Nashville, Tennessee – Il y avait des véhicules fort intéressants au plus récent programme proposé à la presse par Nissan, soit celui mettant en relief les nouveautés du millésime 2015. Outre les populaires GTR, 370Z NISMO et Juke NISMO RS, on retrouvait aussi les Versa Note, Sentra, Maxima et Altima de ce monde, sans oublier la gamme de camions et VUS du groupe. Également sur place, quelques vieux produits Datsun que nous avons eu l’occasion de conduire.

Cependant, ce qui a vraiment retenu l’attention, c’est la présence de deux véhicules munis de moteurs Diesel : le Qashqai, un petit VUS offert sur le marché européen, ainsi qu’une version de la camionnette Frontier, spécialement équipée d’un moteur Diesel.

À n’en pas douter, Nissan est en sérieuse période d’étude; on ne nous présenterait pas ces produits pour le simple plaisir de la chose.

N’empêche, rien n’est pour acquis dans un cas comme dans l’autre, même si nous avons notre petite idée là-dessus.

Allons-y avec le Qashqai, d’abord.

Le Qashqai est offert par Nissan depuis 2007 en Europe. Le modèle de première génération, commercialisé jusqu’en 2013, a remporté un vif succès. Tellement que là-bas, c’est le plus vendu au sein de la famille Nissan.

L’an dernier, la deuxième cuvée était lancée. Cette dernière profite de la nouvelle plateforme globale de Nissan, la CMF. Celle-ci est conçue pour recevoir 14 produits différents, dont onze appartenant à la famille Renault. Chez nous, le Rogue y a droit.

En matière de dimension, même si le Qashqai peut être confondu avec le Rogue, justement, on retrouve plusieurs différences entre les deux. D’abord, le premier est légèrement plus petit que le deuxième. En Europe, Nissan voit le Qashqai davantage comme le concurrent d’un véhicule comme la Volkswagen Golf plutôt que d’un Honda CR-V, par exemple. Ensuite, esthétiquement, même si la signature est similaire, le traitement réservé aux phares et aux feux diffère, tout comme l’allure donnée à la calandre. Lorsqu’on les gare côte à côte, c’est frappant pour l’œil.

À bord, on nage en terrain connu. C’est très bien, soit dit en passant. Et, comme on peut s’y attendre, l’espace perdu du Qashqai est surtout celui réservé aux passagers arrière dans le Rogue.

Aux commandes, ce qui nous intéressait, c’était bien sûr de pouvoir mettre à l’essai ce moteur Diesel 4-cylindres turbo de 1,6 litre. La puissance avancée par ce dernier, soit 130 chevaux et 236 livres-pieds de couple à 1750 tr/min, annonce de belles choses.

À l’essai, c’est concluant. Le Qashqai offre des accélérations dynamiques et des reprises encore plus intéressantes. Il faut dire qu’à très bas régime, surtout au décollage, la combinaison moteur-boîte CVT nous a semblé quelque peu paresseuse, un peu comme si les deux s’indignaient de l’effort qu’on leur demande. En revanche, une fois lancé…

Notre essai fut d’une courte durée, ce qui exige une réserve sur le sujet, mais en somme, l’expérience de conduite s’est avérée probante. Si vous avez déjà conduit le nouveau Rogue, disons que ça se ressemble, à l’exception que le comportement du Qashqai est plus énergique.

Ce qui est bien sûr intéressant, c’est la consommation. Encore là, l’essai fut trop court pour en arriver à une cote précise, mais une médiane autour de 6,5 litres aux 100 kilomètres nous semble facilement atteignable.

Dans le cas du Frontier, l’expérience menée par Nissan était bien différente. Le véhicule essayé est en fait sorti de l’usine avec un moteur V6 à essence, lequel a été remplacé par un moteur turbodiesel 4-cylindres de 2,8 litres signé Cummins. Ce dernier, tel qu’il se présentait sous le capot de notre mulet, n’est actuellement pas commercialisé. Seul son bloc se veut éprouvé alors que d’autres moteurs Cummins en profitant se retrouvent sous le capot d’autres produits.

Ainsi, Nissan est vraiment à l’étude avec cette mécanique. Considérant l’arrivée prochaine de camionnettes intermédiaires GM munies de moteurs Diesel, les conclusions sont faciles à tirer. Nissan n’a de toute évidence pas envie de se faire damner le pion.

Quant à l’outil de travail, la puissance livrée fera sourire tous ceux habitués à tracter de lourdes charges. Si les 200 chevaux ne semblent pas excessifs, les 350 livres-pieds viennent confirmer que les capacités sont au rendez-vous.

Lors du parcours emprunté pour ce court essai, nous avons eu l’occasion de constater le caractère vigoureux du moteur; on est déjà séduits.

Mieux encore, la transmission couplée à cette mécanique compte huit rapports et porte le sceau ZF, une référence dans le domaine. Connaissant la relation étroite qui existe entre Cummins et cette dernière, on peut s’attendre à voir atterrir une boîte similaire à bord du Titan 2015 à moteur Diesel. Du moins le souhaite-t-on!

Alors, viendront ou ne viendront pas?

En ce qui nous concerne, ce n’est qu’une question de temps pour le Frontier, mais à une condition; le prix. Si le marché de la camionnette intermédiaire est prêt à se marier avec la chose Diesel, l’acheteur n’est peut-être pas enclin à se vider les poches pour la cause. Si Nissan parvient à l’offrir à prix intéressant, et surtout concurrentiel à l’offre de GM, attendez-vous à le voir arriver d’ici 18 ou 24 mois.

Dans le cas du Qashqai, rien n’est moins sûr. Le format de ce dernier, à notre avis trop similaire au Rogue, ne ferait qu’empêtrer l’offre des VUS chez Nissan qui est bien servi avec le trio Juke, Rogue et Murano. Qui plus est, si le Qashqai se pointe ici, il n’est pas certain qu’il le serait avec une mécanique Diesel.

Or, si on souhaite en vendre de ce côté-ci de l’Atlantique, son succès passera par la différence. Celle-ci exige la présence d’un moteur Diesel.

Une histoire… en fait deux histoires intéressantes à suivre.