Pour tous ceux qui suivent régulièrement les péripéties de la section Autos, vous êtes peut-être déjà au courant d’un achat plutôt inusité de ma part. En effet, j’ai récemment fait l’acquisition d’une vieillissante Hyundai Elantra 1995, soit la dernière année de cette première génération du modèle.

Beaucoup d’entre vous m’ont signifié à quel point j’étais courageux d’avoir arrêté mon choix sur une voiture si peu fiable. Je l’admets, acquérir une aussi vieille voiture est un sacré coup de dés, mais avec un prix d’achat aussi bas, je ne pouvais pas refuser cette autre aventure automobile dans lequel je venais de m’embarquer.

Ces quelques commentaires négatifs à l’endroit de ma nouvelle voiture d’appoint m’ont également fait réaliser que 2012 est l’année de l’Elantra. Non seulement la nouvelle berline est la voiture canadienne de l’année selon les journalistes de l’AJAC, mais c’est également cette voiture que les membres du NACOTY (ou North American Car Of The Year) ont choisie pour 2012.

C’est d’ailleurs ce qui a inspiré cette rencontre historique entre une Hyundai Elantra Limited 2012 fournie par le constructeur lui-même et celle qui se retrouve dans mon entrée de garage depuis un mois à peine. Il ne s’agit pas ici d’un match comparatif pur et dur. Vous vous doutez bien que la nouvelle Elantra ne ferait qu’une bouchée de son ancêtre. Non, c’est plutôt une belle occasion de voir à quel point l’automobile a changé en 17 ans. Voici donc un portrait de l’évolution d’une voiture qui se retrouvait en queue de peloton dans les années 90 et qui est maintenant considérée comme l’une des meilleures du segment.

Nul besoin de vous le rappeler, Hyundai a trouvé son langage visuel depuis deux ans déjà et l’Elantra 2012 est un exemple représentatif de cette affirmation. À côté de cette ligne de berline-coupé, la première génération du modèle ne fait absolument pas le poids. Pourtant, lors du lancement du modèle en 1992, la berline adoptait des proportions similaires aux concurrentes du segment, tandis que le style de l’Elantra, sans être révolutionnaire, n’était pas vilain pour autant.

De plus, le coefficient de traînée de la première Elantra était de 32, la dernière évolution du modèle atteignant un niveau de 28. Cet avantage aérodynamique apporte toutefois son lot de problème. En effet, il faut faire attention à la tête lorsqu’on prend place à l’arrière de la nouvelle Elantra. La ligne de toit est plutôt basse! De plus, la vision latérale s’avère meilleure dans le vieux modèle, une réalité observée sur d’autres véhicules d’ailleurs. Finalement, vous aurez déjà remarqué que l’édition de 1995 était équipée de roues en acier de 14 pouces (des jantes étaient optionnelles), tandis que la nouvelle Elantra Limited 2012 roule sur des jantes de 17 pouces (le modèle de base utilise des jantes en acier de 15 pouces).

Si le design extérieur parle de lui-même, c’est la même histoire pour l’habitacle. S’asseoir dans cette vieille Hyundai est une belle manière de remonter dans le temps. Les fenêtres sont à manivelles, le nombre de coussins gonflables est limité à un seul (et il était optionnel à l’époque), le système audio peut uniquement lire des cassettes, tandis que les espaces de rangement sont beaucoup moins nombreux. Étant donné le fait que cette Elantra était le modèle de base, il n’y a pas de compte-tours derrière le volant et, finalement, le verrouillage des portières est manuel.

C’est tout le contraire dans la nouvelle Elantra – Limited ou de base d’ailleurs. Le tableau de bord adopte un design fluide, les fenêtres sont électriques, le verrouillage est centralisé et la chaîne audio qui peut lire des DC, peut aussi accueillir votre lecteur MP3 et offre également la possibilité de syntoniser la radio satellite. Les espaces de rangement sont nombreux et les sièges – en tissu ou en cuir – procurent un support plus soutenu qu’à l’époque.

Au courant des années 90, la transmission manuelle était encore populaire auprès des consommateurs, non seulement parce qu’elle s’avérait moins chère à l’achat, mais également parce qu’elle était plus économique à la pompe. De nos jours, seulement 15% des nouvelles Elantra vendues sont livrées avec ce type de boîte, signe que les consommateurs ne veulent plus manipuler trois pédales au quotidien. Côté insonorisation, cet élément s’est grandement amélioré depuis. Il faut mentionner que la mécanique d’origine Mitsubishi de la première génération n’a pas peur de s’exprimer à vitesse d’autoroute, tout le contraire de la nouvelle.

Justement, sous le capot, il s’est écoulé beaucoup d’eau sous les ponts depuis cette première génération du modèle. En 1995, Hyundai proposait deux moteurs. Le premier, uniquement offert sur les modèles de base avait une cylindrée de 1,6 litre et développait 113 chevaux. L’autre moteur de 1,8-litre également issu du catalogue Mitsubishi développait 124 chevaux et pouvait également être commandé avec une boîte automatique optionnelle.

De son côté, la nouvelle Elantra 2012 est seulement disponible avec un 4-cylindres d’origine Hyundai dont la cylindrée est de 1,8 litre et la puissance de 148 chevaux. Ce moteur moderne est notamment équipé du calage variable des soupapes et est disponible avec deux transmissions à 6 rapports, une manuelle et une automatique.

Si la puissance a augmenté, l’efficacité énergétique a elle aussi évolué. Hyundai affirmait que son modèle équipé du petit moteur en 1995 consommait 7,5 L/100 km sur autoroute et 10,7 L/100 km. Aujourd’hui, une berline Elantra équipée de la boîte automatique affiche une consommation sur autoroute de 4,9 L/100 km, tandis que celle en ville est de 6,9 L/100 km seulement.

L’évolution peut également être observée au niveau de la conduite des deux versions. Même si la nouvelle Elantra n’est pas une foudre de guerre par rapport aux autres berlines du segment, cette dernière est carrément un « hot-rod » par rapport à son ancêtre. Il est certain que l’édition équipée du « gros moteur » en 1995 aurait mieux performé, mais la nouvelle Elantra n’a rien à craindre, elle est supérieure à tous les niveaux.

La précision de la boîte manuelle de la première Elantra est aléatoire et l’embrayage est très court. La direction est très floue et les bruits de caisse sont omniprésents, surtout après 17 ans. Et c’est la même histoire avec le freinage moins convaincant. Seule bonne note au tableau, la suspension bien entretenue au fil des ans est étonnante. De son côté, l’Elantra 2012 livre la marchandise tant au niveau de la douceur de roulement qu’au niveau de la tenue de route. La direction est chirurgicale et les suspensions pensées pour le confort sont d’une fermeté notable, tout cela en comparaison avec la première génération bien sûr. La rigidité du châssis y est également pour quelque chose.

Les prochains mois vont s’avérer déterminants pour la vieille Elantra 1995. Il est clair que son kilométrage avancé – plus de 240 000 km – et la fiabilité aléatoire jouent contre elle. Certains entretiens seront nécessaires, mais avec un peu d’amour et de chance, il est possible que la carrière de cette coréenne des années 90 se prolonge encore quelques années. Quant à la plus récente des Elantra, elle sera sûrement à l’avant du peloton pendant de nombreuses années. Hyundai n’a sûrement pas l’intention d’en rester là. La preuve : l’année-modèle 2013 va apporter quelques nouveautés à la berline, en plus d’accueillir deux nouvelles variantes, le coupé et la 5 portes GT.