San Antonio, TX – Au même titre que les sous-compactes qui sont souvent lancées dans notre Belle Province, les camionnettes pleine grandeur, elles, font souvent leurs débuts dans des endroits plus propices à leur commercialisation. Il n’y avait donc rien d’étonnant à assister au lancement de la nouvelle camionnette F-150 de Ford à San Antonio, au Texas, là où il se vend plus de « pickups » que partout ailleurs.

Malgré le temps restreint alloué pour avaler toute l’information à propos du véhicule le plus important de la marque américaine, nous avons tout de même pu essayer suffisamment le nouveau camion léger Ford pour en tirer nos premières conclusions.

Évidemment, ce qui a fait couler énormément d’encre, et ce, depuis le dévoilement du prototype Alpha au Salon de Detroit 2013, c’est l’adoption d’une carrosserie en aluminium. La nouvelle Série F devient donc du même coup la première camionnette à laisser tomber l’acier à ce niveau. Le constructeur affirme que le nouveau véhicule a perdu en moyenne 700 lbs (317 kg) grâce à cette nouvelle robe. Il faudra toutefois revérifier cette affirmation lorsque le poids des différentes versions 2015 aura été divulgué officiellement.

Rassurez-vous, le châssis demeure en acier, mais ce dernier a été modifié pour mieux résister aux impacts, il est plus léger et fait appel à plus d’acier à forte résistance. Bref, la nouveau F-150 a une excellente base.

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En matière de design, le nouveau F-150 prend des airs plus machos, son bouclier avant s’inspirant davantage de la gamme HD de la Série F. La grille de calandre dorénavant verticale prend plus de place, tandis que les phares adoptent un nouveau design en « C ». Selon la version choisie, ce museau se fait plus élégant – lire avec plus de chrome – ou plus rustique. De profil, la cabine reçoit une nouvelle découpe au niveau de la fenestration latérale. Bien entendu, le coup de crayon s’est poursuivi à l’arrière, alors que la boîte de chargement est remaniée. La portière arrière est franchement plus réussie, tandis que les feux de position font plus chics qu’auparavant.

La bonne nouvelle, c’est que l’économie de poids a permis d’introduire deux nouveaux groupes motopropulseurs sous le capot de la Série F. Le moteur d’entrée de gamme est dorénavant un V6 de 3,5-litres (le 3,7-litres ne fait plus partie des options) développant 283 chevaux et un couple de 255 lb-pi. Il est peut-être moins puissant que l’ancien V6, mais avec une masse réduite, les capacités sont tout de même supérieure. Montez en grade et vous obtenez le plus avancé de la gamme, un V6 biturbo Ecoboost de 2,7-litres d’une puissance de 325 chevaux et un couple très impressionnant de 375 lb-pi. Malgré sa petite cylindrée, celui-ci a grandement impressionné lors du lancement. Le vétuste V8 de 5,0-litres, dont la puissance est augmentée à 385 chevaux et le couple à 387 lb-pi, demeure au programme pour les amoureux du huit-cylindres. Quant à l’échelon supérieur, il est toujours occupé par le V6 Ecoboost de 3,5-litres de 365 chevaux et 420 lb-pi de couple. Évidemment, camionnette oblige, le consommateur peut choisir entre une configuration 4×2 ou une configuration 4×4, rien de surprenant ici. Quant à la boîte de transmission, Ford n’en propose qu’une seule, soit une automatique à six rapports.

Nous savons déjà que le constructeur travaille en ce moment sur une boîte à dix rapports. Se retrouvera-t-elle dans la Série F d’ici quelques années? C’est une possibilité. Quant à l’avenue diesel empruntée par la division RAM depuis quelques mois, un ingénieur de Ford a simplement ajouté que le constructeur considérait toutes les options.

Au fil des générations du modèle, la Série F s’est toujours transformée pour le mieux à l’intérieur. L’assemblage et la qualité des matériaux ont progressé depuis l’époque où les camionnettes n’étaient que des outils de travail. De nos jours, une camionnette peut aussi bien servir de véhicule familial.

