Il n’y a pas si longtemps encore, les gros VUS pleine grandeur représentaient le summum en matière de prestance dans le seul et unique but d’afficher son statut social supérieur. Sauf que les temps changent et les gros dinosaures de ce monde se vendent un peu moins bien qu’il y a quelques années.

Heureusement pour tous ces gens qui doivent absolument s’habiller d’un véhicule dominant riche en chrome juché sur d’énormes jantes de 20 pouces ou plus, les constructeurs offrent des alternatives plus compactes avec une présence tout aussi prononcée. Et Detroit a ce qu’il faut pour répondre à ce besoin, si important soit-il.

Voici donc, sans plus attendre, un match comparatif qui oppose trois multisegments équipés au coton : le Dodge Durango édition Citadel fraîchement redessiné, le Ford Flex édition Titanium et le GMC Acadia édition Denali. Lequel des trois nous a le plus impressionnés? Pour le savoir, il faut continuer la lecture.

Commençons par le plus dispendieux de notre trio, le GMC Acadia Denali. Visuellement, cet Acadia pour gens fortunés a tous les éléments pour nous convaincre que nous avons affaire à une version de luxe : grille de calandre chromée, bas de caisse plus près du sol, jantes surdimensionnées deux-tons et même des pots  d’échappement plus gros à l’arrière. Sauf que voilà, l’Acadia a beaucoup de misère à cacher son âge, ce dernier étant apparu en 2007. De plus, nos essayeurs d’un jour ont jugé que la finition extérieure pouvait être améliorée.

Pénétrez dans cet habitacle et vous reconnaîtrez tout de suite vos points de repère typiques des produits récents de GM, à commencer par cette planche de bord recouverte d’un plastique trop rugueux pour un VUS de ce prix. Le tableau de bord n’a pas fait l’unanimité parmi nos conducteurs. Les sièges ont été jugés comme étant les plus durs, donc pour les longues randonnées, le GMC ne gagne pas de point non plus ici. La position de conduite est tout de même facile à trouver grâce au volant télescopique et au siège électrique et la visibilité, malgré cette note inférieure, s’avère adéquate.

À l’arrière, la deuxième rangée de sièges capitaine se replie vers l’avant pour former un plancher plat lorsque la troisième rangée est également repliée. L’accès à cette troisième série de sièges se fait aisément grâce aux sièges capitaines qui glissent vers l’avant. Toutefois, ce coffre central logé entre les deux fauteuils pour le rangement est gigantesque et nous n’avons pas encore compris son utilité. Finalement, le coffre plus volumineux du GMC a gagné quelques points.

L’Acadia a également dû s’avouer vaincu sur le plan mécanique. Et, pour une fois, la modernité du groupe motopropulseur n’est pas en cause. Le V6 de 3,6-litres à injection directe est utilisé à plusieurs sauces chez GM, tandis que la transmission automatique à 6 rapports effectue un boulot honnête sans plus. C’est plutôt au niveau de l’agrément de conduite que ça se gâte. Non seulement ce V6 n’est pas le plus expressif du marché, mais il est difficile de croire qu’il y a 288 chevaux sous le capot. Pourtant, l’Acadia n’est pas le plus lourd véhicule inscrit à ce test. Bizarrement, la consommation d’essence du GMC a été de beaucoup supérieure à celle des deux autres (voir tableau). Finalement, la suspension trop ferme serait à revoir.

Verdict : Il est dur de vieillir. Si l’Acadia Denali pouvait parler, il serait sûrement en mesure de nous le confirmer. Si vous êtes du type négociateur, il vous sera probablement possible d’enlever quelques milliers de dollars au prix de ce GMC de luxe, mais à près de 65 000$, c’est trop pour ce VUS, beaucoup trop!

Des trois, le Durango est le plus récent et il faut dire que sa nouvelle coupe lui va à merveille, surtout si on le compare à la version précédente. C’est aussi celui qui présente la carrosserie la plus « camionnesque » des trois. Basé sur la même plateforme que le récent Jeep Grand Cherokee, le Durango est toutefois plus long que son cousin. Hormis cette nouvelle tôle remise au goût du jour, le Durango 2011 n’a pas mérité la plus haute note au niveau de la finition, étant devancé que par le Flex à ce niveau. 

À l’intérieur, le tableau de bord du Durango reprend plusieurs éléments visuels au Grand Cherokee, même si ce dernier conserve l’avantage pour la finition cossue. À défaut de révolutionner l’ergonomie automobile, celle du Dodge est excellente. Lorsqu’un véhicule est simple à consulter, c’est toujours un avantage, et le Durango est un exemple à suivre.  La qualité d’exécution est supérieure au GMC et les matériaux utilisés démontrent que Chrysler a appris de ses erreurs.

Et les occupants des places arrière, comment sont-ils traités? Dans ce cas-ci, le Dodge était le seul véhicule présent à offrir une banquette pleine en deuxième position, tandis que la banquette repliable complètement à l’arrière offre suffisamment d’espace pour deux adultes… de moins de six pieds. Malheureusement, le volume du coffre derrière cette rangée de sièges est le plus petit des 3 véhicules.

