D’abord, célébrons cette page d’histoire automobile: avec l’arrivée, le mois dernier, de sa Jetta Hybride – sa première propulsion essence-électricité au Canada – Volkswagen fait le tour du chapeau.

Et du coup, la compacte allemande peut se targuer d’être l’une des rares voitures du marché à s’offrir avec soit un moteur à essence, soit un moteur diesel, soit une propulsion hybride.

Enfin, on peut comparer des pommes avec des pommes.

Il faut savoir que les facteurs qui influencent la consommation en carburant (la véritable consommation; pas celle calculée en laboratoire contrôlé par Ressources Naturelles Canada…) sont si nombreux que jusqu’à présent, il n’y avait pas moyen de mettre en présence des forces à peu près égales.

Les choses viennent de changer.

Dans le coin Nord, il y a cette Volkswagen Jetta 2,5L avec son moteur conventionnel à essence, un cinq cylindres de 2,5 litres qui produit 170 chevaux et 177 lb-pi.

Dans le coin Ouest, il y a cette Volkswagen Jetta TDI avec son quatre cylindres turbodiesel de 2,0 litres qui développe 140 chevaux et 236 lb-pi. (Ce que la Jetta TDI n’offre pas en puissance versus ses deux comparses, elle l’offre en couple).

Et dans le coin Sud, il y a cette toute nouvelle Volkswagen Jetta Hybride avec son petit quatre cylindres turbo (!) de 1,4 litre, sa motorisation électrique et ses batteries au lithium-ion, pour 170 chevaux (nez à nez avec la Jetta 2,5L) et 184 lb-pi.

Toutes trois sont de puissances semblables, d’aérodynamisme qui se ressemble (l’hybride a un avantage de 7% sur les deux autres) et de poids qui varie d’à peine 107 kg entre la plus légère (la Jetta à essence) et la plus lourde (l’hybride, évidemment).

Cela dit, les prix d’étiquette ne sont pas les mêmes. La Jetta 2,5L, avec boîte automatique, débute à 23 090$, soit 2300$ de moins que la Jetta TDI (25 390$).

Et la Jetta Hybride exige 27 875$ du portefeuille, une surprime de 4785$ versus la Jetta à essence et de 2485$ versus la Jetta TDI.

Sauf que… la Jetta Hybride en offre plus pour notre argent. Comparée aux deux autres, elle s’amène de série avec le revêtement de cuir, la climatisation bi-zone et, évidemment, le système hybride.

Par ailleurs, Volks lui sert la suspension arrière à multibras de la Jetta GLi – et non la poutre de torsion de base. Aussi, sa boîte automatique à double embrayage (DSG) propose sept rapports, soit un de plus que l’automatique des deux autres (qui n’est même pas DSG pour la Jetta à essence).

Certes, le toit ouvrant n’est pas de série pour la Jetta Hybride (il l’est pour les deux autres), mais si on voulait vraiment établir un écart de prix, il serait plus juste de parler d’une différence de 1500$ entre la Jetta Hybride et la Jetta TDI.

Et encore…

Premier test: un Montréal-Toronto en Jetta TDI nous a permis d’enregistrer du 5,5L/100km. Le même trajet au retour, mais en Jetta Hybride, nous a fait consommer du 6,7L/100km.
 
On pourrait vous abrutir de chiffres, mais une constante demeure: à forces égales, c’est la motorisation diesel qui est roi et maître sur l’autoroute.

Point final.

Ceci dit, la Jetta Hybride s’est montrée étonnamment économique sur l’autoroute… pour une hybride. Du 6,7L/100km, c’est au bas mot un litre de moins que ce que nous a livré à l’automne dernier, pour le même trajet, la Ford C-Max Hybride.

En ville, sans surprise, c’est la Jetta Hybride qui est le roi de la jungle, enregistrant dans la séduisante petite Port Hope, en Ontario, du 5,9L/100km.

En comparaison, la Jetta TDI y a fait du 7,9L/100km (ce qui n’est quand même pas mal, avouez). Et la Jetta à essence… s’est montrée gloutonne avec du 10,8L/100km.

Non seulement la Jetta Hybride est plus frugale en ville que ses contreparties Jetta TDI et à essence, mais elle l’est également davantage que la majorité des hybrides que nous avons essayées ces derniers mois.

