Notre-Dame-de-la-Merci – Il y a un an, l’équipe de Sympatico.ca envahissait le superbe site de Mécaglisse dans la belle région des Laurentides afin d’y opposer cinq VUS intermédiaires. Ce match comparatif opposait des véhicules de la même catégorie. Pour 2012, nous avons décidé d’adopter une nouvelle approche plus égoïste, c’est-à-dire de réunir cinq autres 4×4 et de constater leurs qualités et leurs défauts, tout simplement. Bref, voici le résumé d’une belle journée riche en sable et heureusement moins arrosée que l’an dernier!

Nos critères de sélection n’étaient pas très stricts. Le véhicule devait être équipé d’un rouage à quatre roues motrices et devait avoir une réputation enviable pour ses capacités hors route. Nos 5 véhicules retenus sont le Ford SVT Raptor, le Suzuki Grand Vitara, le Jeep Wrangler Rubicon, le Toyota FJ Cruiser et… le Range Rover Evoque!

Si les quatre premiers ont tous une fiche technique reliée à ce genre de conduite, le plus petit des véhicules Land Rover n’a pas cette chance malgré son nom prestigieux. Sa vocation est clairement destinée à un usage urbain, même s’il est équipé du même rouage que les autres véhicules de la marque. Sans plus attendre, voici ce que nous avons retenu de chacun de ces véhicules.

C’est le plus gros, le plus impressionnant, le plus énergivore, le plus puissant et probablement le plus « américain » de tous les véhicules inscrits à cette journée hors route. Avec le prix de l’essence, il ne fait absolument aucun sens dans la circulation lourde du Grand Montréal, mais sur un terrain accidenté, ce F-150 spécial est dans son élément. Sa taille n’est pas idéale lorsque le chemin se rétrécit, mais si espace il y a, le Raptor est d’une impressionnante maniabilité. Je me suis surpris à aborder des virages du parcours de Mécaglisse avec une facilité quasi inquiétante. Comment un si gros « pickup » réussit-il à négocier ces obstacles avec tant d’aplomb?

De plus, c’est le seul qui a été élaboré pour endurer des sauts à répétition. Les amortisseurs Fox Racing à dérivation interne permettent justement un débattement important des roues, ce qui améliore également le confort à l’intérieur du camion. Grâce aux pneumatiques BFGoodrich plus agressives, le SVT Raptor n’a eu aucune difficulté à se sortir du pétrin. C’est d’ailleurs lui qui a sorti le petit Range Rover de son trou. Ce dernier était tout simplement mal chaussé pour ce genre d’exercice. Notez que le gros Ford a aussi sauvé la mise en extirpant le Jeep Wrangler de ce même trou. Toutefois, il s’agit d’une erreur de pilotage dans ce cas-ci, car ce dernier n’aurait jamais dû rester coincé à cet endroit spécifique.

Justement, ce bon vieux Jeep, le même qui a parcouru les différents obstacles du Rallye Jeepy à l’automne 2011, a prouvé une fois de plus à quel point il était d’une efficacité sans borne lorsqu’il n’y a plus d’asphalte. Étant également équipé de pneumatiques à crampons, le Rubicon n’a fait qu’une bouchée de ce parcours de Mécaglisse. Ses proportions réduites par rapport au SVT Raptor l’avantagent, tandis que son rouage à 4 roues motrices peut s’ajuster aux conditions du terrain, à condition de connaître quelques bases de la conduite hors route. Malgré l’enlisement de ce dernier, tous les essayeurs ont vanté l’agilité du Jeep, en plus d’apprécier la puissance du nouveau moteur V6.

J’ai tout de même tenté de parcourir tout le trajet de Mécaglisse en mode 2 roues motrices, question de voir si le niveau de difficulté des installations était à la hauteur. Il l’était, car j’ai dû m’arrêter pour passer en mode 4 roues motrices pour me sortir du pétrin. Dans ce contexte, l’édition Rubicon est imbattable, mais n’oubliez pas que ce véhicule n’est pas idéal en ville, sa suspension étant trop sèche et ses pneumatiques, un peu bruyantes.

L’an dernier, le frère du FJ Cruiser, le 4Runner, a terminé sa journée dans un trou d’eau. Inutile de vous dire qu’il était hors de question que le FJ subisse le même sort. Heureusement, les conditions bien différentes de 2012 ont fait en sorte que ce dernier ne retournerait pas chez Toyota avec un surplus d’eau. Tout comme le 4Runner, le FJ Cruiser est un véhicule parfait pour ce genre de conduite. Non seulement son confort général est supérieur aux autres véhicules – à l’exception du Range Rover –, mais son agilité sur le tracé de Mécaglisse a une fois de plus été prouvée.

