Prince Edward County, ON – Lancée il y a deux déjà, la berline ATS est venue s’inscrire comme une rivale directe à la Série 3 de BMW, en reléguant du même coup la CTS à une tâche bien précise : malmener les Classe E et Série 5 de ce monde. Calquée sur le modèle à quatre portes, le nouveau Coupé ATS 2015 ne change pas outrageusement la recette introduite par la berline. Non, cette nouvelle option pour le consommateur à la recherche d’un coupé de luxe compacte confirme que la marque Cadillac a bel et bien changé.

Récemment, la division luxueuse de General Motors a fait parler d’elle en annonçant un déménagement de Detroit vers New York, une sorte de séparation saine entre l’écusson le plus prestigieux et le reste de GM. En s’associant à une mégapole comme New York, Cadillac veut se rapprocher de son public cible.

Si ce changement d’orientation n’affecte pas trop ceux et celles qui conduisent les produits de la marque, l’annonce d’une nouvelle nomenclature en a surpris plus d’un. En effet, l’arrivée de Johan de Nysschen à la tête de Cadillac – celui qui a transformé la gamme Infiniti au cours des dernières années – sera également marquée par une nouvelle façon de nommer les véhicules de la gamme Cadillac. La confirmation qu’une grande berline baptisée CT6 est déjà approuvée pour la production veut probablement dire que l’ATS portera l’appellation CT2 ou CT3. Mais bon, pour le moment, l’ATS conserve son nom. L’an prochain, le nom ATS sera probablement remplacé. À suivre…

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Oublions cette histoire de nom, si vous le voulez bien. Après tout, ce n’est pas tous les jours que Cadillac présente un coupé à roues motrices arrière. Au premier regard, il est permis de penser que l’opération s’est uniquement limitée à changer le nombre de portières. Pourtant, le toit, le coffre et les ailes arrière sont de nouvelle facture. La voiture est plus basse de 29 mm, plus large de 36 mm, plus longue de 20 mm, l’empattement demeurant identique à 2775 mm.

Les plus fins auront peut-être déjà remarqué l’écusson redessiné en 2015. Eh oui, il faudra s’y habituer. Le museau présente toujours une grille de calandre trapézoïdale flanquée de deux blocs optiques verticaux. Évidemment, l’élément le plus distinctif se trouve au niveau de la fenestration, le coupé proposant deux portières sans pilier dans la partie supérieure et deux petites fenêtres derrière.

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À l’arrière, le thème demeure typiquement ATS, il n’y a donc pas de surprise à ce niveau! Si certains rétorquent que ce nouveau coupé n’est pas aussi dramatique que le coupé CTS, il faut au moins mentionner que la vision latérale à bord est franchement supérieure. Dernier détail : les jantes de 18 pouces sont livrées d’office, contrairement à la berline qui peut être équipée de pneumatiques de 17 pouces.

La berline est, au cas où vous ne le sauriez pas, livrable avec un moteur 4-cylindres à aspiration normale de 2,5-litres. Celui-ci ne fait pas partie des options du coupé. Le modèle d’entrée de gamme est donc associé au 4-cylindres turbocompressé de 2,0-litres déjà bien connu du public. Toutefois, Cadillac ajoute de l’huile sur le feu en gonflant le couple disponible à bas régime, ce dernier grimpant à 295 lb-pi pour 2015. La puissance demeure cotée à 272 chevaux, un chiffre surpassé uniquement par le V6 de 3,7-litres de l’Infiniti Q60 dans cette gamme de prix.

L’autre niveau – qui commande un supplément de 2200$ – boulonne un V6 de 3,6-litres d’une puissance de 321 chevaux et un couple de 275 lb-pi. Ce 6-cylindres devrait satisfaire ceux et celles qui ne jurent que par les grosses cylindrées. Logiquement, la voiture peut bénéficier de la traction intégrale optionnelle. Celle-ci est disponible avec l’un ou l’autre des moteurs, à condition que le consommateur se contente de la boîte automatique à six rapports. La boîte manuelle à six rapports, quant à elle, ne peut être jumelée qu’avec les roues motrices arrière.

La qualité d’exécution a toujours été l’un des arguments préconisés par Cadillac, mais il faut l’admettre, on remarque une nette amélioration depuis quelques années. Les matériaux utilisés (cuir, Alcantara, fibre de carbone, aluminium, etc.) sont tous véritables, un élément qui rehausse l’expérience à bord. Qui plus est, le design à bord a enfin trouvé son identité. Ça ne veut pas dire que le système CUE et tous ces boutons tactiles se sont améliorés, mais au moins, prendre place à l’intérieur est plus inspirant que par le passé. Les nombreux ajustements des sièges et de la colonne de direction permettent bien entendu au conducteur de trouver la position de conduite idéale et la vision latérale n’est pas trop mal, compte tenu du type de carrosserie.

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La grosse nouveauté se trouve toutefois au niveau de la connectivité. Avec l’ATS Coupé – et plusieurs autres modèles de la gamme GM 2015 d’ailleurs –, Cadillac introduit la possibilité via le catalogue des options d’être branché à un réseau sans fil Wi-Fi 4G LTE. Oui, vous avez bien lu, cette Cadillac permettra à tous ses occupants de « surfer » sur le web moyennant un léger montant forfaitaire mensuel. On n’arrête pas le progrès! Cette nouvelle addition relance le débat sur la distraction au volant, mais ça, c’est une autre histoire.

Heureusement, le coupé ATS 2015 a également été conçu pour être conduit à l’occasion. Sur les belles routes de l’arrière-pays ontarien, nous avons pu constater que l’ATS Coupé n’avait pas perdu de sa superbe en matière de tenue de route. Bien plantée sur le bitume, cette nouvelle version ne fait que confirmer pourquoi la berline avait obtenu le titre de voiture nord-américaine de l’année en 2013. Sans être une pure sportive, l’ATS oblige le conducteur à garder les deux mains sur le volant en situation de conduite inspirée.

La direction n’est pas aussi précise qu’à bord d’une BMW M4 par exemple, mais on sent malgré tout les imperfections de la route, ce qui, à mon avis, est excellent. La suspension, de son côté, s’occupe d’isoler les occupants de la chaussée usée par le temps. Cadillac propose en option la suspension magnétique qui peut réagir jusqu’à 1000 fois par seconde pour améliorer l’adhérence de la voiture. Autre caractéristique digne de mention : le système de freinage. Cadillac fait appel à Brembo et laissez-moi vous dire que ce système fait du bon travail, la pédale de frein étant juste assez ferme.

Puis, il y a la fameuse question de la transmission. Pour les puristes, l’option manuelle est incontournable et je me dois de dire que le maniement du levier de vitesse s’est avéré très agréable. La boîte automatique, de son côté, sera assurément la plus populaire. Si son rendement n’arrive pas encore à la cheville des boîtes à double embrayage, sa transparence saura plaire à ceux qui n’ont cure du temps de réaction de celle-ci.

Le constructeur en a fait du chemin depuis la fin du siècle dernier. L’attente aura été longue, mais au moins, le résultat en vaut enfin la chandelle. Le coupé ATS se compare avantageusement à n’importe quel véhicule à deux portes de la catégorie. Les mécaniques sont modernes, l’exécution est au rendez-vous et la conduite n’a absolument rien à voir avec les paquebots du siècle dernier. Reste à voir si le public suivra. À ce niveau, l’écusson est souvent ce qui fait chavirer les consommateurs. Ça tombe bien, en 2015, il est tout nouveau, tout beau!