Cette dernière, rappelons-le, propose à travers son moteur V8 de 6,2 litres une puissance démoniaque de 707 chevaux.

Et bien il faut croire que ce n’était pas assez aux yeux des penseurs chez Dodge.

Après une longue campagne pour nous annoncer l’arrivée d’une Challenger encore plus puissante, le chat est finalement sorti du sac à New York hier soir alors que la variante Demon a été dévoilée. Sous son capot, une version retravaillée du moteur ci-haut mentionné.

Sa puissance : 840 chevaux. Son couple maximal : 770 livres-pieds.

Des chiffres irréels.

Nuance, toutefois, car ces derniers sont obtenus avec de l’essence pourvue d’un indice d’octane de 100. Avec du super, comme on dit, vous devrez vous contenter de seulement (!) 808 chevaux et 717 livres-pieds de couple.

Une boîte automatique à huit rapports est responsable du passage de la puissance aux roues arrière.

Sur la piste d’accélération, car c’est là et uniquement là que pourra être exploitée l’armée de chevaux avancée par cette voiture, la Challenger SRT Demon ne mettra que 2.3 secondes pour effacer la barrière des 100 km/h. Quant à la mesure étalon du quart de mille, seulement 9.6 secondes seront nécessaires pour l’atteindre, et ce, à une vitesse ahurissante de 140 milles à l’heure, soit quelque 230 km/h.

Comparée à la version Hellcat, la Demon est plus légère d’environ 200 livres. Pour y arriver, on n’a pas fait appel aux techniques usuelles de réduction de poids comme l’utilisation de matériaux plus légers. On a plutôt décidé de retirer certaines pièces du modèle comme le siège du passager, la banquette arrière, la chaîne audio à 16 haut-parleurs et la plupart des matériaux isolants.

Pour un dollar chacun, vous pouvez faire installer les sièges manquants.

Si l’idée vous paraît folle, sachez que dans les années 60, les concepteurs de la Plymouth Road Runner avaient jonglé avec des idées similaires. On avait même pensé servir la voiture sans panneaux à l’intérieur des portières. On avait finalement accouché d’une voiture passablement dénudée. L’objectif à l’époque était de pouvoir la proposer à moins de 3000 $.

On revisite donc le passé chez Dodge avec cette Demon dont le nom, faut-il le rappeler, avait servi à désigner une version de la Dodge Dart au début des années 70.

Autrement, la voiture peut aussi être livrée avec plusieurs options qui la rendent plus civilisée pour la rue comme les sièges en cuir, des baquets chauffés et ventilés, un toit ouvrant et une chaîne audio digne de ce nom.

Oui, c’est complètement fou comme modèle.

L’ironie, c’est que cette voiture, conçue pour les pistes d’accélérations, s’avère trop rapide pour l’association qui sanctionne ce genre de courses, la National Hot Rod Association (NHRA). En fait, quiconque voudra participer à des événements tenus par l’organisme avec sa Demon devra au préalable obtenir un permis, équiper la voiture d’une cage de protection, se munir d’un casque et d’une combinaison de pilote.

Vous l’avez deviné, le moteur V8 de cette variante est le plus puissant jamais produit pour monsieur et madame tout le monde.

La version SRT Demon de la Challenger, construite au Canada, sera produite à raison de 3300 unités; 3000 pour le marché américain, 300 pour le marché canadien.

Les prix n’ont pas encore été annoncés.

Ce n’est pas avec une voiture du genre que Dodge va se faire des amis chez tous ceux qui luttent contre les changements climatiques ou qui militent pour la voiture électrique. En fait, il faut voir deux choses ici; d’abord, Dodge sait qu’une clientèle existe pour ce genre de produit et elle va titiller directement ses tripes en lui offrant un bolide complètement démentiel. Ensuite, il faut comprendre qu’on assiste peut-être aux derniers soubresauts du genre dans l’industrie automobile. Est-ce qu’une voiture de ce style pourra être offerte en 2025 ou en 2030 alors que le portrait automobile et les règles auront changé de façon significative? Juste au cas, Dodge agit maintenant.