Détroit, Michigan — Vous cherchez un utilitaire à la mode, c’est-à-dire pas trop gros, et la marque Nissan vous tente. Vous trouvez cependant le Rogue trop volumineux, trop gourmand ou trop cher, et vous n’avez que faire de cette troisième rangée de places qu’on vous propose dans sa version SV. Quant au Juke, il paraît trop petit et son allure trop funky. Eh bien, ce printemps ce constructeur nippon offrira un entre-deux portant un nom qui fait sourire : Qashqai. Allez-y, dites-le (prononcez : cache-caille). Immanquablement, vous souriez ! Destiné au Canada et aux États-Unis, ce nouvel utilitaire à 5 places fait ses débuts aujourd’hui au Salon de l’auto de Détroit, mais avec une petite nuance : deux noms plutôt qu’un.

Pour les Étatsuniens, les stratèges de la marque on préféré opter pour le nom Rogue Sport, voulant ainsi tabler sur la notoriété du véhicule Nissan le plus vendu dans nos deux pays. Une logique diamétralement opposée à celle adoptée par leurs collègues de Toronto pour qui un nom comme Qashqai évoque distinction et exclusivité, tout en apportant à la marque la fraîcheur d’une nouveauté.

Grâce à ce véhicule, Nissan espère détourner les regards des acheteurs qui lorgnent du côté des Honda HR-V, Mazda CX-3 et autres utilitaires sous-compacts. Ce constructeur vise aussi les férus de voitures compactes à hayon comme la Mazda3 Sport et la Volkswagen Golf.

Pour y arriver, trois niveaux de dotation (S, SV et SL, le plus cossu) seront offerts, de même qu’une dotation adaptée aux attentes des acheteurs canadiens, à commencer par des sièges avant chauffants, un climatiseur, une caméra arrière, des lève-vitres électriques et un système de verrouillage à distance de série pour toutes les versions. Certaines versions auront même un volant chauffant et un démarreur à distance.

Un 4-cylindres de 2,0 L à injection directe, une évolution du moteur de la fourgonnette NV200, transmettra 141 ch et 147 lb-pi de couple aux roues avant par l’intermédiaire d’une boîte de vitesses automatique Xtronic à variation continue dotée d’un mode manuel. L’acheteur d’un Qashqai S, la version d’entrée de gamme, pourra cependant opter pour une boîte manuelle à 6 rapports de série réservée à cette version s’il ne souhaite pas verser un supplément pour la boîte Xtronic. En revanche, les trois versions pourront être munies d’une transmission intégrale réactive, contre supplément naturellement.

Bien que le Qashqai ait une silhouette similaire à celle du Rogue, ses dimensions démontrent qu’il est légèrement plus petit. En fait, ces dimensions le situent entre un Honda HR-V, plus court, et une Subaru Crosstrek, plus longue. En revanche, le nouveau Nissan partage la plateforme, les sièges avant et l’essentiel du tableau de bord du Rogue.

Contrairement à ce dernier, qui est assemblé à l’usine Nissan de Smyrna, au Tennessee, le Qashqai proviendra d’une usine de Kyushu, au Japon. Car il faut préciser que ce modèle n’est pas nouveau. En Asie et en Australie, il est appelé Dualis, alors que les Européens connaissent le nom qui fait sourire depuis belle lurette.

Les origines du Qashqai remontent à février 2004, lorsqu’un véhicule-concept portant ce nom faisait ses débuts au Salon de Genève. Le modèle de série, de la première génération, serait mis en marché deux ans plus tard. Le modèle qui sera proposé au Canada le printemps prochain est le Qashqai de seconde génération, un modèle lancé en 2013.

Fait à noter, dans un communiqué publié en 2004, Nissan qualifie le prototype montré à Genève de « nomade urbain ». Doit-on en conclure que ses concepteurs avaient été influencés, pour le choix de son vocable, par les Kachkaïs, ces nomades qui vivent dans le sud-ouest de l’Iran et dont le nom est parfois devenu Qashqai sous la plume des ethnologues? Ça, l’histoire ne le confirme pas.

La demande pour les utilitaires compacts et sous-compacts ne cesse de croître en Amérique du Nord. Dans le premier créneau, le Rogue fait très bonne figure, mais dans l’autre créneau Nissan est moins présent.

Aux États-Unis, en 2016, le Rogue a ravi la première place à la berline Altima au palmarès des ventes de la marque (329 904 Rogue vendus contre 307 380 Altima). Il a même été le 10e véhicule le plus vendu toutes catégories et toutes marques confondues. Ces scores semblent justifier la décision des stratèges étatsuniens de donner au Qashqai le nom de Rogue Sport.

Au Canada, le Nissan Rogue occupe la quatrième place parmi les utilitaires compacts, le créneau le plus important en terme de ventes après celui des camionnettes. Il est devancé par (dans l’ordre) par le Toyota RAV4, le Ford Escape et le Honda CR-V. Au sein du porte-folio de produits de Nissan Canada, son importance est encore plus grande. Les ventes de Rogue (40 055 unités) ont presque égalé à elles seules l’ensemble des ventes d’automobiles Nissan tous modèles confondus (44 107 unités). Cet utilitaire devance, et de loin, la berline compacte Sentra (14 281 unités) et l’utilitaire Murano (13 834 unités) qui occupent les deux autres marches du podium.

Par contre, chez nous comme aux États-Unis, Nissan est à la traîne dans le créneau des utilitaires sous-compacts. Les chiffres de ventes pour le Canada, en 2016, le confirment. Nissan n’a vendu que 4 442 Juke, alors que Honda a réussi a vendre 12 371 HR-V, Subaru 9 723 Crosstrek, Mazda 9 354 CX-3 et Chevrolet 9 072 Trax. Même Mitsubishi a fait mieux avec le RVR et Buick avec l’Encore. C’est sans compter les nouveautés qu’on verra bientôt arriver comme le nouveau Jeep Compass et le Ford EcoSport.

Dans ce contexte, le Qashqai arrive au bon moment : à temps pour profiter de l’engouement qui existe pour le Rogue et avant l’arrivée de futurs concurrents qui seront portés par des populaires. Naturellement, le prix jouera un rôle primordial dans le succès de cette nouveauté. Mais on ne le connaîtra pas avant quelque temps.