C’est ce qui explique pourquoi la planche de bord est si facile à utiliser, les boutons des principales commandes étant assez gros. Évidemment, selon la version retenue, le F-150 peut être équipé d’une liste très longue d’équipement optionnel. Outre les gadgets habituels (régulateur de vitesse adaptatif, sièges chauffants, écran interactif de 8 pouces, etc.), il est maintenant possible de commander des sièges massant… à bord d’un « pickup »! Et il y a plus, les dispositifs d’aide à la conduite de Ford (système d’aide de maintien de voie, système de détection d’angle mort, système de détection de circulation en sens contraire, etc.) étant tous disponibles si votre budget le permet.

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Ce qui est ressortit de ce premier essai, c’est que la cabine n’a jamais été aussi bien insonorisée. De plus, le confort des sièges avant est à souligner, que ce soit dans la livrée XL avec les sièges en tissu ou une plus cossue avec les baquets en cuir. Derrière, ce détail peut paraître banal, mais le fait que le plancher soit plat constitue un avantage sur les autres camionnettes du segment.

Ford innove aussi derrière. En effet, sa boîte de chargement a été pensée pour s’adapter à une multitude de situations. Baptisé BoxLink, cette boîte de chargement « intelligente » n’est pas disponible sur le modèle de base, mais l’est sur toutes les autres. Celle-ci permet l’arrimage de quatre crochets en aluminium pour mieux attacher ce qui se trouve dans la boîte. En fait, Ford s’est assuré que son système était compatible avec les sangles E-Track, un standard dans l’industrie. Également disponible, un système de séparation des objets ajoute à la polyvalence de la camionnette. Quant à la fameuse marche qui permet d’avoir accès à la boîte, elle est désormais dissimulée à l’intérieur de la portière. Finalement, cette dernière peut même être ouverte à partir de la clé intelligente sur certaines versions.

Notre temps derrière le volant étant limité, nous avons surtout privilégié le F-150 équipé du nouveau V6 de 2,7-litres turbocompressé, tandis que l’autre partie de notre trajet a été effectuée à bord d’une édition XLT équipée du V6 de 3,5-litres Ecoboost. Si cette dernière s’avère toujours aussi énergique en accélération – en fait, on sent que la diète a fait du bien à ce niveau –, la nouvelle motorisation n’a vraiment aucun complexe par rapport aux deux options supérieures.

Les deux moteurs Ecoboost émettent un son pas piqué des vers, mais leur rendement impressionne vraiment. Évidemment, avec une boîte de chargement vide, n’importe quel moteur fait des merveilles. En n’essayant même pas d’économiser du carburant, j’ai réussi à enregistrer une moyenne de 10,5 L/100 km avec le 2,7-litres. Pas mal pour une camionnette dont la mécanique n’est pas encore rodée!

Ce qui me fascine avec les camionnettes modernes, c’est leur facilité d’utilisation. À l’exception du gabarit auquel il faut s’habituer, tout le reste est digne d’une berline. La direction est légère, les suspensions sont molles, l’habitacle est silencieux, même la transmission travaille sans dire un mot. Si nous n’avons pas pu essayer les camionnettes avec les remorques, nous avons au moins pu conduire le F-150 en terrain accidenté. Encore une fois, cet exercice s’est avéré un peu trop facile pour le véhicule. Il n’est donc pas surprenant que plusieurs ménages canadiens adoptent la F-150 comme véhicule familial.

Inutile de vous le rappeler, le F-150 détient le premier rang de toutes les ventes sur notre continent. Sa refonte n’a donc rien de banal. Le constructeur doit donc demeurer compétitif, surtout face aux deux autres concurrents américains. La nouvelle camionnette a-t-elle ce qu’il faut pour demeurer au sommet? La réponse est oui. Avec la batterie de motorisations disponibles et les nombreux efforts pour rendre ce mastodonte plus éconergétique, le constructeur a pris les bonnes décisions. Quant aux nombreuses technologies embarquées, eh bien, ça ne peut pas nuire.