Brossard, QC – C’est au siège social montréalais que Toyota avait convié les membres de la presse automobile afin de lancer sa nouvelle Toyota Yaris 2015. Nouvelle est un grand mot, puisqu’il s’agit d’une refonte de mi-parcours, même si les gens du constructeur nous ont rappelé maintes fois que cette mise à jour était plus qu’un simple rafraîchissement.

Le lancement de cette troisième génération arrivée en tant que modèle 2012 avait eu lieu dans la Capitale nationale et voilà que le constructeur procède à nouveau à un lancement dans la Belle Province. Pourquoi, me direz-vous? La réponse est bien simple : Toyota écoule 60% des Yaris vendues au pays ici même, un marché qui, à lui seul, est responsable de 44% des ventes de sous-compactes, toutes marques confondues. Et puisque le segment des petites puces est toujours en croissance, Toyota n’a pas le choix de suivre la parade. Voilà qui explique ce changement d’envergure.

HeapMedia276121

Le département de design aurait pu se contenter d’un léger ajustement au niveau du museau, mais voilà, il en faut plus de nos jours pour impressionner la galerie. C’est ce qui explique cette rhinoplastie assez spectaculaire à l’avant, fortement inspirée de la petite Aygo vendue en Europe. Évidemment, cette nouvelle approche peut ne pas plaire à tout le monde; je vous laisse donc juger par vous-même.

Rallycross : quand des sous-compactes deviennent des supercars

Pour ma part, je trouve l’ensemble un peu trop chargé. Toyota a tout de même rehaussé l’apparence de sa petite en incorporant des phares de type projecteur sur sa livrée SE, ceux-ci étant également habillés de feux de jour au DEL. Notez également que cette version plus cossue est la seule à bénéficier de feux antibrouillard.

Si la portion avant de la Yaris 2015 suscite déjà des débats sur les réseaux sociaux, le postérieur, de son côté, est beaucoup plus réussi avec des feux redessinés qui ont la particularité d’abandonner celui pour la marche arrière, ce dernier étant dorénavant logé à la base du pare-chocs. Les jantes de 16 pouces de l’édition SE sont de nouvelle facture, tandis que le petit becquet surplombant la lunette arrière est reconduit sur cette version particulière. Du reste, la Yaris conserve sa silhouette familière, la fenestration et le profil étant identiques au modèle sortant.
HeapMedia276135

Si le contenant change passablement, son contenu reste pour le moment inchangé. En fait, sous le capot, c’est carrément le statu quo. Pendant que la concurrence modernise les motorisations en faisant grimper la puissance des engins vers le haut, tout en améliorant l’efficacité des modèles en faisant appel à des boîtes de transmission modernes, la Yaris 2015 poursuit sa route avec la même recette.

Le 4-cylindres de 1,5-litre bon pour 106 chevaux et 103 lb-pi de couple demeure en poste, tandis que le choix des boîtes de transmission est le même depuis le début du siècle. La manuelle à cinq rapports est boulonnée d’office et si ce type de boîte ne vous dit rien, il est possible de cocher l’option automatique à quatre rapports. Ironiquement, cette situation fait en sorte que la Yaris est l’une des seules voitures neuves à enregistrer de meilleures cotes de consommation avec la transmission manuelle. Interrogés au sujet de la mécanique, les gens du constructeur ont une fois de plus rétorqué que cette combinaison répondait encore aux besoins des consommateurs d’ici. En d’autres termes plus familiers : ça fait encore la job, alors pourquoi changer?

Toyota Prius c 2014 : l’essai routier

Autre élément qui change quelque peu pour 2015 : le prix des différentes versions. L’édition CE à trois portières située au bas de l’échelle passe de 14 255$ à 14 525$, celle du milieu, la LE qui compte cinq portes est moins chère de 30$, passant de 15 995$ à 15 965$, tandis que l’édition SE – roulement de tambour s’il vous plaît – perd littéralement 1600$ au passage avec un prix d’entrée de 17 655$. Donc, oui, si la tendance se maintien, Toyota devrait écouler plus de Yaris SE cette année.

Les ingénieurs ont également travaillé à améliorer l’expérience à bord de la citadine, le nombre de soudures au niveau du châssis étant plus important, ce qui rigidifie la caisse et, du même coup, rend l’habitacle plus silencieux. Et force est d’admettre que dès les premiers tours de roue, la petite livre la marchandise à ce niveau. De plus, les nouvelles barres antiroulis pleines et la nouvelle barre de torsion arrière raffermissent la suspension, une caractéristique bienvenue considérant l’état de nos routes.

Ici aussi, les gens de Toyota ont bonifié l’offre en ajoutant des matériaux de meilleure qualité sur la portion verticale de la planche de bord et au centre des panneaux de portières, tandis que les sièges avant de la version SE sont exclusifs à ce modèle.

Pour 2015, la Yaris est livrée avec plus d’équipement de base. Les bonnes vieilles fenêtres à manivelle deviennent un vestige du passé, tandis que l’écran du système de divertissement de 6,1 pouces est installé dans toutes les versions, oui, même dans la CE! Malheureusement, cet écran tactile pourtant compatible avec la navigation n’offre pas cette option pourtant si pratique. À ce niveau, la division canadienne commet une erreur à mon avis, puisque d’autres sous-compactes – même s’il s’agit des versions fortement équipées – en sont déjà dotées.

HeapMedia276109

Puisque la nouvelle voiture ne change pas drastiquement au niveau technique, il est plutôt normal que les impressions de conduite demeurent semblables à nos essais routiers précédents. Le petit moteur, sans être une foudre de guerre, accomplit ce qu’il doit faire, c’est-à-dire de transporter ses occupants sans rouspéter avec une consommation de carburant respectable. Il est vrai que ce bloc commence à dater, mais au même titre que la mécanique de la Corolla, ce petit 4-cylindres a fait ses preuves au fil des années. Il est fiable, peu gourmand et livre la marchandise. Le même commentaire peut être avancé en ce qui a trait aux boîtes de transmission, celles-ci étant assurément moins avancées que celles proposées par la concurrence. Sous le capot, il faut s’attendre à une évolution plus poussée lors de la vraie refonte du modèle dans quelques années. À moins que Toyota ne décide de prolonger la vie de ce groupe motopropulseur encore un peu.

Au risque de me répéter, la Yaris a toujours été l’une des sous-compactes les plus rassurantes à conduire et avec les derniers ajustements apportés au châssis, cette édition 2015 l’est encore plus. Mon coup de cœur va certainement à la version SE équipée de la boîte manuelle. Les pneumatiques plus grasses et les freins à disques aux quatre coins améliorant sans aucun doute la tenue de route, tandis que le prix de cette édition s’avère raisonnable pour l’équipement.

En attendant que le constructeur fasse table rase pour proposer quelque chose de réellement nouveau, la Yaris 2015 devra continuer de se battre avec les nombreux modèles concurrents. Comme vous le savez, ce segment est encore en croissance et le choix est on ne peut plus complet, ce qui représente un plus pour le consommateur, pas nécessairement pour la marque nipponne.