Les deux seules critiques à l’endroit du Toyota concernaient bien sûr la vision arrière qui handicape les manœuvres en ville et le fait que les pneumatiques ne soient pas aussi mordantes que celles du Ford et du Jeep. Pourtant, malgré cette caractéristique, le FJ n’a jamais bronché. En fait, l’un de nos essayeurs a particulièrement aimé ce véhicule lorsque tous les systèmes d’aide à la conduite sont débranchés. Disons seulement qu’il a presque fallu le sortir du véhicule tellement il avait du plaisir au volant.

Il est vrai que le Grand Vitara commence à montrer des signes de vieillissement. De plus, ses organes mécaniques commencent à réellement avoir de la difficulté à suivre la parade de ces faux VUS urbains. Le 4-cylindres est simplement trop gourmand et la boîte automatique à 4 vitesses – la seule offerte – mérite au moins un cinquième rapport. Il faut aussi mentionner que, sur route, le Grand Vitara n’est pas aussi silencieux qu’on le voudrait et à son volant, on sent davantage les imperfections de la route.

Mais voilà justement son avantage : le Grand Vitara vient d’une époque où tous les VUS se devaient d’être agiles en terrain accidenté. Le 4×4 Suzuki n’a pas pris une ride à ce niveau. Plus petit que les autres, à l’exception du Range Rover Evoque, il a avalé chaque obstacle du parcours sans dire un mot. Le châssis est d’une robustesse impressionnante, tandis que le court empattement permet de franchir les butes de manière aisée. De plus, il offre 3 modes différents de traction intégrale.

Certains conducteurs ont mentionné que le système de stabilité était envahissant par moment, mais bon, nous vivons à l’ère des véhicules qui pensent à la place des conducteurs. Le Grand Vitara était muni de pneumatiques pensées pour le confort de roulement avant tout. Malgré tout, la surface sablonneuse de notre parcours n’a posé absolument aucun problème au véhicule nippon. Il y a peut-être le prix de cette version qui peut décourager, mais n’oublions pas que le Grand Vitara était le véhicule le plus abordable à ce test.

Soyons honnêtes! Le Range Rover Evoque est un petit véhicule qui s’adresse surtout aux gens qui veulent conduire un véhicule surélevé avec un look d’enfer et le prestige d’une marque de luxe. Il est vrai que la très grande majorité des acheteurs du petit « Range » n’iront jamais en dehors des sentiers battus. Pourtant, en plein centre du véhicule, le fameux système de sélection Terrain Response qui équipe tous les autres véhicules du constructeur répond présent. L’Evoque a donc au moins un lien direct avec ses pairs. De plus, le simple fait qu’il était chaussé sur d’énormes jantes de 20 pouces enveloppées par des pneumatiques à profil bas et que sa garde au sol était la plus basse du lot désavantageait grandement le petit véhicule.

Pourtant, c’est tout le contraire qui s’est produit. Plus petit que les autres, le Range Rover Evoque n’avait donc aucune difficulté à manœuvrer dans les endroits plus étroits du circuit. De plus, son centre de gravité plus bas combiné à sa motorisation turbocompressée rendait l’expérience au volant plus près d’un petit bolide que d’un camion pur et dur. Ajoutez à cela que ce dernier était assurément le plus confortable tant sur route qu’en mode hors route et vous obtenez finalement un petit VUS étonnant au possible.

Oui, il est vrai que l’Evoque a été enlisé par l’auteur de ces lignes. Avec du recul, une simple ligne différente vers la fin de ce trou d’eau et le véhicule n’aurait pas eu à passer une quinzaine de minutes assis sur un lit de sable. Le fait que tous les autres véhicules aient passé au même endroit à de multiples reprises a élargi les ornières et en empruntant ce même tracé, l’enlisement était inévitable. C’est également à cet endroit que plusieurs minutes plus tard, le Jeep Wrangler est venu s’échouer.

Voilà qui résume une belle journée de plein air à tester 5 véhicules tous différents les uns des autres. Au final, le SVT Raptor a été apprécié par tous à cause de sa gueule unique, le son de l’immense moteur V8 et ses capacités hors route. Le Jeep Wrangler, ainsi que le Toyota FJ Cruiser sont deux excellents véhicules pour s’amuser très loin des sentiers battus, tandis que le Suzuki Grand Vitara n’aurait besoin que de très peu de modifications pour devenir une redoutable bête 4×4. De son côté, le Range Rover va demeurer un habitué des boulevards, mais vous savez maintenant qu’avec un peu de courage, de bons pneus et une suspension plus élevée, le plus petit des Land Rover pourrait surprendre davantage.