Aujourd’hui, les constructeurs automobiles proposent des garanties de quatre ou de cinq ans sur leur groupe motopropulseur. C’est un minimum. Dans certains cas, la couverture s’étend sur une plus longue période et peut même comprendre un kilométrage illimité.

Ce ne fut pas toujours le cas, toutefois. Jadis, les protections dont profitaient les automobilistes à l’achat d’une voiture neuve étaient pour le moins… minimalistes.

Les premières couvertures du genre pouvaient garantir une tranquillité d’esprit pour quelques mois, voire une année. En de rares cas, les garanties étaient en béton, mais ça concernait souvent des voitures de très grand luxe.

Un exemple? Dans les années 1950, une Chevrolet Bel Air 1957 vous était garantie pour 90 jours ou 4000 milles – soit à peine 6500km! Au début des années 1960, la norme était un peu plus généreuse: de deux ans ou 24 000 milles (légèrement sous les 40 000km).

De nombreuses plaintes émises par les consommateurs avaient forcé les autorités à se pencher sur la question des garanties. Le Congrès américain fut notamment pris de l’affaire. Cependant, les choses allaient demeurer aléatoires pour un bon bout de temps.

Ainsi, en 1974, Opel, alors une division européenne de GM, garantissait ses véhicules pour une année ou 12 000 milles (20 000 km). Et certains se souviendront que Volkswagen a longtemps offert une couverture de deux petites années et ce, jusqu’au cœur des années 1990.

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En 1962, toutefois, Chrysler allait à contre-courant en proposant une garantie de cinq ans ou 50 000 milles (80 000 km). C’était du jamais vu du côté des grandes marques.

L’initiative était celle de Lynn A. Townsend, alors président de la Chrysler Corporation. Le geste avait à l’époque provoqué un raz-de-marée chez de nombreux concessionnaires; les gens voulaient en savoir plus sur cette offre pour le moins inusitée.

Et les dépliants imprimés pour expliquer la couverture en détail partaient comme des petits pains chauds.

Malgré les petites exceptions qui s’appliquaient (le non-respect des bulletins de service, une utilisation inadéquate de la voiture, etc.), la garantie était bonne. Qui plus est, elle a forcé un resserrement des contrôles de qualité avant la livraison des véhicules.

Le plus difficile fut d’inculquer aux concessionnaires la mentalité derrière cette nouvelle approche…