Nouvelle mise à jour le 7 septembre à 17h00

Monterey, Californie — Avec ce triple dévoilement, le constructeur nippon a amorcé la première phase du lancement d’un modèle, qu’on ne pourra pas acheter avant le troisième trimestre de 2015. Une première phase qu’on pourrait qualifier de stylistique.

En effet, ce sont les formes nouvelles de cette MX-5 qui ont été présentée. Car les deux prototypes montrés en Californie n’avaient pas de moteur. Du moins, il était interdit de soulever leur capot !

Faute d’entendre la musique du nouveau moteur, le constructeur avait invité Duran Duran pour faire un spectacle au dévoilement californien, prétextant que ce groupe pop était né à la même époque que le petit roadster.

On sait cependant que le moteur de la MX-5 2016 sera un Skyactiv-G à injection directe et qu’il sera jumelé à une boîte de vitesses manuelle à 6 rapports. Ce groupe motopropulseur devrait donc s’avérer plus éconergétique que le 4-cylindres de 2,0 litres et 167 ch du modèle 2015. La puissance et le couple n’ont naturellement pas été révélés.

En outre, la position « centrale avant » (le nouveau moteur serait situé plus près du centre du modèle 2016) et la transmission aux roues arrière donneront une répartition idéale des masses entre l’avant et l’arrière (50/50), a précisé le constructeur.

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La nouvelle MX-5 aura des freins à disque aux quatre roues et une servodirection électromécanique. L’empattement de son châssis passera de 2 330 à 2 315 mm, alors que les pneus de série seront des 195/50R16 au lieu des 205/45R17 montés sur le modèle 2015 de base. Des pneus de 17 pouces figureront toutefois au catalogue du nouveau modèle.

Les nouvelles formes reprennent des éléments du style Kodo adopté pour les réalisations récentes de Mazda (CX-5, Mazda 2, 3 et 6). Bien que cette carrosserie biplace conserve les proportions du modèle antérieur, la voiture de série pèsera environ 100 kg de moins.

Rappelons qu’en juillet 2014, Mazda avait fabriqué plus de 940 000 MX-5 depuis le lancement de sa première génération, en juillet 1989. Cette voiture détient toujours le record mondial Guinness de la voiture sport à deux places la plus vendue de l’histoire. De plus, au fil de son histoire elle a décroché plus de 200 prix partout dans le monde, dont le prix de la voiture de l’année 2005 et 2006 au Japon.

Ce qui précède résume l’essentiel des informations divulguées par le constructeur lors du dévoilement californien de la MX-5 2016. Un événement que les services de relations publiques de Mazda ont pris soin d’enrober généreusement d’activités exposant une foule d’aspects, qui ont fait de ce petit roadster un mythe persistant depuis 25 ans : de multiples présentations faites par des personnalités ayant contribué à la création et au développement des premières générations; une exposition de prototypes anciens; de brefs essais routiers de MX-5 et Miata anciennes; enfin, la « cerise sur le gateau »  : une séance d’essais sur le célèbre circuit de Laguna Seca au volant de MX-5 préparées par l’école Skip Barber.

Après tout, le dévoilement jumelé au spectacle de Duran Duran ne servait qu’à exposer la presse et des invités triés sur le volet (environ 500 en Californie, autant à Barcelone et 1 200 à Tokyo) à la nouvelle carrosserie d’une automobile que les consommateurs ne pourront pas acheter avant l’été prochain. Un exercice de communication qui s’est soldé par une myriade de reportages dans la presse et des tas de « J’aime » Facebook et de micromessages sur Twitter.

Tout cela pour une automobile qui, de surcroît, ne représente qu’une goutte d’eau dans les ventes annuelles de Mazda : en 2013, le constructeur nippon n’a livré que 13 770 MX-5 à l’échelle mondiale. Un chiffre qui représente environ 1 % de la production de Mazda pour cette année-là. C’est pourtant l’existence même de ce petit roadster qui justifie l’utilisation du slogan Vroum Vroum (Zoom Zoom dans la langue de Shakespeare).

Et pourtant, la quatrième génération de MX-5 aurait bien pu ne pas exister. D’un point de vue purement comptable, la production d’une si petite quantité d’automobiles vendues à un prix moyen d’environ 30 000 $ reste discutable. Une usine d’assemblage d’automobiles fonctionnant avec deux quarts de production livre jusqu’à 600 000 véhicules par année. Dans un contexte pareil, 14 000 véhicules ne représentent guère plus qu’une semaine de production !

Il faut aussi rappeler que depuis 2006, les ventes de ce petit roadster déclinent. Aux États-Unis, un des marchés les plus importants pour cette voiture, elles sont passées de 16 897 unités en 2006 à 5 780 en 2013. Un phénomène qui a son écho au Canada, où les ventes annuelles durant la même période ont chuté de 1 582 à 554 unités.

Le « divorce » de Ford et Mazda survenu en 2008 (une alliance qui remontait à 1979) aurait également pu mettre fin à l’existence de la MX-5. Le constructeur nippon aurait-il pu supporter seul le fardeau de son renouvellement si le groupe Fiat n’avait pas proposé un partenariat ?

En mai 2012, le groupe Fiat et Mazda annonçaient la conclusion d’une entente assurant « le développement et la production d’un nouveau roadster pour les marques Mazda et Alfa Romeo, basé sur l’architecture à propulsion de la future Mazda MX-5 ».

L’entente prévoit que les deux véhicules seront fabriqués dans l’usine Mazda d’Hiroshima, au Japon, et que ces roadsters auront des styles « clairement différenciés » et des motorisations distinctes. On peut donc présumer que la décapotable que présentera Fiat (à Genève, en mars 2015 ?) ne sera pas un vulgaire clone de la Mazda, comme c’est le cas des jumelles Subaru BRZ, Toyota GT86 et Scion FR-S.

Par ailleurs, cette autre nouveauté, qui doit être en vente avant la fin de 2015, ne portera peut-être pas l’écusson d’Alfa Romeo comme on l’annonçait en 2012. Le printemps dernier, lorsque Sergio Marchionne a présenté son Plan quinquennal, il a précisé que le petit roadster se retrouverait au sein de la gamme des produits Fiat ou même Abarth. Est-ce pour en faire une remplaçante de la Fiat Barchetta vendue par Fiat de 1995 à 2005 ?

Ce partenariat assure la survie d’un mythe ! Celui d’une voiture imaginée pour prendre la succession de sportives d’une autre époque : les MGB, Lotus Elan, Triumph Spitfire, Austin-Healey; des décapotables qui ont marqué l’imaginaire de nombreux automobilistes durant des années 60 à 80.

Or, quel que soit le nom qu’elle ait porté, Miata, MX-5 ou Roadster (au Japon), la petite décapotable de Mazda est demeurée la même durant ses 25 premières années d’existence et sa quatrième génération semble l’amener dans la même direction : celle d’un « roadster britannique fiable comme les Brits n’en ont jamais fait », comme le dit l’Américain Bob Hall, celui qui a allumé chez Mazda l’étincelle créatrice devant mener à la création de cette sportive abordable conçue pour le plaisir de conduire. Voilà sans doute ce qui en a fait une icône aussi importante pour la marque nipponne que la Mustang l’est pour Ford ou la Corvette pour Chevrolet.

Photos originales : Luc Gagné