Détroit, Michigan — La huitième génération de Toyota Camry a fait ses débuts au Salon de l’auto de Détroit le 9 janvier dernier et elle est tout sauf… beige ! Le constructeur japonais s’est efforcé d’améliorer son apparence, sa dotation et son comportement routier pour contrer les stéréotypes courants qui stigmatisent les voitures japonaises.

Transformer l’automobile qui a été la plus vendue aux États-Unis au cours des 15 dernières années aurait pu constituer un défi de taille, mais pas pour Akio Toyoda, le président de la Toyota Motor Corporation. En présentant la Camry 2018 aux journalistes qui s’étaient massés en grand nombre dans une salle de Cobo Hall, lundi, il a affirmé qu’il s’agissait plutôt d’une « opportunité de revigorer le créneau des berlines intermédiaires » et même de réaliser une « Camry sexy » !

Selon M. Toyoda, la nouvelle Camry se distingue par « des attributs inattendus et provocants » comme, par exemple, la peinture deux tons offerte pour certaines versions haut de gamme et la sellerie de cuir rouge — oui, rouge ! — proposée pour la Camry XSE, une version à vocation sportive qu’il a même qualifiée de « très, très sexy ».

Du point de vue esthétique, la Camry 2018 se distingue par sa nouvelle calandre à doubles grilles et un capot abaissé de 4 cm. Pour la version hybride, un modèle particulièrement populaire auprès des acheteurs de voitures hybrides, on a toutefois retenu l’emblème de la marque teinté en bleu, un symbole désormais reconnu.

Par rapport à la voiture qu’elle remplace, la nouvelle Camry a une carrosserie légèrement plus longue (+9 mm), plus large (+19 mm) et moins haute (-30 mm) qui repose sur un châssis dont l’empattement a été allongé (+50 mm).

Réduire la hauteur de la carrosserie n’aurait toutefois pas diminué l’habitabilité, affirme le constructeur qui précise que, pour y arriver, il a abaissé les points d’assise des occupants devant comme derrière.

La gamme comptera cinq versions : les versions d’entrée de gamme L et LE, les versions SE et XSE au tempérament sportif et, enfin, la Camry XLE, la version la plus luxueuse.

Les Camry SE et XSE se distingueront des trois autres versions par la partie avant différente de leur carrosserie, un petit becquet coiffant le couvercle du coffre et un pare-chocs arrière à diffuseur surbaissé. La XSE aura aussi l’exclusivité de roues noires en alliage de 19 po.

Trois groupes motopropulseurs améliorés figureront au catalogue de cette berline intermédiaire. Le 4-cylindres de 2,5 L sera désormais jumelé à une boîte de vitesses ayant 8 rapports plutôt que 6. Le V6 de 3,5 L troquera l’injection séquentielle pour l’injection directe et fournira plus de couple. Enfin, le propulseur hybride aura désormais une boîte de vitesses automatique à variation continue simulant 6 rapports.

Le Toyota Safety Sense-P (TSS-P) fera également partie de l’équipement de série. Cet ensemble de dispositifs d’aide à la conduite réunit un système précollision avec fonction de détection des piétons, un régulateur de vitesse dynamique à radar, une alarme de sortie de voie avec assistance à la direction et des phares de route à changement automatique de faisceau. La dotation de certaines versions plus cossues comprendra également un moniteur d’angles morts avec alarme de circulation transversale arrière.

La Camry 2018 sera en vente au Canada à partir de l’été 2017. Comme pour le modèle qu’elle remplace, elle sera assemblée à l’usine Toyota de Georgetown, dans le Kentucky. De quoi satisfaire un certain M. Trump…

Automobile la plus vendue chez nos voisins étatsuniens, la Camry occupe la 10e position au palmarès des ventes d’autos au Canada derrière neuf voitures de taille compacte. Cela signifie néanmoins qu’elle est l’intermédiaire la plus vendue chez nous, un fait à ne pas négliger. Car, on a beau associer ce genre de grandes berlines aux gens plus âgés et aux chauffeurs de taxi, elles constituent encore un créneau important dans notre marché. Et il est clair qu’en modernisant de la sorte la Camry, Toyota a tous les atouts en main pour maintenir sa popularité.