Si je vous dis « berline compacte à traction intégrale », quel est le premier mot qui vous vient en tête? Il y a de fortes chances que vous ayez prononcé le mot Subaru, et que, si vous êtes un amateur informé de la chose automobile, vous ayez ajouté Impreza à cette réponse. Ça tombe bien puisque le constructeur japonais vient tout juste de sortir du four la dernière génération de sa compacte.

Sur le marché canadien, il existe d’autres options comme la Suzuki SX4 ou la Toyota Matrix, deux véhicules honnêtes qui mériteraient bien une mise à jour, sauf qu’un autre choix vient de s’ajouter au segment et qui a pour seul objectif de venir enlever quelques ventes à la gamme Impreza : la Mitsubishi Lancer SE AWC 2012.

Un duel était donc inévitable, ce que nous avons fait au début du mois de décembre. Nos souhaits les plus chers étaient de pouvoir essayer ces deux nouveautés sur des routes blanchies par la neige, mais malheureusement, le seul élément blanc dans toute cette histoire concerne les carrosseries de nos deux protagonistes.

Évidemment, vous aurez déjà reconnu que la Mitsubishi ne change pas, à l’exception de ce nouvel écusson AWC placé à la base du coffre qui confirme l’appartenance de ce modèle aux autres produits à traction intégrale du constructeur. Dans cet océan de berlines compactes, la Lancer a peut-être vieilli, mais au moins, elle ne ressemble à aucune autre voiture du segment. Heureusement, la relève devrait arriver d’ici 2013. Et, contrairement à cette nouvelle Impreza qui se différencie de la WRX STi pour 2012, la Lancer reprend les airs familiers de la Lancer Evo, ou du moins, de la version Ralliart. L’aileron arrière y est pour quelque chose, mais n’oubliez pas que cet élément nuit grandement à la vision arrière.

De son côté, l’Impreza 2012 adopte une robe, disons-le, plus sage, surtout au niveau des flancs et de la partie arrière. De profil, le pilier C de la berline rappelle étrangement celui de la Honda Civic 2012. Heureusement, le museau a droit à une grille de calandre trapézoïdale qui supplante ce pare-chocs avant un peu plus agressif qu’auparavant. L’élément le plus réussi de ce nouveau design selon moi se trouve au niveau des phares découpés au couteau.

Quoiqu’on en dise et même si mon collègue n’a pas été impressionné outre mesure par cette approche, il faut admettre que Subaru veut augmenter le volume de ses ventes, surtout après le succès qu’il a connu pendant la dernière récession. La nouvelle Impreza devrait donc plaire à un plus vaste auditoire, n’en déplaise aux aficionados de la marque.

L’an passé, Mitsubishi avait retiré son moteur 4-cylindres de 2,4-litres de l’alignement en mettant uniquement l’emphase sur le petit 2,0-litres. Sauf que cette nouvelle réplique à Subaru a fait en sorte que le bon vieux 2.4 est revenu à l’avant-plan. De son côté, Subaru laisse tomber son increvable 2,5-litres à plat pour un nouveau 4-cylindres à plat de 2,0-litres. Ce dernier est moins puissant qu’auparavant (22 ch de moins), mais en revanche, il consomme moins et, bonne nouvelle, le poids de la nouvelle Impreza a lui aussi perdu quelques plumes (74 kg sur la version à transmission automatique).

Autre nouveauté, la transmission automatique à 4 rapports de l’ancienne version a été remplacée par une unité CVT plus moderne. Si l’Impreza est également livrable avec une boîte manuelle à 5 vitesses, la Lancer SE AWC n’est disponible qu’avec la transmission CVT.

Au final, la mécanique de la Mitsubishi est plus énergique que celle de la Subaru et nous avons également préféré la rapidité des changements de rapports de la Lancer. Ajoutons à cela que l’Impreza 2012 est beaucoup plus silencieuse que le modèle qu’elle remplace, ce qui atténue le grondement si caractéristique du moteur boxer, mais n’allez pas croire que le son émis par la Lancer est plus inspirant, loin de là. À ce niveau, la Subaru conserve ce petit côté marginal malgré tout. Aussi, la consommation de carburant est de loin supérieure dans le cas de la Mitsubishi (9,5 L/100 km contre 8,0 L/100 km), un point à considérer à l’achat.

Dans la circulation quotidienne, les deux voitures se comportent de manière assez neutre. Les deux  transmissions CVT s’expriment haut et fort lors des accélérations et brillent par leur silence lors des freinages, à moins d’utiliser les palettes pour freiner la voiture. La Lancer, malgré son âge, possède un châssis très rigide. Cette dernière nous est d’ailleurs apparue plus sportive par ses réactions plus franches.

Pourtant, c’est la Subaru qui s’avère la plus stable lorsque l’adhérence de la chaussée se détériore. Nul doute que le centre de gravité plus bas de la Subaru a quelque chose à voir avec ce résultat, en plus du fait que la Subaru était mieux chaussée en matière de pneumatiques hivernales. À haute vitesse, nous avons tout de même remarqué les bruits de vent dans la Subaru.  

En grimpant à l’intérieur, nous avons tout de suite constaté le retard de la Lancer au niveau de la qualité des matériaux. Ce tableau de bord, bien que simple à consulter, a besoin de renouvellement au plus vite. De son côté, la planche de bord de la Subaru est toute nouvelle, mais les designers ont fait preuve de retenue quant au dessin de celle-ci. La partie supérieure est d’une mollesse appréciée et, comme pour sa rivale, l’ergonomie est sans reproche. Petit point à considérer pour les pilotes du dimanche : le volant de la Lancer offre une meilleure prise en main et les palettes sont plus plaisantes à manipuler.

La position de conduite de la Subaru s’est avérée plus facile à trouver puisque la colonne de direction était télescopique, une caractéristique qui n’existe tout simplement pas dans la Lancer. De plus, les sièges de la première rangée sont plus confortables pour les longues randonnées. Quant à l’espace pour les passagers de la deuxième rangée, c’est la Subaru qui fait mieux à presque tous les chapitres, sauf pour l’espace réservé aux jambes. C’est également la même histoire au niveau du volume du coffre. Mais à ce niveau, l’avantage se calcule en millimètres.

Comme pour chaque test comparatif, ça prend un gagnant et un perdant. Dans le cas qui nous intéresse, c’est la Subaru Impreza qui l’emporte, non seulement parce que son prix à l’achat est moindre, mais aussi pour son équipement plus complet, sa consommation de carburant plus raisonnable et son homogénéité générale. Mitsubishi a su réagir à l’offensive de Subaru, sauf que la petite Lancer commence un peu à dater. Son renouvellement lui fera le plus grand bien. La nouvelle Impreza n’est pas parfaite elle non plus, cette dernière ayant perdu un peu de sa personnalité marginale au passage. C’est le prix à payer pour séduire un public élargi.