Málaga, Espagne – Huit ans, c’est long pour un modèle automobile de nos jours, peut-être même un peu trop long. Mais, dans le cas d’une voiture aussi charismatique que l’Audi TT, l’inévitable refonte représente un obstacle de taille.

Après huit ans donc, le constructeur aux quatre anneaux a décidé de donner un coup de balai à la deuxième génération du modèle, en service chez nous depuis 2007. Voici la nouvelle Audi TT, une voiture qui sera également secondée par son équivalente sportive, la TTS. Et, comme vous pouvez le constater, il s’agit d’un modèle 2016, ce qui veut dire que vous ne pourrez pas mettre la main sur cette nouvelle mouture avant la fin de l’été 2015.

Un bref regard aux photos ne fera que confirmer la brève évolution dans la silhouette de la TT. Oui, la courbe du toit si familière est de retour, tout comme la grille de calandre proéminente à l’avant. Remarquez, celle-ci a perdu sa courbure au passage, au même titre que les plus récents produits de la marque. Autre détail non négligeable, les quatre anneaux prennent dorénavant place au bout du capot et non au centre de la grille comme auparavant.

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Tel que prévu, Audi propose encore un choix impressionnant de jantes, les tailles variant de 17 à 20 pouces. Les phares présentent une nouvelle signature grâce à l’éclairage aux diodes électroluminescentes, ce dernier rappelant quelque peu celui utilisé en course automobile d’endurance. Ce thème est également repris à l’arrière au niveau des feux qui ont été redessinés pour l’occasion.

Je n’étonnerai personne en affirmant qu’Audi est passé maître dans l’habillage discret de ses modèles tatoués de l’écusson S. La TTS respecte cette ligne de pensée, les seuls indices de son statut supérieur se trouvant au niveau de la grille chromée à l’avant, les pare-chocs exclusifs à ce modèle, les étriers plus gros et peints en noir ainsi que la pièce de résistance, les deux pots d’échappement doubles logés sous un petit diffuseur de couleur argentée.

À ce niveau, la transformation est plus évidente. Premièrement, le tableau de bord aurait, selon les dires du constructeur, une forme d’aile d’avion, du moins en regardant la voiture du haut des airs. Si ce détail ne vous impressionne guère, vous pourrez toujours jeter votre regard sur les nouvelles buses de ventilation qui adoptent également un design de réacteur d’avion. Fait à noter, ceux-ci sont tous flanqués d’un bouton en plein centre, lequel a une fonction particulière au niveau du confort des passagers, que ce soit pour les sièges chauffants, l’intensité de la ventilation, le mode voulu ou la température désirée.

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Toutefois, l’élément qui retient l’attention, surtout depuis la présentation de ce dernier au Salon CES de Las Vegas plus tôt en 2014, c’est le nouvel écran multifonction logé derrière le volant. C’est donc de dire que l’écran de navigation normalement installé entre les deux occupants ne fait plus partie des plans pour la TT, les ingénieurs ayant voulu regrouper toute l’information utile le plus près possible du conducteur.

Sachez quand même que le volant est toujours aussi ergonomique et que la position de conduite est, vous vous en doutiez, pas loin de la perfection. S’il y a un élément qui fait perdre des points au nouveau coupé, c’est bien la visibilité, bien que cette réalité fasse partie du quotidien de ce genre de carrosserie.

Sous le capot, le choix demeure relativement simple. Le modèle de base continue avec une version améliorée du moteur 4-cylindres turbocompressé à injection de 2,0-litres bien connu du public, tandis que la TTS a elle aussi droit à une évolution de son 4-cylindres de 2,0-litres également gavé par un turbo. Le premier développe désormais 230 chevaux et un couple de 272 lb-pi, tandis que le deuxième grimpe à 310 chevaux, idem pour le couple coté à 280 lb-pi.

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Impossible de connaître les plans du constructeur en ce qui a trait à la super TT-RS, mais bon, ça ne devrait tarder. Gageons que le 5-cylindres turbo fera un dernier tour de piste sous le capot de la TT.

Côté transmission, le constructeur n’offre qu’une seule possibilité aux consommateurs nord-américains. En effet, seule la boîte à double embrayage comptant six rapports peut être boulonnée à l’une ou l’autre des motorisations. Remarquez, celle-ci fait déjà de l’excellent boulot.

Pour ce premier test sur route, Audi avait convié les journalistes du monde entier dans la belle région de Málaga, dans le sud de l’Espagne. Bien que notre temps au volant fût limité, nous avons tout de même pu apprécier l’agilité de la nouvelle TT et de sa cousine plus pimentée, bien sûr. La route de Ronda est réputée pour ses nombreuses courbes, un endroit idéal pour tester le système de traction intégrale quattro.

La direction de la TT est très précise, le son de la mécanique est fabuleux – encore plus dans la TTS lorsque le mode Dynamic est enclenché –, tandis que les changements de rapports se font à la vitesse de l’éclair. Nous avons tout de même mis la main sur une TTS à boîte manuelle, question de goûter au modèle qui ne viendrait pas en Amérique du Nord. Bien qu’elle soit un régal à piloter, la TTS à boîte manuelle ne fait pas le poids face aux performances de la version à boîte automatisée.

Règle générale, les deux versions de la TT ne changent pas énormément. Le comportement est plus affuté, mais l’essence du modèle actuel est la même. Ce qu’il faut retenir, c’est que l’expérience en matière d’émotions fortes est bonifiée, et ça, personne ne s’en plaindra. Malgré tout, les deux versions de la TT sont également plus confortables qu’auparavant.

Le constructeur avait également une surprise pour les amateurs de conduite sur piste. En effet, le circuit d’Ascari était réservé pour un essai plus poussé avec la TTS. Sur ce merveilleux tracé, la TTS n’a fait que confirmer ce que nous avions ressenti sur la route quelques minutes plus tôt : la TTS est dorénavant une véritable voiture sport… encore plus que le modèle qu’elle remplace. On se demande même si une nouvelle TT-RS est pertinente. Bien sûr qu’elle l’est!

Le seul hic dans cette histoire, c’est qu’il va falloir attendre près d’une année complète avant de pouvoir réessayer ce duo sur nos routes québécoises. En attendant, vous savez au moins que la troisième génération est meilleure à plusieurs points de vue.