Lorsque BMW a dévoilé sa nouvelle 1 M Coupé, plusieurs aficionados ont exprimé leur joie de voir le constructeur revenir aux sources avec un coupé plus compact propulsé par un « bon vieux 6-cylindres-en-ligne ». Sur les photos officielles de la nouvelle petite M, BMW avait également pris soin de stationner la première M3 des années 80, comme si les gens de marketing voulaient à tout prix démontrer que le constructeur avait fait ses devoirs en étudiant la première de la lignée, l’édition E30. Ils n’avaient pas tort!

La M3 n’a cessé de gagner en dimensions et en puissance au fil des générations, ce qui a un peu dénaturé le produit. La bombe à moteur V8 est toujours une redoutable machine, mais il faut l’avouer, elle est à des années-lumière du premier concept. Le projet 1M Coupe est beaucoup plus près en matière de proportions d’une BMW M3 E30 de première génération, même si la raison d’être des deux modèles est bien différente.

La première M3 a été lancée sur le marché simplement pour satisfaire aux règles du championnat DTM à l’époque. De son côté, la 1 M Coupé a été élaborée après les heures régulières de travail à partir de pièces tirées du catalogue de BMW par des ingénieurs qui voulaient simplement s’amuser en créant une voiture unique. Ces derniers ont conduit tous les véhicules M du passé et celle qui revenait toujours à l’avant-plan était la première M3. La 1M Coupe est donc fortement inspirée de son ancêtre de la décennie 80.

Voilà qui explique notre entêtement à essayer de dénicher un propriétaire de la mythique voiture dans le but de l’opposer à la 1M Coupe. Il faut avouer que la première M3 n’est pas une voiture très répandue.  

Nous sommes  toutefois tombés sur un heureux propriétaire qui possède un exemplaire 1989 en excellent état. Les seules modifications apportées à sa voiture se limitaient à un tuyau d’échappement Borla plus musical, des amortisseurs Bilstein et des barres anti-rapprochement à l’avant et à l’arrière pour solidifier la voiture quelque peu. Étant donné le caractère des deux voitures, nous n’avions d’autre choix que de les essayer sur un circuit. Nous remercions d’ailleurs l’Autodrome St-Eustache pour nous avoir prêté ses installations pendant quelques heures.

Amit Ahluwalia est celui qui conduit ce vestige du passé presque tous les jours durant la saison estivale. Mais le récit de notre passionné ne s’arrête pas là, puisqu’il est également un futur propriétaire de l’autre véhicule M impliqué dans ce face à face. En effet, quelques semaines avant notre entretien, il est allé prendre livraison de sa nouvelle 1 M Coupé en Allemagne, en participant au programme de livraison européenne de BMW. Au moment d’écrire ces lignes, le coupé est toujours sur un bateau en direction de l’Amérique.

Son père, un mordu BMW et ancien propriétaire d’une M3 E36, l’a accompagné dans ce périple européen. Le parfait voyage père-fils quoi! Amit a évidemment pris possession de sa nouvelle bête, mais il a également pu converser avec les gens de la division M tout en visitant les installations de la section sportive. Le comble de sa visite s’est produit lorsqu’on lui a montré le premier prototype de la 1 M Coupé qui a servi de banc d’essai pour peaufiner le développement de la voiture. À entendre parler le principal intéressé, les routes européennes sont beaucoup plus belles que les nôtres, tandis que l’Autobahn est une expérience à vivre une fois dans sa vie. Sur ce point, nous sommes absolument d’accord.
20 ans d’écart

Mais revenons un peu à cette comparaison, si vous le voulez bien. Les deux M ont des dimensions semblables, la 1 M n’étant plus large que de 122 mm, sa longueur étant supérieure de 33 mm seulement, tandis que son empattement est plus long de 76 mm. Jusqu’ici, pas de surprise! Toutefois, ce qui étonne, c’est le poids total de la nouvelle 1M qui est de 1495 kg seulement par rapport aux 1300 kg de la M3 des années 80. Les ingénieurs responsables du projet 1M ont travaillé fort pour conserver un rapport poids/puissance favorable malgré tout l’équipement moderne embarqué.

Côté motorisation, la première M3 faisait appel à une version 4-cylindres du 6-cylindres de la première M1. Cette unité à aspiration normale de 2,3-litres de cylindrée était cotée à 192 chevaux et 170 lb-pi de couple pour l’Amérique – l’Europe aura droit à des versions plus puissantes au fil des années. La 1M Coupe a, quant à elle, droit au même moteur biturbo logé sous le capot de la Z4 Sdrive35is, qui développe une puissance de 335 chevaux et un couple de 332 lb-pi. La 1M est donc un « hot rod » à côté de son ancêtre. Pour ce qui est des transmissions manuelles, la plus vieille des deux fait appel à une transmission manuelle à 5 rapports courts; la nouvelle recevant un rapport de plus.

La première M3 était tout simplement une version homologuée du bolide de course. C’était donc une voiture sans compromis au niveau de la conduite. Toutefois, à l’intérieur, la M3 ne manquait de rien en matière de luxe. La 1 M Coupé, de son côté, est plutôt un ramassis de pièces BMW. Outre le moteur de la Z4, la 1 M est équipée de la suspension de la M3 actuelle, idem pour les freins, tandis que les jantes sont les mêmes utilisées sur l’ensemble Compétition de la M3 ou sur la plus extrême M3 GTS. Ajoutez à cela l’échappement typique M à 4 embouts chromés sous le pare-chocs arrière et, bien sûr, un élément caractéristique des M modernes, le fameux bouton M sur le volant qui transforme les réactions de la voiture, lorsqu’enfoncé.

Il est certain que ce test comparatif est inégal dès le départ. La 1 M Coupé est une supervoiture à côté de la M3 E30. C’est plutôt l’essence des deux créations qui est très semblable. Les deux offrent des mécaniques qui révolutionnent très haut et c’est la même histoire au niveau des leviers de vitesse à rapports courts qui sont précis dans les deux cas. Les suspensions de la M3 étaient un brin plus usées que celles de la 1 M Coupé, mais ici aussi, il y avait des similitudes dans les réactions. L’arrière-train demeure neutre en situation de virage et si on pousse un peu trop, les deux voitures sont d’une facilité déconcertante à contrôler, même si je dois avouer que j’ai préféré la M3. Ce qui est absolument identique toutefois après avoir effectué quelques tours de circuit dans l’une ou l’autre de ces machines germaniques, c’est le sourire qu’affiche son conducteur.

Oui, la 1 M Coupé est plus rapide, plus confortable et plus stable à cause de ces pneumatiques modernes, mais la M3 n’a pas à rougir devant cette évolution moderne. Le vieille M3 est moins sophistiquée, sa direction n’étant même pas assistée, tandis que la position du volant n’est pas idéale, mais au final, c’est dans celle-ci que je repartirais, et ce, malgré le fait que la 1 M Coupé est mon coup de cœur de 2011. Le son du moteur 4-cylindres, le côté brut de cette BMW et cette carrosserie directement tirée du touring allemand sont des éléments auxquels je ne peux résister. À 100 km/h, on peut sentir les réactions de la M3. Dans la 1 M, c’est plus feutré et, du même coup, moins excitant. N’empêche, BMW a accouché d’une authentique M avec sa 1 M et l’inspiration de celle-ci se retrouve en gris sur nos photos.