vous  la décennie des années 80, celle qui a vu naître la minifourgonnette. Chrysler, en lançant l’Autobeaucoup, ne réalisait pas à quel point il venait de révolutionner l’industrie avec ce fourgon compact pensé pour la famille. Vous connaissez la suite de l’histoire : les autres constructeurs vont copier le concept et, au fil des refontes, les minifourgonnettes vont justement perdre ce petit côté « mini » en adoptant des proportions de plus en plus bonifiées et des mécaniques plus puissantes.

Pourtant, en 2006, le constructeur Mazda va investir le marché avec la Mazda5, une minifourgonnette aux dimensions européennes qui, disons-le, reprenait la forme de la première Chrysler. Après tout, la Dodge Caravan de l’époque était moins grande puisqu’elle était basée sur une plateforme de voiture compacte, tandis que sa motorisation se limitait à 4 cylindres, exactement ce qu’a présenté Mazda il y a quelques années. Le constructeur japonais sera toutefois rejoint par Kia avec le Rondo et Chrysler avec le Journey – quoique ce dernier soit plus volumineux que les deux autres.

Pour 2012, un autre joueur vient jouer les trouble-fêtes, le Chevrolet Orlando. Fraîchement débarqué sur nos routes, il représente le véhicule parfait pour enlever des ventes au Mazda5, un véhicule revu pour 2012 et commercialisé depuis quelques mois. Un face à face était inévitable.

Les deux protagonistes proposent des carrosseries bien différentes. La Mazda5 2012 n’est qu’une évolution du modèle précédent. Cette nouvelle 5 a d’ailleurs beaucoup fait jaser lorsque les premières photos officielles sont apparues sur le web, surtout à cause de ces arêtes découpées au niveau des portières de deuxième rangée. Bien entendu, le sourire caractéristique de la marque répond toujours présent à l’avant, un élément qui ne fait pas l’unanimité, faut-il le rappeler. Vous aurez aussi remarqué que les feux arrière ne se retrouvent plus de part et d’autre de la fenêtre arrière, mais plutôt sous celle-ci. 

Chez Chevrolet, le département de design mise plutôt sur un look « camionnesque » avec cette grille de calandre typique à l’avant et ces blocs optiques proéminents. Le capot plus horizontal contribue aussi à renforcer ce caractère du véhicule. Il faut l’admettre, le museau de l’Orlando est très réussi. Les flancs sont verticaux, idem pour le pavillon arrière, comme si on voulait rappeler le côté utilitaire de ce fourgon familial.

L’élément qui différencie surtout les deux véhicules au niveau de la tôle, ce sont les portières de la deuxième rangée qui s’ouvrent vers l’extérieur, tandis que celles de la 5 se glissent vers l’arrière, plus traditionnel, mais également plus pratique dans les espaces restreints.

La première impression qui ressort de ce test comparatif, c’est que GM a fait ses devoirs. Il est clair que le constructeur a étudié
soigneusement les véhicules du segment pour élaborer l’habitacle de son petit nouveau. Dans les deux cas, la qualité des matériaux n’est pas ce qui se fait de mieux dans l’industrie, mais faut-il le rappeler, ces deux familiales sont conçues pour être pratiques et non pour séduire la haute bourgeoisie. De toute manière, du plastique, c’est facile à entretenir et c’est parfait pour les jeunes familles avec de jeunes enfants. À ce niveau, c’est un match nul, mais aussi une question de goût.

Les deux planches de bord sont elles aussi faciles d’utilisation. Bien entendu, le dessin de la  Mazda peut ne pas plaire à tout le monde. Du côté de l’Orlando, je suis obligé de dire que c’est l’un des plus beaux tableaux de bord à être sorti des ateliers de Chevrolet depuis belle lurette. Personnellement, je n’aime pas le dispositif de verrouillage des portières logé en plein centre de la console, mais ce n’est qu’un détail. Chapeau aussi à cet espace de rangement caché derrière les principales commandes du
système audio.

Au niveau de l’assise, le Chevrolet gagne des points puisqu’il vient de série avec 7 places, tandis que la 5 n’est livrable qu’avec 6. Toutefois, nous avons trouvé que le confort des sièges de la nipponne était supérieur à celui de l’américaine. La Mazda, avec ses portières glissantes, permet un accès plus facile à bord, mais ses sièges capitaines rendent l’accès aux places de la troisième rangée un brin plus difficile. Dans l’Orlando, il faut replier la banquette en deux étapes, mais l’espace est supérieur. Finalement, la Mazda5 offre un dégagement pour la tête légèrement inférieur au niveau de la troisième banquette. Remarquez, dans les deux cas, ces sièges repliables dans le plancher sont clairement conçus pour dépanner. Mentionnons en terminant que le Mazda5 offre un volume de chargement légèrement supérieur à tous les points de vue à l’arrière.

En regardant la fiche technique des deux familiales, le Chevrolet Orlando présente des statistiques plus modernes. Son moteur 4-cylindres est plus puissant que celui de la Mazda5 (174 ch vs 157 ch), sa transmission automatique compte un rapport additionnel (6 contre 5) et l’injection directe fait aussi partie de la formule.

Malheureusement, cette supériorité sur papier ne se transmet pas lorsqu’on prend le volant. La 5 est plus plaisante à conduire, un point c’est tout! Les accélérations sont plus franches, le son du moteur est plus inspirant à entendre et les changements de rapports s’effectuent plus doucement. Il n’y a que la direction que nous avons trouvée plus lourde dans l’Orlando. Aussi, lorsque sollicité au maximum, le Chevrolet présente une consommation de carburant plutôt élevée. Évidemment, ce sont des véhicules à caractère familial; ils ne sont donc pas élaborés pour rouler à tombeau ouvert, mais ce n’est pas non plus une raison pour que papa ou maman s’ennuient au volant. Le penchant dynamique est donc l’affaire de la Mazda5.

Depuis que je pratique ce métier, je n’ai jamais eu affaire à un match comparatif aussi serré. Regardez les résultats du tableau : ils parlent d’eux-mêmes. Le Chevrolet Orlando est une agréable surprise qui pourrait bien faire la vie dure à celle qui a relancé le segment des minifourgonnettes en 2006. Si cette dernière s’avère plus archaïque sous le capot, elle se reprend de belle manière pour l’agrément de conduite. L’Orlando possède un siège de plus et son équipement est légèrement plus complet, mais il manque cette étincelle au niveau de la mécanique. Officiellement, la Mazda5 l’emporte par 5 dixièmes de point, mais étant donné les circonstances, nous n’avons d’autre choix que de déclarer un match nul, chaque véhicule ayant ses forces et ses faiblesses. À vous de déterminer ce qui vous convient le plus.