Certaines voitures portent des noms mythiques qu’elles entretiennent fièrement. Qu’on pense aux Chevrolet Corvette et Camaro, à la Dodge Challenger, et bien sûr à la Ford Mustang pour s’en convaincre.

Dans certains, la production de ces icônes n’a jamais été vraiment stoppée. En d’autres cas, il y a eu un hiatus, mais lorsque la production du modèle a repris, on s’est assuré de faire le pont avec le passé.

Ce n’est pas le cas de la Charger.

Produite dans un premier temps de 1966 et 1977, elle semblait condamnée au mythe jusqu’à ce qu’on décide de la ramener chez Dodge en 2006 (j’omets volontairement l’intermède 1982-1987 ou la Charger était une voiture compacte à traction).

Seulement, lorsqu’on fait renaître son nom, la voiture était déjà dessinée. Voilà pourquoi elle ne ressemblait en rien à celle qui avait marqué l’industrie automobile 40 ans auparavant.

Voilà aussi pourquoi elle comptait quatre portes; la Charger originale, c’était un coupé, faut-il le rappeler.

Au moment de la mise à jour du modèle, en 2011, on lui a ajouté des éléments visuels susceptibles de rétablir certains ponts avec le passé.

C’était un pas dans la bonne direction.

Un deuxième vient d’être franchi.

La Charger moderne n’a pu profiter de sa devancière pour se tailler une place dans son segment; elle a dû le faire seule, face aux autres rivales à quatre portes de sa catégorie, nommément les Chevrolet Impala et Ford Taurus de ce monde.

Tant bien que mal, la Charger s’est ancrée dans son segment. Depuis quelques années, elle s’est aussi démarquée en revendiquant haut et fort le titre de berline la plus puissante de sa catégorie, ce qui lui confère une identité résolument propre.

L’arrivée de nouvelle génération 2015 en remet à ce chapitre.

Maintenant, plus que jamais, la Charger moderne est en train d’écrire sa propre histoire.

Pour 2015 donc, une nouvelle génération s’offre à nous. Entièrement redessinée, à l’exception de la toiture et des portières arrière, elle reprend un style et des proportions que l’on connaît bien et avance des lignes nettement plus harmonieuses. L’avant perd la signature proéminente qui était sienne pour en adopter une moins massive, mais tout aussi imposante, voire intimidante, sur les versions SRT.

Parlant de versions, il y en a quatre; SE, SXT, R/T et SRT. Maintenant, ce sont les habillages qui réservent quelques belles surprises.

D’abord, les modèles d’entrée de gamme SE sont proposés pour une première fois avec la traction intégrale. Voilà une très bonne nouvelle. Ainsi, les deux premières livrées, SE et SXT, peuvent être commandées avec ou sans la motricité aux quatre roues.

À l’enseigne R/T, trois variantes : R/T, R/T Road & Track et R/T Scat Pack. Sous le sigle SRT, les moutures 392 et Hellcat. Une chose à retenir concernant ces cinq dernières déclinaisons; plus on grimpe dans la gamme, plus la puissance est au rendez-vous. Aussi, lorsqu’on atteint la gamme SRT, les options de personnalisation des réglages mécaniques sont nombreuses. Le pilote peut modifier la puissance du moteur, le moment où les rapports de transmission s’opèrent et ajuster la suspension, notamment.

Outre ces calibrations possibles, la version Hellcat est servie avec deux clefs, l’une rouge, l’autre noir. Cette dernière limite la bride à 500 chevaux cependant que la première libère toute l’écurie.

Esthétiquement, les modèles SRT proposent une calandre différente et nettement mieux réussie au niveau du style. Ils reçoivent aussi un capot différent, dessiné pour accommoder le moteur qu’il abrite. Quant aux prises d’air qui le décorent, elles sont fonctionnelles, tout comme celles au niveau de la grille.

Enfin, l’acheteur a l’embarras du choix au niveau des couleurs, dont une nouvelle teinte de bleue qui va rappeler bien des souvenirs aux plus vieux. Aussi, les motifs différents de jantes se comptent au nombre de 14, dont 10 voit leur diamètre mesurer 20 pouces.

Bref, il y a une Charger pour tous les goûts… et pour tous les budgets. La note va de 32 495 $ à 64 495 $.

À ce titre, consultez notre tableau des versions et de leurs motorisations au bas de cet article.

