Officiel, oui, car depuis le Salon de Detroit, soit exactement neuf mois, des versions de préproduction se pointent partout, en agace, question de faire monter la fièvre. Un peu comme la progression d’une grossesse, on en apprenait un peu plus sur le bébé à venir tous les mois.

La stratégie a fonctionné; on n’a jamais autant parlé du modèle.

Sauf que là, l’attente est terminée. La Mustang 2015, nous l’avons essayée.

Voyons de quoi il en découle.

Le succès de la Mustang repose principalement sur 2 éléments : le style et l’expérience au volant. Au cours de l’histoire, les deux ont connu des hauts et des bas. A-t-on besoin de rappeler ici l’époque de la Mustang II, apparue en 1974?

La voiture a repris du galon par la suite et est tranquillement redevenue intéressante. À preuve, qui ne s’est pas imaginé au volant d’une version à moteur 5 litres au cœur des années 80?

Depuis 2005, l’année du remodelage au style rétro, les amateurs sont gâtés. Cette réalité a ajouté une pression énorme sur l’équipe responsable d’accoucher du nouveau canasson. Le droit à l’erreur n’était pas seulement nul; il était passible d’une sentence capable de compromettre des carrières.

Dave Pericak, le chef d’orchestre du renouvellement de la Mustang, en était plus que conscient : « Nous n’avions pas le droit de nous tromper. Ça ajoute de la pression, oui, mais cette dernière est contrebalancée par l’énorme degré d’enthousiasme et l’honneur de faire partie de l’équipe responsable de créer cette icône. »

Oui, une icône; le mot n’est pas faible.

HeapMedia292835

L’une des seules voitures produites sans interruption depuis plus de 50 ans, la Mustang est plus qu’une bagnole; c’est un symbole de la culture automobile américaine. Partout sur la planète, elle compte ses adeptes. D’ailleurs, cette nouvelle cuvée sera vendue sur les cinq continents, une première. Il faut reculer jusqu’en 1968 pour trouver la dernière Mustang vendue en Europe.

Son renouvellement ne peut être un événement ordinaire.

S’il y a 10 ans, on nous présentait le modèle 2005 à l’allure rétro, il ne reste plus rien de vieillot sur la nouvelle venue. Au contraire, son design est résolument moderne. Toutefois, il respecte la tradition. En zieutant le museau, on ne peut se méprendre sur son identité. À l’arrière non plus où les feux à trois branches sont toujours de la partie.

HeapMedia292829

Même de profil, on nage en terrain connu. L’œil averti remarquera un capot plus long, ce qui ajoute à l’impression de puissance que dégage la voiture. Parlant de dimensions, une différence à l’arrière est fort notable; la voiture est plus large de 40 millimètres, mais l’écart entre les roues est plus important de 70 millimètres que sur l’ancien modèle. Enfin, la Mustang a un beau derrière.

HeapMedia292830

Du reste, je vous laisse juger quant au style, car ça demeure tellement subjectif. Chose certaine, elle fait tourner les têtes, et pas seulement ceux d’hommes aux tempes grisonnantes.

À l’intérieur, Ford a fait du bon travail. On est passé de l’acceptable au recommandable en matière de qualité de matériaux et d’assemblage. La présentation, elle aussi, est plus jolie, notamment au niveau de la console centrale. L’instrumentation est facile à consulter et l’ergonomie est au poil.

Côté confort, on découvre d’excellents baquets, des versions de base aux livrées GT, gâtées de sièges Recaro. À l’arrière, c’est du pareil au même; seuls Filopat et Patafil y seraient à l’aise (les plus jeunes, allez découvrir ces deux personnages sur Google). Le dégagement pour la tête a même été amputé de quelques millimètres au profit du style extérieur.

Enfin, en matière de technologie, cette nouvelle génération se veut plus généreuse. L’accès et le démarrage sans clef ainsi qu’une kyrielle d’aides à la conduite sont de la fête.

L’une des grandes nouveautés concernant cette nouvelle Mustang, c’est le retour d’un moteur 4-cylindres. Rassurez-vous toutefois, l’époque des petits blocs anémiques est révolue. Le moteur EcoBoost de 2,3 litres réservé au modèle développe 310 chevaux et 320 livres-pieds de couple, des chiffres qui parlent d’eux-mêmes.

Figurera aussi au catalogue un V6 de 3,7 litres qui, ironiquement, servira les modèles d’entrée de gamme. Avec ses 300 chevaux et ses 280 livres-pieds de couple, il n’aura pas à rougir. Aucune Mustang équipée de ce dernier n’était du lancement.

Enfin, la version GT sera animée du V8 de 5 litres qui avance cette fois 435 chevaux et 400 livres-pieds de couple.

