Mécaglisse, Notre-Dame-de-la-Merci – Le marché de la voiture sport ne s’est jamais aussi bien porté, et ce, malgré le goût amer laissé par la dernière récession. Vous voulez une preuve tangible de cette réalité? Quand un constructeur prend le temps d’élaborer une édition spéciale encore plus aiguisée d’un modèle qui est déjà « sportif », c’est signe que les affaires vont bien!

La saison estivale nous a gâté cette année avec deux nouveaux jouets d’adultes clairement destinés à faire des acrobaties sur un circuit fermé. Voici donc un duel entre la Porsche Cayman R et une alternative beaucoup plus abordable, la Nissan 370Z Nismo. Vous imaginez déjà la suite : une petite promenade dans la région des Laurentides suivie d’une jouissive session en piste sur l’un des circuits les plus techniques au Québec, le complexe Mécaglisse. Voici donc le résumé d’une journée mémorable.

À regarder nos deux bolides du jour, il était évident que nous avions à faire avec des versions plus pimentées. La Nissan 370Z Nismo en met plein la vue avec cette carrosserie élargie, cet immense aileron juché sur le bout du coffre, ces jantes Rays de 19 pouces, des bas de caisse imposants et, surtout, ce museau inspiré des séries de tourisme professionnelles. Le constructeur ne s’en cache pas : il vise directement les mordus de tuning avec cette édition. Avec tout cet attirail visuel, je vous confirme que le constructeur a réussi sa mission d’attirer l’attention. Malgré une coloration grise un peu tristounette, les “pouces en l’air” ont été nombreux durant notre semaine d’essai.

De son côté, la Cayman R n’est pas très discrète avec cette coloration « péridot métallisé ». Les appliqués noirs dans le bas des portières sont vraiment réussis et contribuent à rehausser le caractère nostalgique de cette voiture, qui rend hommage à la 904 Carrera GTS 1963. Remarquez aussi l’aileron noir fixe sur le coffre arrière, ces jantes identiques à celles de la Boxster Spyder et ces miroirs latéraux également peints en noir. Notez que la Cayman R est aussi disponible en 14 coloris additionnels. La Z, elle, n’a que 5 couleurs au programme.

Si vous êtes du genre « m’as-tu-vu », la 370Z Nismo ne passe pas inaperçue. La Cayman R est plus classique, mais cochez les bonnes options et elle sera aussi électrisante qu’une centrale hydro-électrique.

Puisque ces bombes ont aussi la mission de performer sur un circuit, il est indispensable qu’elles soient confortables. Les sièges doivent donc retenir les occupants en courbe, la position de conduite doit également être à point et la visibilité ne doit pas être trop handicapée. De ce côté, la Cayman R l’emporte haut la main. Avec des baquets inspirés de la course automobile dont la coquille est en fibre de carbone, les occupants restent en place, c’est certain. Cet avantage veut malheureusement dire que les entrées et les sorties dans ce véhicule ne sont pas des plus élégantes. Comme véhicule pour le tapis rouge, il se fait mieux!

La Cayman R se reprend toutefois au niveau de la position de conduite et de la visibilité. Le volant ajustable se place là où il doit être, tandis que le levier de vitesses automatique tombe parfaitement dans la main droite. En mode sport, il est préférable de garder les deux mains sur le volant et de manipuler les palettes de changement de rapports. Finalement, la finition est plus riche dans la Porsche, idem pour la qualité des matériaux. Remarquez, c’est plus que normal lorsque vous regardez l’écart de prix de près de 40 000$.

La 370Z Nismo n’a pas à rougir pour autant. Au quotidien, ses sièges sont plus conviviaux que ceux de l’allemande, même si le support manque un peu dans les virages, tandis que la qualité des matériaux est en forte hausse par rapport à l’ancienne 350Z. La position de conduite n’est pas aussi parfaite et la visibilité n’est pas la qualité première de cette nippone. Le levier de vitesse, de la transmission manuelle – la seule disponible – s’avère lourd à manipuler, tout le contraire de la R, que ce soit avec la PDK ou avec la manuelle.

La Z est également moins pratique que la Cayman qui possède deux coffres au lieu d’un. Aussi, la suspension sport du coupé fait en sorte que sur des surfaces bosselées, la Z se transforme en trampoline sautillante. La Cayman R, quant à elle, offre deux configurations de suspension, sport et normal, ce dernier étant suffisant pour feutrer les défauts de notre réseau routier.

Bien entendu, il a fallu mettre à l’épreuve ces deux voitures pour voir de quoi elles étaient capables dans un environnement très sinueux comme celui de Mécaglisse. À part la ligne droite où le troisième rapport est nécessaire, tout le restant du tracé peut s’effectuer avec les deux premiers rapports. Après avoir terminé notre séance de photos, nous avons pu effectuer quelques tours de piste, sauf que Dame Nature avait d’autres plans pour mon collègue et moi : de la pluie!

Nous avons donc dû piloter avec plus de prudence. La Cayman R est une réelle bête de piste avec une direction ultraprécise, une accélération progressive, un freinage puissant et une suspension calibrée pour ce genre d’utilisation. Face à elle, la Z manque de raffinement avec ses énormes pneumatiques, son poids plus important et son moteur V6 placé à l’avant. Ce n’est pas pour rien que les pilotes de drift adorent ce coupé japonais. Lorsque le système antipatinage est hors fonction, le train arrière veut constamment passer devant dans les virages, une manœuvre plus difficile à accomplir dans la Porsche.

De plus, le seul fait que la Cayman R soit équipée de la transmission PDK rend la tâche encore plus facile. La Nissan a beau avoir un système qui reproduit parfaitement le talon-pointe, ça ne change pas le fait qu’il y a une pédale de plus à gérer.

Au final, la Cayman R s’est avérée la plus appropriée pour ce genre d’exercice. Elle est plus rassurante, plus précise et mieux équilibrée, mais dans ce cas-ci, elle demande tout de même un déboursé additionnel de près de 40 000$. L’habitacle de celle-ci est beaucoup plus silencieux que dans la Z qui manque cruellement d’insonorisation. Sur l’autoroute, tout ce qu’on entend, c’est le roulement des pneumatiques.

Néanmoins, la Z Nismo continue d’être un des meilleurs rapports prix / plaisir de conduite sur le marché et, à ce prix, cette biplace est dure à battre, surtout qu’elle nous a accroché un sourire aux lèvres des suites de ses nombreux dérapages. Avec un authentique pilote à ses commandes, elle aurait facilement pu tenir le rythme imposé par la Cayman R.

Vous avez donc le choix : conduire une Cayman R à l’année ou vous procurer une 370Z Nismo et un petit Rogue pour la saison froide. Une belle question à 40 000$, n’est-ce pas?