Non seulement son moteur électrique accepte de suffire seul à la tâche jusqu’à concurrence de 70km/h, mais il accepte de propulser pendant plusieurs bon kilomètres. Ainsi, par froid matin, nous avons pu rouler à plusieurs reprises quelque quatre kilomètres sans moteur à essence.

Certes, il fallait demeurer très suave avec l’accélérateur, mais voilà quand même qui s’est traduit par un beau 4,7L/100km après une heure de pérégrinations dans les rues de Saint-Jérôme.

C’est, encore là, un demi-litre de moins que ce nous avait donné, à l’automne dernier, la Ford C-Max.

Avoir sous la main trois Volkswagen Jetta avec, sous le capot, trois motorisations différentes, ça n’arrive pas à tous les jours.

Nous en avons donc profité pour les faire rouler à la queue leu leu, dans les mêmes conditions, mais à des vitesses différentes, utilisant le régulateur pour bien s’assurer de la constance.

Voyez, par notre tableau, dans quelle mesure la TDI fait mieux que les autres sur l’autoroute – et que plus la vitesse augmente, plus l’écart se creuse.

Cependant, une donnée ressort plus que toutes les autres: après une quinzaine de kilomètres en ville, puis une quinzaine de kilomètres sur l’autoroute… les Volkswagen Jetta TDI et Hybride sont nez à nez: 7,3L/100km pour la première, 7,2L/100km pour la seconde.

Et la Jetta à essence? Loin derrière, avec du 9,7L/100km. Précisons néanmoins que la voiture, avec à peine 15 kilomètres au compteur quand nous l’avons prise, n’était pas rodée.

Vous savez ce qui est le plus beau, dans ce trio de Jetta? Que l’on passe d’une variante à l’autre, le même plaisir de conduite – reconnu aux produits Volks – est au rendez-vous.

Même pour l’hybride – avouez que c’est rare, une hybride plaisante à conduire… Le mérite revient en grande partie au petit moteur turbo, ainsi qu’à la boîte à double embrayage de sept rapports (En effet, la Jetta Hybride n’est pas tombée dans le panneau “CVT” – un passage pourtant presque obligé pour les hybrides.)

Qui plus est, en raison de sa suspension arrière à multibras plus sophistiquée que la poutre de torsion, la Jetta Hybride procure une balade encore mieux suspendue que les deux autres.

Sinon, c’est du quasi-pareil au même.

Conclusion? C’est tout simple.

Si vous roulez majoritairement sur l’autoroute, vous voulez la Jetta TDI. Même si le litre de diesel est plus coûteux que le litre d’essence régulière, vous parcourrez beaucoup plus de distance avec un seul plein de carburant – plus d’un millier de kilomètres par réservoir, si vous respectez les limites autoroutières.

Si vous faites principalement de la ville, allez hop! l’hybride. Et plus vous vous montrerez hyper-catholique dans votre conduite, plus vous économiserez à la pompe.

Vous faites moitié ville, moitié autoroute? Autant la Jetta Hybride que la Jetta TDI conviennent.

Sachez toutefois que la Jetta Hybride exige de l’essence super – ce qui est plutôt contradictoire, lorsqu’on recherche à économiser à la station-service.

Sachez aussi qu’en raison des batteries, son coffre perd le tiers de sa générosité. À 320 litres, c’est d’ailleurs la taille du coffre d’une petite voiture, mais heureusement, la banquette peut se rabattre.

De même, la fiabilité et la longévité de la toute nouvelle Jetta Hybride n’est pas encore connue. Au contraire, la Jetta TDI arbore une technologie diesel non seulement éprouvée mais, parce que ce type de motorisation roule et roule parfois plus que 500 000 kilomètres, la voiture est assurée d’une excellente valeur de revente.

Et la Jetta 2,5L, dans tout ça? Elle est la réponse… si vous cherchez l’économie tout court.

Même que la vraie réponse “économique”, si l’on ne considère que l’aspect dollar, est… la Volkswagen Jetta toute de base, avec son moteur quatre cylindres (2,0 litres) de 115 chevaux et sa boîte manuelle. Sans guère d’équipements à bord, la Jetta se base se détaille… à 14 990$.

Soit presque deux fois moins que la Jetta Hybride.

Car sachez qu’avant de dépenser en carburant les 9000$ d’étiquette qui séparent cette Jetta de base de la Jetta TDI – voire les 13 000$ qui la séparent de la Jetta Hybride, il faudra en rouler, des kilomètres.

Entre 500 000 et un million de kilomètres, si nos calculs sont bons…