En 1998, Wim Ouboter, un ex-banquier zurichois, fonde Micro Mobility Systems (MMS) et lance la trottinette Micro. Du coup, il engendre un phénomène social qui touche rapidement l’ensemble du marché européen, comme l’avait fait son compatriote Nicolas Hayek avec les montres Swatch, dans les années 80.

Aujourd’hui, MMS offre une gamme très diversifiée de trottinettes Micro pour adultes et pour enfants qui est distribuée dans plus de 80 pays, dont le Canada où elles sont vendues sous la marque Kickboard. De plus, on estime les revenus annuels de l’entreprise à 60 millions de francs suisses (84 millions de dollars).

Mais l’histoire ne s’arrête pas là, car l’année dernière Ouboter a innové de nouveau en lançant une trottinette à propulsion électrique : l’e-Micro qui offre une autonomie de 12 km ! Et maintenant, avec la Microlino, l’ancien banquier suisse s’attaque à une autre forme de mobilité : l’automobilisme citadin.

La Microlino a été développée en collaboration avec l’institut ZHAW (Zürcher Hochschule für Angewandte Wissenschaften ou Université des sciences appliquées de Zurich), dont une étude publiée en 2013 prédit une très forte demande pour les voitures citadines d’ici 2030.

Le projet de la Microlino a donc débuté en 2015 avec la réalisation d’un prototype construit sur la base d’une BMW Isetta 1956, à laquelle on avait remplacé le moteur à essence par un moteur électrique Linde, et d’une maquette de la nouvelle voiture, qui a d’ailleurs a été présentée au public à Paris, en septembre dernier.

Puis, fin de 2015, MMS s’est associé au fabricant chinois de voitures citadines Kandi Technologies, qui a réalisé le prototype grandeur nature de la Microlino. C’est cette voiture qu’on découvrira la semaine prochaine à Genève.

Un éventuel modèle de série pourrait entrer en production en Chine, en 2017 ou en 2018. Toutefois, il ne serait vendu que là-bas, au début du moins. MMS annonce des prix allant de 10 000 à 14 000 $.

Par rapport à l’Isetta d’antan, la Microlino est environ 10 % plus large et, donc, plus spacieuse pour ses deux occupants. De plus, son moteur électrique lui donnerait une autonomie pouvant atteindre 80 km et une vitesse de pointe de 90 km/h.

Avec un poids inférieur à 400 kg, soit 3 à 5 fois moins qu’une automobile typique, sa consommation d’énergie correspondrait à celle d’une voiture à moteur thermique consommant moins de 1 L/100 km.

Conçue pour l’autopartage et le covoiturage, la Microlino a des dimensions qui en font une citadine idéale, puisqu’il serait possible de garer jusqu’à trois de travers sur une seule place de stationnement !

L’ancêtre de la Microlino, l’Isetta, était une voiturette conçue au début des années 50 par le fabricant italien Iso SpA, un spécialiste des motocyclettes et des triporteurs à moteur également connu pour ses réfrigérateurs.

Créée pour être très abordable et petite (d’où le nom Isetta pour « petite Iso »), elle avait des dimensions très réduites et une seule porte avant donnant accès à son habitacle biplace. Elle a été lancée au Salon de Turin de 1953 où elle a causé une véritable commotion.

À cause de sa forme étrange, on la comparait à un oeuf roulant ou à une bulle sur quatre roues. Les Français lui avaient trouvé une désignation originale : le « motocoupé », alors que les Allemands la surnommaient Knutschkugel — la boîte à caresses !

L’Isetta a pourtant eu un succès très mitigé en Italie. Iso n’en a fabriqué qu’un millier avant d’interrompre la production, en 1955. Entre-temps, des licences avaient été accordées à diverses entreprises pour la fabriquer au Brésil, en France, au Royaume-Uni, en Espagne, de même qu’en Allemagne où l’Isetta sauvera littéralement BMW de la faillite.

Avec la crise économique qui sévissait en Allemagne durant les premières années de l’après-guerre, BMW, jusque-là spécialisé dans les motocycles et les voitures de luxe, dut se résoudre à produire une voiture économique destinée à un grand public. La commercialisation de la BMW Isetta, à partir de 1955, permettra au constructeur munichois d’effectuer un redressement spectaculaire.

Et pourtant, on était loin des somptueuses BMW 502 fabriquées à la même époque. La version de base initiale de cette voiturette toute en rondeurs, l’Isetta 250, disposait d’un moteur de 245 cc produisant 12 ch, alors que la version plus cossue, l’Isetta 300, disposait d’un moteur de 298 cc livrant 13 ch ! Il s’agissait de moteurs à quatre temps à refroidissement forcé dérivés du moteur de la moto BMW R 25.

Ces premières versions de l’Isetta seront néanmoins vendues à plus de 10 000 exemplaires dès la première année. Jusqu’en 1962, selon BMW, plus de 130 000 Isetta seront fabriquées.