Sous le capot, le nouveau V6 Pentastar de 3,6-litres répond présent encore une fois. Plus économique, plus moderne qu’auparavant, en plus d’être accouplé à une transmission automatique à 5 rapports dans ce cas-ci, le 6-cylindres n’est pas lui non plus ce qu’on peut appeler une foudre de guerre, et le son qu’il émet n’a rien à voir avec les moteurs HEMI. Malgré tout, la consommation d’essence enregistrée a été la moins gourmande de tous les concurrents, une donnée à retenir. Quant au confort général, le Durango est plus doux que l’Acadia, mais il n’a pas la mollesse du Flex.  

Verdict : Qu’il est beau ce nouveau Durango avec sa gueule de camion robuste! Fraîchement redessiné, il n’a toutefois pas obtenu l’avantage au pointage final à cause de sa suspension ferme et sa tenue de route inférieure au Flex.

Le Ford Flex est, quant à lui, le genre de véhicule qu’on adore ou déteste au niveau de l’esthétique. Les boîtes carrées ne plaisent pas à tout le monde, bien entendu. Toutefois, cette édition Titanium est, il faut l’admettre, plus agressive visuellement que les autres versions, avec sa grille de calandre noir chrome sans le logo Ford au centre et les lettres F-L-E-X placées judicieusement sur le devant du capot. Ajoutez à cela un thème deux-tons en plus de la bande noir chrome sur le hayon arrière et vous obtenez un Flex fortement inspiré du concept imaginé par Chip Foose il y a quelques années.

Étant donné le fait que le Flex soit basé sur une plateforme de voiture, vous ne serez pas étonné d’apprendre qu’il est plus près du sol, ce qui rend son accès à bord plus facile. Au sujet des énormes portières, nous avons remarqué que les seuils présents sur la plupart des véhicules sont absents sur le Flex, ce dernier proposant plutôt des portières qui enveloppent cette partie du véhicule. À long terme, cela peut représenter un avantage pour la rouille qui sera moins coûteuse à réparer dans les portières, mais encore faut-il s’habituer à ce genre de portière. Je me suis personnellement enfargé à deux reprises dans ce prolongement de portière et, croyez-moi, ça ne fait pas du bien!

Oublions ce détail, voulez-vous, car le Flex a été le véhicule le plus confortable, le plus silencieux et le plus plaisant à conduire du lot. Les sièges recouverts partiellement d’Alcantara sont superbes et moelleux au possible – bonjour les voyages de plusieurs jours! La planche de bord demeure facile à consulter – pour le moment, le Flex n’a pas reçu un traitement sans bouton comme dans les récents Edge et Explorer, une bonne nouvelle si vous voulez notre avis!

À l’arrière, les occupants de la deuxième rangée ont droit à deux fauteuils capitaine et une console centrale qui offre la possibilité de garder au frais des breuvages ou des produits congelés.  Pour accéder à la troisième rangée, vous n’avez qu’à peser sur un bouton près de la portière arrière et le fauteuil se relèvera. Vous en voulez plus? Cette même banquette arrière est entièrement automatisée grâce à une rangée de boutons dans le coffre. À l’exception du couvercle de la console centrale, le plancher est lui aussi entièrement plat lorsque les deux dernières rangées sont repliées.

Puisque le Flex est une grosse voiture en format de boîte, la tenue de route et le niveau de confort sont clairement supérieurs aux deux autres opposants. Lors d’un passage sur une route sinueuse, je suivais les deux autres conducteurs au volant du Flex, mes deux comparses devant absolument appuyer sur les freins en virage, tandis que je n’ai jamais eu besoin d’appuyer sur la pédale de gauche, c’est vous dire!

De plus, le Flex offre un habitacle hyper silencieux, à l’exception des moments où votre pied droit est enfoncé dans le plancher. Le Flex a une fois de plus l’avantage à ce niveau puisque c’est un V6 biturbo qui s’occupe de mouvoir ce multisegment à 4 roues motrices. Et le son émis par la mécanique n’est pas désagréable non plus!

Verdict : Le Flex ne plaira pas à tout le monde, mais si vous êtes à la recherche d’un véhicule pour la famille et la longue route des vacances, ce dernier est celui qu’il faut choisir.

Dans ce créneau, le choix de multisegments ne manque pas. Malgré une concurrence asiatique d’envergure, il faut affirmer que ce trio américain présente des arguments très nobles et si votre portefeuille est plus juste, ils sont aussi disponibles en versions un peu plus dépouillées. Le GMC Acadia Denali souffre de vieillesse et ne fait pas le poids face aux deux autres, surtout avec un tel prix, le Durango est plus alléchant, mais une flambée des prix de l’essence, ce format de VUS pourrait être menacé, tandis que le Flex devrait connaître un rafraîchissement de mi-parcours l’an prochain. Malgré cette carrosserie bien différente des autres, ce dernier nous a conquis.

Sympatico Autos tient à remercier la Maison Garth et la Ville de Lorraine pour son site enchanteur, ainsi que ses pilotes essayeurs, Vincent Aubé, Antoine Joubert et Léo Ouellette.