Si vous lisez ces premières lignes, c’est que vous vous demandez déjà pourquoi diable nous avons opposé une berline intermédiaire américaine à une petite sous-compacte nipponne. Rassurez-vous, nous ne sommes pas devenus fous!

D’un côté, vous avez une vieillissante berline qui est à quelques mois d’être remplacée ou même annulée – Chrysler n’a pas encore annoncé ses plans pour l’Avenger –, tandis que de l’autre, il est plutôt question d’une brave petite sous-compacte bicorps qui a fait ses preuves au fil des années et qui a même été renouvelée l’an dernier. Peut-être, mais ça n’explique pas pourquoi nous avons décidé de comparer ces deux véhicules. La réponse se trouve dans le prix exigé pour faire l’acquisition de l’une ou l’autre de ces deux protagonistes.

Une Toyota Yaris SE se détaille 20 250$ avec une boîte automatique en option, tandis que la Dodge Avenger SXT fortement équipée commande un prix avant taxe de 29 100$. Une fois de plus, rassurez-vous, nous savons calculer. Cette différence d’un peu moins de 9000$ est considérable, surtout lorsque le budget auto est plus serré.

La Toyota Yaris SE est au début de sa carrière utile, ce qui la rend plus difficile à négocier, d’autant plus que la plupart des modèles sous-compactes n’offrent pas une très grosse marge de profit aux concessionnaires, un autre obstacle à une réduction du prix final. Face à la Yaris, l’Avenger est en fin de carrière, ce qui veut dire que les concessionnaires sont plus flexibles quand vient le temps de sceller la transaction.

Si la Yaris se détaille aux alentours des 22 000$ (avec les frais de préparation et de transport) selon quelques soumissions lancées à des concessionnaires de la région de Montréal, le consommateur doit plutôt s’attendre à payer une somme de 25 000$ (avec les frais de préparation et de transport) pour une Dodge Avenger SXT 2013 après les rabais du manufacturier en vigueur actuellement (mai 2013). Avec un peu de volonté, il est possible d’abaisser cette somme encore un peu. Tout dépend de votre capacité de négocier avec le vendeur qui se trouve devant vous.

Au niveau des carrosseries, les deux voitures n’ont absolument rien en commun. L’une est taillée pour se faufiler dans la jungle urbaine et s’avère sympathique, surtout avec ses jantes de 16 pouces et ses bas de caisse exclusifs, tandis que l’autre est tout indiquée pour les trajets Montréal-Québec.
 
La Yaris est une voiture très bien assemblée tant à l’extérieur qu’à l’intérieur, un qualificatif qui ne s’applique pas nécessairement à la Dodge, même si cette version revue fait mieux que l’ancienne à tous les niveaux.

De son côté, l’Avenger SXT a beau avoir reçu une refonte de mi-parcours pour l’année-modèle 2012, la ligne a du mal à cacher son âge – cette génération ayant été lancée en 2007. Disons seulement que face aux rivales de son propre segment, l’Avenger se retrouve en fin de peloton. À ce niveau, la Yaris SE est probablement une voiture plus moderne, mais dans ce cas-ci, il s’agit surtout d’un comparatif de valeur à l’achat. Évidemment, il faut aussi considérer la valeur de revente. À long terme, la Yaris risque de mieux conserver sa valeur que la Dodge, malgré l’équipement plus complet de cette dernière.

Dans ce cas-ci, l’Avenger essayée était munie du moteur 4-cylindres de 2,4-litres d’une puissance de 173 chevaux – un V6 étant également disponible. De plus, la voiture était livrée avec la boîte automatique optionnelle à six rapports et celle qu’il faut choisir! Face à l’américaine, la Yaris n’a qu’un seul moteur disponible, soit un 4-cylindres de 1,5-litre d’une puissance de 106 chevaux, tandis que la boîte automatique optionnelle ne compte que quatre rapports.

Comme vous pouvez le constater, ces deux véhicules n’ont à peu près rien en commun au point de vue mécanique, à part peut-être le fait qu’ils soient tous deux propulsés par des moteurs 4-cylindres. Dans les deux cas, il ne faut pas s’attendre à des foudres de guerre, le moteur de la Dodge n’étant pas le plus sophistiqué de l’industrie, tandis que le petit 1,5-litre Toyota n’a pas vraiment changé depuis un certain temps. Heureusement, la boîte automatique plus moderne installée sur l’Avenger contribue à réduire la consommation d’essence. La Yaris, elle, n’a pas réellement besoin d’une transmission comptant plus de rapports, cette combinaison étant déjà très économe à la pompe.

Outre la taille et l’apparence des deux voitures, sans oublier les groupes motopropulseurs, les principales différences se remarquent principalement à l’intérieur. Évidemment, l’espace à bord de l’Avenger est plus généreux, tandis que sa sellerie est plus moelleuse. À ce sujet, il faut tout de même donner une bonne note aux sièges avant de la Yaris. Le coffre est également plus volumineux dans la Dodge, tandis que les deux voitures permettent le transport d’objets plus longs grâce à la banquette arrière 60/40. Je n’étonnerai personne en affirmant que la berline Dodge est plus confortable, et ce, même avec les jantes optionnelles de 18 pouces.

Cette dernière était également livrée avec un ensemble de divertissement et de navigation en plus de la radio satellite, un gadget absent de la liste des options de la Yaris. Les deux voitures ont toutefois la connexion Bluetooth. Par contre, l’Avenger dorlote davantage ses occupants grâce à des sièges avant chauffants, celui du conducteur étant électrique, parfait pour trouver la bonne position de conduite. D’ailleurs, même si cette fameuse position de conduite n’est pas vilaine dans la Toyota, je trouve déplorable que la colonne de direction ne soit pas ajustable de manière télescopique.

Bref, ce qui ressort de ces deux habitacles, c’est que la Dodge Avenger SXT est une voiture résolument plus confortable et mieux équipée que sa rivale d’un jour.

Un autre aspect qui détonne dans ce match comparatif, c’est le comportement routier. La petite Yaris est hyper agile et ne demande qu’à être malmenée tellement le châssis est solide. L’Avenger incite plutôt à une conduite plus relaxante. La tenue de route n’est pas sa principale qualité, tandis que le moteur se fait bruyant lors des fortes accélérations. Remarquez, cette critique s’applique également à la Yaris, et ce, même à vitesse d’autoroute. Cette dernière est nerveuse et s’avère inspirante à conduire sur un tracé sinueux. Sur l’autoroute par contre, la petite voiture se fait malmener par les vents latéraux. L’Avenger, quant à elle, respecte ses origines américaines. Les suspensions sont molles, tandis que la direction est floue. La Yaris mérite les honneurs en ce qui a trait à l’agrément de conduite, mais la Dodge n’a rien à se reprocher, sa vocation étant complètement différente.

D’habitude, nos duels s’efforcent de comparer des pommes avec des pommes. Dans ce cas-ci, il s’agissait plutôt de soulever le pour et le contre de chaque véhicule. Les prix affichés sont presque égaux, mais pour ce qui est de l’expérience au volant, il n’y a pas plus différent que ces deux véhicules. C’est au consommateur de choisir s’il privilégie le confort à l’agilité, ou la richesse de l’équipement à la fiabilité.