Montréal, QC – Ceux qui suivent l’actualité automobile de manière assidue savent déjà qu’un autre véhicule entièrement électrique est en route pour notre marché. Le Kia Soul EV 2015, présenté plus tôt cette année à l’occasion du Salon de Chicago, va venir s’immiscer dans ce segment carburant à l’électricité, et ce, vers la fin de l’année en cours.

Pour nous donner une brève idée de ce qui s’en vient, l’aile canadienne du constructeur avait convié quelques membres de la presse à venir essayer un modèle de « préproduction » pendant quelques minutes. Il va sans dire que ce premier contact avec un véhicule est intéressant, mais il faudra attendre de mettre la main sur une véritable version de production pour tester ce Soul électrique de manière approfondie. N’empêche, cette opportunité valait tout de même le détour.

D’entrée de jeu, vous aurez tout de suite remarqué que le département de design n’a pas tout chamboulé en élaborant une version électrique. Pour l’instant, le constructeur va s’en tenir à trois combinaisons de couleurs, soit Blanc perlé avec toit et rétroviseurs bleu ciel métallisé, Bleu électrique avec toit et rétroviseurs blanc polaire (ma préférée) ou Argent Sterling avec toit et rétroviseurs blanc polaire. Si la demande le justifie, Kia n’hésitera pas à bonifier son choix de couleurs, c’est certain!

À l’avant, les blocs optiques habillés de ce bleu très pâle présentent également un design exclusif pour l’occasion, tandis que la grille de calandre est remplacée par un panneau, ce dernier abritant les prises de recharge (120V, 240V ou recharge rapide). Au-dessus du pare-brise, la courbe du toit, habituellement assez massive est, dans ce cas-ci, plus aérodynamique. Les jantes sont également uniques à ce modèle, idem pour les pneumatiques à faible résistance au roulement. À l’arrière, les feux verticaux ont eux aussi droit à une signature propre et, vous l’aviez sûrement deviné, le pot d’échappement habituel a disparu.

Tout véhicule « vert » se doit d’avoir au moins un détail qui le différencie des versions équipées de moteurs à combustion interne. C’est également le cas pour le Soul EV. Les jauges derrière le volant n’ont absolument rien à voir avec celles du Soul régulier, l’affichage électronique étant responsable de l’autonomie restante, de la vitesse et d’une panoplie d’informations utiles à la bonne conduite. La planche de bord, de couleur grise, est la même que celle du modèle à essence, mais le plastique de couleur blanche vient de votre bac à recyclage, les panneaux dans les portières provenant du même endroit.

Entre les deux occupants, le module regroupant le système de divertissement ainsi que les commandes de la ventilation a tout de même la particularité d’accueillir deux boutons exclusifs. Le premier – Driver Only – concentre l’énergie utilisée par le véhicule sur le conducteur uniquement dans l’unique but de réduire la consommation d’électricité en roulant. Très simple, mais efficace comme idée. En fait, il est étonnant que cette fonction ne soit pas plus répandue de nos jours. L’autre commande illustrant une petite horloge permet d’organiser la recharge du véhicule pendant la nuit ou même pendant le jour en plus de choisir les paramètres de l’habitacle avant le départ matinal. Bref, si vous êtes du genre à respecter votre routine à la lettre, le Soul EV pourra s’y conformer.

Du reste, le Soul EV conserve son habitacle familier, à l’exception d’un détail non négligeable à la deuxième rangée de sièges : le plancher est surélevé de 5 cm (ou un peu moins de 2 pouces) à cause de la présence du bloc de batteries au lithium-ion sous ce dernier. Résultat : l’espace pour les jambes est plus limité et fait en sorte que les occupants de la banquette arrière auront l’impression d’être assis sur une chaise de camping, les jambes étant soulevées quelque peu. C’est le seul prix à payer pour rouler à bord d’un Soul EV, à l’exception du montant exigé à l’achat et de l’autonomie réduite associée à une voiture électrique.

