C’est en 1999 que la première voiture hybride a envahi le marché. La Honda Insight était la première du genre, mais elle allait rapidement se faire damer le pion par une certaine Prius. Aujourd’hui, le mouvement hybride a fait son bout de chemin puisque la majorité des constructeurs offre un ou plusieurs véhicules équipés de la technologie hybride et il est clair que cette offensive ne s’arrêtera pas de sitôt.

Au tout début, l’achat d’une hybride obligeait le consommateur à prévoir un budget supplémentaire, tandis que le kilométrage annuel se devait d’être substantiel pour rentabiliser l’acquisition. Aujourd’hui, en cette fin d’année 2012, cette réalité n’est plus aussi véridique. En effet, il est possible d’acquérir une voiture hybride avec un peu plus de 20 000$ dans ses poches. Pour l’instant, seulement deux modèles répondent à ce critère financier : la Honda Insight et la Toyota Prius c.

D’un côté, Honda peine à vendre sa berline hybride, de l’autre, Toyota connaît un succès intéressant avec la plus petite des Prius. Pourtant, sur papier, les deux protagonistes proposent des fiches techniques semblables. Nous les avons donc essayées rondement pour découvrir les forces et les faiblesses de chacune.

Vous le savez, une voiture hybride dédiée se doit d’avoir une carrosserie profilée afin d’offrir le moins de résistance possible au vent. Le but ultime, c’est de sauver à la pompe, n’est-ce pas? Comme vous pouvez le constater, nos deux voitures présentent une carrosserie en forme de goutte d’eau, celle de la Toyota étant plus « lisse » que celle de la Honda grâce à un coefficient de trainée supérieur (.28 contre .32 pour la Honda).

Quant au design des deux, c’est à vous de juger. Si vous voulez notre avis, la petite Toyota présente une bouille un peu plus sympathique que l’Insight, et ce, malgré les quelques modifications apportées en 2012 à l’extérieur de cette dernière (grille de calandre, pare-chocs avant, bande de chrome arrière, etc.). Avec les ventes décevantes de la Honda au pays, il ne faut pas s’étonner que le constructeur ait réduit le nombre de finitions disponibles. En 2012, seule la livrée LX est offerte et uniquement sur commande spéciale. Disons seulement que des jantes lui feraient le plus grand bien, mais bon, n’oublions pas qu’il s’agit d’une voiture abordable.

Face à elle, la Prius c doit également composer avec des roues en acier recouvertes d’enjoliveurs – la version plus équipée ajoute des jantes à l’ensemble. Toutefois, le bouclier avant de cette petite est semblable aux autres membres de la famille Prius et est, selon moi, le plus beau des trois modèles de la gamme. C’est la même histoire au niveau de la fenestration latérale qui n’est pas sans rappeler celle des autres Prius. À l’arrière, les feux translucides sont placés de part et d’autre de la lunette arrière. Dans ce cas-ci, on aime ou on déteste! Étant donnée la force du nom Prius en Amérique du Nord, Toyota a préféré élaborer une voiture différente au modèle proposé en Europe, une Yaris Hybrid qui ne manque pas de charme d’ailleurs! Mais bon, au final, cette Prius c est un peu comme une Yaris de luxe – à cause de son prix et de son équipement plus généreux – tandis que sa consommation d’essence est 50% moins gourmande que la sous-compacte.

Sous les capots de ces deux « vertes voitures » se cachent des groupes motopropulseurs déjà connus du grand public. Dans les deux cas, il s’agit de combinaisons éprouvées, ce qui devrait rassurer les intéressés. La Toyota Prius c fait appel à un 4-cylindres de 1,5-litre accouplé à un petit moteur électrique pour un grand total de 99 chevaux. Le couple maximal, de son côté, atteint les 125 lb-pi à 4000 tr/min.