À quelque 32 000 $, c’est une version SE à propulsion qu’on vous livre. Au double du prix, vous héritez de la variante SRT Hellcat, une bête qui avance une puissance de 707 chevaux et 650 livres-pieds de couple.

Oui, vous avez bien lu.

Vous le devinez, la clientèle cible de ces deux bolides n’est pas la même.

En fait, le succès de Dodge avec la Charger tient principalement aux ventes des modèles SE et SXT. Servies avec le moteur V6 de 3,6 litres Pentastar.

Lorsqu’on pénètre dans l’univers R/T, et spécialement SRT, on découvre un tout autre monde. Des moteurs V8 et des ensembles de performance, livrables sur certains modèles, de série sur d’autres, transforment la conduite et font de cette berline une véritable bête de piste.

Au lancement du modèle, j’ai eu l’occasion de faire parler les 707 chevaux de la voiture sur le Summit Point Motorsports Park, un vieux circuit situé dans l’état de la Virginie-Occidentale.

S’il ne fallait utiliser qu’un seul mot pour décrire cette expérience, il faudrait que ce soit « impressionnante ». Cependant, plusieurs me viennent en tête; brutale, enivrante, exaltante, jouissive. En sortie de virage, lorsque le volant est suffisamment droit pour qu’on puisse enfoncer l’accélérateur sans risquer de transformer la voiture en toupie, la poussée est à ce point saisissante qu’on a l’impression que le sang qui coule dans nos veines se transforme en huile à moteur.

700 chevaux, c’est grosso modo la puissance réservée à une voiture de course de type NASCAR.

Avoir l’occasion de l’exploiter dans une voiture de rue est un moment unique.

Pourquoi l’offrir, cependant? Qui a besoin de tant de puissance? Pourquoi pas, répond Dodge? La réponse des consommateurs donne raison au constructeur; le carnet de commandes est déjà plein.

Bon, si le comportement de la voiture est probant sur la piste avec les réglages de performance, ce n’est pas l’élément qui va assurer le succès de la Charger. La majorité des acheteurs optent pour les versions plus… civilisées. Question de besoin, question de budget.

Là, on retrouve la Charger que l’on connaît, c’est-à-dire une voiture spacieuse, confortable et plus conviviale au quotidien. Le V6 Pentastar offre suffisamment de puissance pour éviter l’ennui et à la pompe, on s’en tire bien.

Outre l’arrivée de la traction intégrale dans la version de base, il faut aussi souligner l’intégration de la boîte automatique à huit rapports dans ce modèle et dans tous ceux servis par un moteur V8. Ouste la boîte à cinq vitesses.

Du coup, la version de base devient fort intéressante.

En matière d’équipement, un mot pour définir l’offre : riche. Le groupe Fiat Chrysler semble avoir emprunté une page du mode d’emploi Hyundai/Kia, et ça rapporte; non seulement le consommateur en a pour son argent, mais la compagnie réalise de belles affaires au pays, elle qui occupe le deuxième rang au chapitre des ventes globales derrière Ford depuis le début de la présente année.

En somme, la Charger 2015 se veut une berline plus complète que jamais. Elle demeure tout aussi intéressante en version de base qu’en déclinaison SRT Hellcat, et ce, pour des raisons diamétralement opposées.

Un beau tour de force, lorsqu’on y pense.

SE 2RM : V6 de 3,6 litres, 292 chevaux et 260 livres-pieds de couple : 32 495 $
SE 4RM : V6 de 3,6 litres, 292 chevaux et 260 livres-pieds de couple : 34 695 $
SXT 2RM : V6 de 3,6 litres, 292 chevaux et 260 livres-pieds de couple : 35 595 $
SXT 4RM : V6 de 3,6 litres, 292 chevaux et 260 livres-pieds de couple : 37 795 $
R/T : V8 de 5,7 litres, 370 chevaux et 395 livres-pieds de couple : 39 495 $
R/T Road/ & Track : V8, 5,7 litres, 370 ch.,395 lb-pi de couple : 41 495 $
R/T Scat Pack : V8 de 6,4 litres, 485 chevaux et 475 lb-pi, de couple : 46 495 $
SRT 392 : V8 de 6,4 litres, 485 chevaux et 475 livres-pieds de couple : 50 495 $
SRT Hellcat: V8 de 6,2 litres, 707 chevaux et 650 livres-pieds de couple: 64 495 $

• Notez que l’ensemble Rallye fait passer la puissance du V6 de 292 à 300 chevaux.
• Le moteur de 6,2 litres est muni d’un compresseur.