Nashville, Tennessee – Depuis son arrivée sur le marché en 2008, le Rogue a su s’implanter de façon impressionnante. En cinq ans et des poussières, il est devenu le meilleur vendeur de la bannière japonaise au Canada, rien de moins. Chez nos voisins du Sud, il se campe deuxième, derrière l’Altima.

Malgré ses détracteurs, il a réussi à séduire la clientèle que lui avait ciblée Nissan, et dans bien des cas deux fois plutôt qu’une. En effet, 40 % des acheteurs de Rogue reviennent pour une deuxième expérience.

Une statistique qui colle le sourire aux lèvres des dirigeants de l’entreprise, il va sans dire.

Une statistique, aussi, qui a ajouté une pression supplémentaire lors de la refonte du modèle; la marge d’erreur se trouvait amincie, car en plus de l’Amérique, la nouvelle plateforme sur laquelle repose le Rogue va servir trois produits vendus par la marque à travers le monde, en plus de futurs produits Renault, le partenaire de Nissan.

Une grosse affaire pour un petit véhicule, finalement.

L’une des critiques souvent adressées au modèle de première génération, malgré le caractère subjectif de la chose, touchait son esthétisme. Sans être horripilantes, les lignes du Rogue manquaient franchement de caractère.

Voilà une chose de réglée avec cette nouvelle génération. Le coup de crayon est nettement mieux réussi alors que se dégage de l’ensemble une identité qui manquait au modèle précédent. La signature Nissan est reconnaissable, sans pour autant être calquée sur les autres produits de la marque; une bonne chose.

En matière de dimensions, seul un lynx verra la différence. Le nouveau venu est plus court de 2,5 cm, plus large de 4 cm et plus haut de 3 cm. À l’extérieur, qu’on scrute à la loupe une version S, SV ou SL, les différences, encore là, sont minimes. Les deux premières reposent sur des jantes de 17 pouces alors qu’on a réservé du 18 pouces à la troisième.

Si on a franchi un pas en avant en redessinant le Rogue, on en a fait dix en repensant l’intérieur. Là, enfin, la présentation n’est plus celle d’un produit réservé aux ligues mineures; la barre a été rehaussée, visuellement et qualitativement. La présence de matériaux au toucher plus doux domine, les espaces de rangement ont été revus (notamment pour recevoir les nouvelles générations d’appareils électroniques), l’éclairage aux DEL est de la fête, bref, une bonne impression se dégage de l’ensemble.

Au niveau de la connectivité, là aussi, la mise à jour est complète. Le nouveau système NissanConnect vise à faciliter les communications tout en diminuant leur côté distractif. Nous éviterons d’énumérer ses fonctions de façon ennuyeuse, mais disons que si vous aimez rester brancher partout, vous trouverez chaussure à votre pied.

Enfin, deux notes intéressantes. Le compartiment arrière est doté de cloisons amovibles qui permettent de configurer l’espace de rangement selon nos besoins. Au total, 18 arrangements sont possibles (voir nos photos). Enfin, une troisième rangée de sièges a été ajoutée. On s’en doute, elle ne sera pas le premier choix des adultes, mais dépannera au besoin. Cette dernière est incluse dans un groupe d’option uniquement offert sur la version SV, celle située au milieu de la gamme entre les variantes S et SL. La raison : une question d’offre et de prix.

Parlant de ceux-ci, ils seront annoncés sous peu. Nissan promet qu’ils seront très compétitifs.

Sous le nouveau capot du Rogue, on retrouve la même mécanique qui a contribué au succès du modèle de première génération, soit un 4-cylindres de 2,5 litres. Sa puissance de 170 chevaux et 175 livres-pieds de couple est demeurée la même. Aucune critique à formuler de ce côté; on ne reluque pas un Rogue pour ses performances sur la piste.

Plutôt, on opte pour lui si la consommation qu’il promet s’avère dans le coup. Et à ce niveau, le travail semble avoir été fait. Le moteur profite de petites améliorations, la transmission CVT appartient à une nouvelle génération plus efficace et l’aérodynamisme a été repensé de façon à réduire le coefficient de traînée. Tout ça devrait se traduire par des économies de 18 % à la pompe, nous promet-on chez Nissan.

Pour tout amateur de conduite, l’expérience au volant d’un modèle de première génération était l’équivalent d’une séance de torture. Le Rogue nous menait du point A au point B, certes, mais à condition de demeurer éveillé aux commandes.

Sans avoir métamorphosé l’expérience au volant du nouveau venu, on l’a rendue plus intéressante. La nouvelle direction assistée électriquement nous offre une meilleure rétroaction, notamment.

En outre, quelques systèmes d’aides à la conduite viennent faciliter la… conduite. Par exemple, l’Active Trace Control simplifie la prise de virage en appliquant les freins, au besoin et à des endroits stratégiques, si la vitesse du véhicule est trop élevée, cependant que l’Active Engine Braking augmente le régime de la transmission CVT pour aider au freinage du véhicule lors de descentes abruptes.

De petits détails, peu intrusifs, qui augmentent le niveau de sécurité. Voilà!

Pour le reste, l’acheteur de ce type de véhicule sera comblé par l’expérience au volant. Le confort est au rendez-vous, le niveau d’équipement est complet et les coûts d’exploitation du véhicule à long terme (prix d’achat, valeur de revente, économie d’essence et fiabilité) le placent de façon avantageuse dans son segment.

Le Rogue sera livrable à compter du mois de décembre. D’ici là, préparez-vous à le voir partout. Nissan lui a réservé sa plus grosse campagne promotionnelle de l’année, signe éclatant de la place qu’il occupe dans l’échiquier de la compagnie.

Considérant les améliorations qui lui ont été apportées, on peut facilement prévoir une croissance pour lui, spécialement chez nous où les véhicules utilitaires de cette taille ont la cote auprès des consommateurs.

Voilà qui permettra à Nissan de consolider sa position sur le marché canadien.