La Honda Insight, plus lourde, est quant à elle munie d’un 4-cylindres de 1,3-litre accouplé au système IMA (Integrated Motor Assist) qui intègre un moteur électrique à l’équation, le tout pour un total de 98 chevaux et un couple maximal de 123 lb-pi. Avantage Toyota à ce niveau, même si les différences sont très minimes. Vraisemblablement, le moteur 1,5-litre de la CR-Z pourrait donner un peu plus de muscle à la Honda Insight, mais ferait également grimper la consommation d’essence, ce qui va à l’encontre de la vocation de la voiture.

Comme c’est souvent le cas pour les véhicules hybrides, ces deux concurrentes directes font appel à des boîtes de transmission CVT pour transmettre la puissance aux roues avant. Je pourrais encore vous répéter que ce type d’unité n’a rien de jojo en conduite dynamique, mais en revanche, une CVT est ce qui se fait de mieux pour économiser du carburant.

Vu le caractère économique des deux voitures, le plastique bon marché est à l’honneur dans les deux cas, tandis que le design très futuriste des planches de bord est un élément avec lequel il faut composer dans le segment des voitures hybrides.

Personnellement, je préfère la disposition de la planche de la Honda, la console centrale étant inclinée vers le conducteur, tandis que les jauges d’information se retrouvent derrière le volant. Le volant est agréable à prendre en main, tandis que l’indicateur de vitesse digital est un gadget utile pour éviter les contraventions. Malheureusement, après 15 000 km au compteur, le tableau de bord présentait déjà des endroits où la peinture était enlevée, ce qui n’est pas bon signe!

Les sièges de la première rangée sont un brin plus confortables que dans la Prius et notre ami Antoine Joubert a souligné l’absence d’un accoudoir central. Pour mieux éduquer le conducteur, Honda propose un système de couleurs qui indique à celui qui tient le volant à quel point sa conduite est écologique : vert pour exemplaire et bleu pour médiocre. Franchement, je préfère cette méthode qui n’oblige pas le conducteur à consulter le tableau de bord.

La Prius c a droit à une planche de bord plus olé olé que ses consoeurs Prius. Toutefois, l’affichage en plein centre demeure au programme. Dans ce cas-ci, c’est réellement une question de goût. Le volant est, quant à lui, plutôt étonnant à prendre en main, son diamètre réduit et sa base aplatie contribuant à rehausser quelque peu l’expérience au volant. À l’arrière, la visibilité est réduite malgré ce hayon plus vertical, la fenêtre étant passablement petite. Dans la Honda, ce n’est guère mieux à ce niveau à cause de la fenêtre fortement inclinée.

L’élément qui pousse les consommateurs à opter pour un véhicule hybride est sans contredit l’économie d’essence. Nous avons donc emmené nos deux véhicules sur une route sinueuse des Laurentides pour voir si cette caractéristique est respectée. Notez que ce parcours n’est pas optimal pour ce genre de voiture, les mécaniques devant travailler plus fort lors des remontées. Toutefois, si elles performent bien à cet endroit, imaginez ce qu’elles peuvent accomplir en ville sur un tracé plat.

Nous avons donc respecté les limites de vitesse et ménagé les pédales d’accélérateur afin d’enregistrer des cotes de consommation qui reflètent la réalité. Les acheteurs de véhicules hybrides ne conduisent pas avec la pédale au plancher. Notre petite escapade a permis de découvrir que la Toyota est plus nerveuse que la Honda, même si cette dernière n’a rien à se reprocher à ce niveau. L’insonorisation dans les deux véhicules fait défaut, surtout lorsque la transmission CVT fait crier le moteur à l’avant. Au final, c’est la Prius c qui l’a emporté devant l’Insight au niveau de la consommation, cette dernière terminant avec une moyenne de 5,1 L/100 km, tandis que la Prius c enregistrait une moyenne de 4,6 L/100 km.

Comme vous pouvez le voir, le système hybride de la Toyota semble plus à point pour sauver quelques sous de plus par année, mais vous pouvez également constater que la Honda Insight n’est réellement pas un vilain produit. Il semble que le design soit encore un facteur qui influence énormément les acheteurs.