Sous le capot, le moteur à essence traditionnel laisse sa place en faveur d’un moteur électrique de 81,4 kW qui développe une puissance de 109 chevaux et un couple « électrisant » de 210 lb-pi. Kia se targue d’avoir un moteur équipé d’aimants à couches multiples, ces derniers ayant la propriété d’être plus efficaces en plus d’atténuer le cillement typique des voitures électriques. D’ailleurs, pendant ce bref essai sur la route, j’ai noté que ce bruit agaçant était moins envahissant qu’à l’habitude.

Pour transmettre cette puissance aux roues motrices avant, Kia fait confiance à un réducteur monovitesse à engrenages. Évidemment, pour alimenter le moteur à l’avant, un bloc de batteries au lithium-ion est nécessaire, celui-ci étant logé sous le plancher de la voiture. Bien entendu, le choix de cet emplacement risque d’améliorer la stabilité dans les courbes, le centre de gravité étant au plus bas. Kia mentionne également que des renforts ont été pratiqués au niveau de la batterie, ce qui rigidifie de 5,9% la caisse du Soul EV par rapport à la version à essence.

Le constructeur annonce le 0-100 km/h en 11,4 secondes et une reprise de 80 à 120 km/h en 8,9 secondes. Finalement, la vitesse de pointe serait fixée à 145 km/h, si jamais l’envie d’aller à la piste d’accélération vous prenait.

C’est bien beau tout cela, mais comment se comporte-t-il ce Soul EV? À priori, il serait facile d’affirmer que le Soul EV n’est qu’un autre véhicule électrique dans une boîte de Kia Soul, ce qui est loin d’être faux. Malgré ce changement majeur de motorisation, ce Soul EV conserve plutôt bien ses qualités de multisegment plaisant à conduire au quotidien. Doté d’une position de conduite plus élevée que celle d’une traditionnelle sous-compacte, le Soul EV est idéal pour la jungle urbaine. Bien entendu, son groupe motopropulseur est des plus silencieux – malgré ce son associé aux VE, les seuls bruits ambiants provenant des pneumatiques et de la circulation autour de soi.

La direction est très légère et pourrait bénéficier d’un peu plus de précision, mais bon, il s’agit d’un Soul, pas d’une sportive pointue. D’ailleurs, le Soul EV est livrable avec la direction ajustable; le conducteur peut donc choisir le type de fermeté qu’il désire. Au même titre que le Soul renouvelé à l’automne 2013, la suspension est calibrée pour un meilleur confort qu’auparavant et même s’il y a un peu de roulis dans les courbes abordées à vive allure, ce n’est pas trop prononcé. D’ailleurs, la faible résistance des pneus est synonyme de faible adhérence. Il est donc impossible de conduire ce Soul EV comme une sportive de haut niveau. Qu’importe, ce n’est pas sa vocation!

Les accélérations sont correctes, sans plus. Encore une fois, le Soul EV, bien que propulsé par l’électricité, n’est pas conçu pour abattre des temps records d’accélération en ligne droite, mais plutôt pour se faufiler dans la circulation lourde urbaine quotidienne.

Outre le mode D (pour « Drive ») sur la boîte de transmission, le mode B (pour « Brake Regen ») bonifie la récupération cinétique au freinage et ça paraît. Aussitôt que le pied droit délaisse la pédale, le Soul EV ralentit tranquillement, une résistance étant ressentie à l’intérieur. Cet effet est encore plus grand lorsque le mode Eco est ajouté à l’équation. Pour plus de sportivité, il faut enlever l’option Eco et rouler en mode D seulement.

Le Soul EV constitue la première offensive électrique du constructeur sur notre territoire. Le modèle profite d’une belle notoriété, tandis que le format est idéal. Bien que le prix officiel n’ait pas encore été dévoilé, Kia s’attend à un prix tournant autour des 35 000$, ce qui veut dire que le Soul EV de base, une fois le rabais gouvernemental de 8000$ appliqué, devrait se vendre le même prix qu’un Soul SX-L entièrement équipé. Bref, ce nouveau VE risque d’être compétitif face aux Nissan Leaf et Ford Focus Electric de ce monde.