HeapMedia292855

Comme c’est la coutume, des boîtes manuelle ou automatique à six rapports peuvent être choisies partout.

Un détail à savoir concernant les moteurs à 4 et à 8 cylindres; les chiffres de puissance avancés ont été obtenus avec de l’essence à indice d’octane 93.

Si l’arrivée du 4-cylindres change la donne, une modification encore plus majeure apportée à l’ADN de la Mustang marque au fer rouge le passage à cette sixième génération. Ça concerne l’essieu arrière rigide, une tradition, qui est remplacé par une suspension indépendante.

Si certains puristes crient au meurtre, il faut saluer l’audace de l’équipe de Dave Pericak. Derrière cette décision, un motif viscéral, soit l’amélioration de l’expérience de conduite.

« L’objectif qui a été donné à l’équipe est simple. La version de base de la GT, sans l’ensemble performance, devait être supérieure à la Boss 302 que nous avons introduite il y a quelques années. Pour y arriver, il était nécessaire d’y aller avec une suspension arrière indépendante », explique Dave Pericak.

La suspension avant a aussi profité d’améliorations. Au final, la rigidité de torsion du châssis est de 28 % supérieure à ce qu’elle était.

Quant à l’ensemble performance auquel Dave Pericak fait référence, il est livrable sur les versions EcoBoost et GT. Un indice pour reconnaître les voitures qui en sont équipées : les jantes sont noires.

HeapMedia292832

Connaissant maintenant ce qui sert la nouvelle Mustang, voici ce que ça donne derrière le volant.

En matinée, c’est aux commandes d’une version EcoBoost que je me suis retrouvé à sillonner les routes sinueuses et montagneuses du désert californien. Premier constat : il n’y a aucun problème au niveau de la puissance. Les départs et reprises sont prompts grâce à une belle plage de disponibilité du couple. Le seul hic, c’est le son, ou devrait-on dire l’absence de ce dernier. Pour ceux habitués à entendre le rugissement de la Mustang, il faudra s’y faire.

En revanche, l’équilibre de la voiture est franchement impressionnant lorsqu’on enfile les virages. Le roulis est limité au minimum, tout comme l’effet de plongée lors de freinages plus intenses. L’assiette demeure très stable.

HeapMedia292834

Ajoutez à cela les bienfaits de la suspension indépendante au niveau du confort et ça frise la perfection. Vraiment, on ne peut que féliciter le travail des créateurs.

Au volant de la version GT, on retrouve davantage la Mustang que l’on connaît, confort en plus. Les puristes préféreront, mais deux remarques doivent ici être passées. D’abord, je m’attendais à une sonorité gutturale de ce V8; on en est quitte pour un beau son, sans plus. Ensuite, le poids additionnel du moteur rend la maniabilité moins intéressante versus la version à moteur EcoBoost. D’ailleurs, cette dernière offre la meilleure répartition de poids jamais vue sur une Mustang, soit 52 % à l’avant, 48 % à l’arrière.

En terminant à propos de ce premier contact au volant de la Mustang, notez que le conducteur peut sélectionner, sur les versions Premium des modèles EcoBoost et GT, parmi quatre modes de conduite : normal, sport, piste et neige/humide. En gros, en modes sport et piste, la réponse de l’accélérateur est plus rapide et la direction plus ferme. En configuration piste, les aides à la conduite sont réduites au minimum, permettant ainsi quelques folies, idéalement à l’intérieur d’environnements contrôlés.

HeapMedia292838

Pour avoir jonglé avec ces modes, je peux vous confirmer leur efficacité.

Neuf mois après le salon de Detroit, l’accouchement a eu lieu. Une nouvelle Mustang est née de parents très fiers, on le devine.

La nouvelle venue est promise à bel avenir. Les faiblesses qu’elle avait ont été grandement corrigées. Elle est belle, bonne et compétente.

Au cours des prochains mois, la famille s’agrandira avec l’arrivée de la décapotable. Suivra la Shelby, sans doute.

Cette Mustang est la meilleure à ce jour, point à la ligne. Collectionneurs, réservez vos copies; on parle d’un futur classique, d’une voiture-école qui définit l’orientation des 50 prochaines années du modèle.

Gamme de prix :

V6 coupé : 24 999 $
V6 décapotable : 29 999 $
EcoBoost coupé : 27 999 $
EcoBoost Premium coupé : 33 499 $
EcoBoost Premium convertible : 38 999 $
GT coupé : 36 999 $
GT Premium coupé : 42 499 $
GT Premium convertible : 47 999 $
GT édition limitée 50e anniversaire : 52 899 $