Mont-Tremblant, QC – Le moins que l’on puisse dire, c’est que le constructeur a trouvé une façon originale de faire parler de sa voiture la plus abordable. Introduite à l’été 2014 en tant que modèle 2015, la petite Micra s’est déjà taillée une place de choix dans le cœur des consommateurs canadiens, mais voilà qu’elle sera également secondée par sa propre série de courses automobiles au courant de l’été 2015.

Ce nouveau championnat qui n’est pas sans rappeler la Coupe Toyota Echo, la plus récente dans l’imaginaire collectif québécois, a déjà fait parler de lui à travers le monde, notamment par le célèbre magazine britannique TopGear. Avant que les hostilités ne débutent à la mi-mai, Nissan Canada et JD Promotion avaient convié quelques membres de la presse automobile dans le but de faire découvrir la version de course qui, rappelons-le, commande un prix de 19 998$, clé en main.

Mais avant de vous livrer mes impressions sur ce bolide de course abordable, revenons un peu en arrière afin de se rappeler la raison d’être de cette nouvelle série de courses automobiles. Lorsque le prix de base de la Micra a été dévoilé à l’occasion du Salon de l’Auto de Toronto en février 2014, notre collègue journaliste et pilote automobile, Jacques Deshaies, a contacté la direction de Nissan Canada.

Cette idée qui mijotait en lui depuis bon nombre d’années, il pouvait enfin la réaliser si, bien sûr, les bonzes de Nissan Canada voulaient embarquer dans l’aventure. Selon l’histoire officielle, la décision de supporter M. Deshaies n’aurait nécessité qu’une quinzaine de minutes de réflexion, ce qui en dit long sur l’engouement de la division canadienne pour ce nouveau projet. Après tout, ce n’est pas tous les jours que quelqu’un vous propose de développer une voiture entièrement préparée pour la course pour une somme de 20 000$.

Depuis plus d’un an, le projet a fait son bonhomme de chemin puisque déjà 25 voitures ont été construites par l’entreprise MIA (Motorsports in Action) de St-Eustache affiliée au projet et le téléphone continue de sonner à ce qu’il paraît. D’ailleurs, l’aspect financier favorable de ce championnat de course a attiré des pilotes de tout acabit, incluant neuf recrues qui n’ont jamais pris part à une course automobile avant 2015.
Voilà une preuve de la diversité des pilotes qui prendront place sur la grille de départ de chacune des courses cet été.

Déjà reconnue comme une agréable surprise sur la route, la Nissan Micra S pouvait-elle devenir un jouet encore plus amusant en piste? Certains diront qu’il est possible de transformer n’importe quel véhicule en quelque chose de plus affuté, mais le contraire n’est pas impossible non plus.

Le constructeur avait tout de même eût la brillante idée de nous asseoir au volant d’une Micra S pour faire le trajet Montréal – Mont-Tremblant, question de nous remémorer ce dont était capable la voiture. Malgré une forte pluie sur la route sinueuse empruntée pour atteindre notre destination, la sous-compacte a encore une fois prouvé qu’il n’est pas nécessaire d’avoir 400 chevaux et une adhérence incroyable pour avoir du plaisir au volant.

Évidemment, nous ne nous sommes pas fait prier pour manier de manière énergique le levier de vitesse, tandis qu’à notre arrivée, les pneumatiques fumaient légèrement malgré la chaussée trempée. Pourtant, malgré le fait que la Micra n’est clairement pas une voiture de performance, elle peut à l’occasion accrocher un large sourire au visage de son conducteur.

Toutefois, le clou de cette présentation se trouvait au cœur du village de Mont-Tremblant, là où les bolides les plus exotiques du globe viennent s’exercer de temps en temps. Pourtant, notre jouet de piste qui nous était prêté l’instant de cinq tours du circuit ne développait que 109 chevaux, la mécanique d’origine étant intacte. D’ailleurs, l’une des conditions pour participer aux différentes courses cet été sera de courir avec un moteur entièrement d’origine. Il y a aura un contrôle technique à chaque épreuve et les tricheurs seront passibles d’amendes et même d’une exclusion de la série le cas échéant.

Le Micra de course demeure une voiture simple et peu modifiée. Une suspension NISMO a été retenue pour améliorer la tenue de route en virage, tandis que les garnitures de frein à disque à l’avant sont conçues pour résister à un traitement abusif en piste. À ce sujet, les tambours d’origine à l’arrière demeurent en place. En ce qui a trait aux jantes, c’est la compagnie québécoise Fast Wheels qui s’occupe de fournir celles-ci. Quant aux pneumatiques, elles proviennent de Pirelli.

Pour une sonorité plus authentique, l’échappement de la voiture a été modifié et croyez-moi, le résultat n’est pas désagréable à l’oreille! Pour ce qui est du reste, la Micra reçoit un siège de course, un harnais à cinq points, un filet de sécurité pour le pilote, une cage complète, un extincteur de fumée, un volant OMP ainsi que des crochets de remorquage avant et arrière.

Pour les bienfaits de la journée de presse, les trois voitures préparées étaient munies d’un deuxième siège, celui-ci étant installé pour accueillir les instructeurs recrutés par la série. Pour ma part, c’est Martin Roy qui a dû composer avec mes prouesses peu reluisantes en piste. Disons qu’à côté de ces pilotes professionnels, mon expérience en circuit fermé est minimale.

Malgré cette infériorité, je n’allais certainement pas laisser passer une telle occasion. La piste étant détrempée, il fallait donc aborder les premiers virages avec un peu de retenue, surtout considérant que les pneus requièrent quelques instants avant de monter en température. Déjà, dans les « S », l’essieu arrière voulait passer devant, mais heureusement, en modulant la pédale de droite, j’ai pu garder la voiture dans sa trajectoire. D’emblée, la fermeté de la suspension est un aspect qui rassure grandement, tandis que l’adhérence bonifiée est bienvenue. La sonorité de la voiture est très étonnante, peut-être même trop pour envisager une conduite sur la route.

Les deux premiers tours m’ont rappelé à quel point le circuit de Mont-Tremblant est technique et majestueux à la fois. Ma ligne de course n’était clairement pas à point, dans une voiture que je devais apprivoiser en très peu de temps. S’il est clair que la voiture n’a rien d’une bombe en ligne droite, son agilité en courbe est une belle surprise, même s’il y a encore un peu de roulis ressenti à la limite.

textileRef:18247186895bc5ef6f09da6:linkStartMarker:“Au final, ce bref essai en piste me confirme qu’il est possible de rendre une Micra S résolument plus agile. La version de course n’est plus légale pour notre réseau routier, mais en respectant certains aspects techniques, le jeune propriétaire avide de « tuning », le public cible de cette série monotype, peut trouver le moyen de s’amuser.
Le meilleur reste à venir toutefois alors que les différentes équipes se préparent tranquillement à aborder le Circuit du Mont-Tremblant la fin de semaine du 23-24 mai prochain.

Pour plus de détails sur la série et l’horaire des courses.(Lien Coupe Nissan Micra 2015)”:http://www.nissan.ca/micra-cup/fr/

Et, si jamais, prenez le temps de visionner ce vidéo officiel annonçant la venue de la Coupe Micra, en plus de quelques extraits des voitures en piste lors de cette journée de presse.