Il y a déjà 25 ans que Richard Cayer, un résidant de La Pocatière, dans le Bas-Saint-Laurent, a eu l’idée de construire sa propre automobile. À l’époque, un ami de Cap-Saint-Ignace venait de réaliser pareil exploit et lui et son beau-frère avaient le goût de se lancer dans une aventure similaire.

Malheureusement, le projet n’a jamais abouti. En 2011, Richard a décidé de reprendre le projet seul après que son beau-frère ait vendu sa ferme. Mais ce n’est qu’en 2013 qu’il s’y est plongé entièrement: «Je suis parti de plans que j’ai trouvés sur internet pour les mesures et j’ai amélioré les choses,» d’indiquer cet ancien soudeur devenu pontier chez Bombardier Transport.

Pour réaliser sa voiture, Richard Cayer s’est inspiré d’un vieux modèle Ford T23 dont il a lui-même conçu la structure de base. La coquille du véhicule, elle, a été achetée sur eBay et il s’est chargé de la solidifier lui-même.

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Pour le moteur, il a réutilisé celui d’un de ses anciens véhicules Chevrolet.

Le reste des pièces et accessoires nécessaires au bon fonctionnement de la voiture ont été achetés auprès d’entreprises spécialisées en mécanique automobile de la région ou conçus par Richard lui-même, comme les pare-chocs, par exemple.

L’assemblage et les soudures ont tous été réalisés dans le minuscule garage derrière sa maison à La Pocatière.

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Au total, Richard Cayer a mis un bon trois ans de travail quotidien sur sa voiture. Il dit toutefois ne pas avoir compté le nombre d’heures: «Je pense avoir compté les 18 premiers jours et après ça j’ai arrêté,» d’indiquer celui qui a également été coureur automobile durant les années 1990 et 2000.

Malgré les difficultés, il n’a jamais abandonné, même s’il avoue que l’idée lui a souvent traversé l’esprit: «J’étais rendu trop loin et j’avais trop investi de temps pour abandonner. Ma seule motivation était de la finir (la voiture),» a-t-il raconté.

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Outre la conception du véhicule, l’autre exploit de Richard Cayer réside dans le fait qu’il a réussi à faire valider son véhicule auprès de la SAAQ, ce qui lui permet de le conduire sur le réseau routier québécois sans aucune restriction.

Selon lui, il s’agit là d’un processus assez complexe dans lequel très peu de «constructeurs en herbe» se rendent jusqu’au bout: «J’avais déjà fait vérifier la voiture par un premier ingénieur, mais j’ai dû en trouver un second mandaté par la SAAQ qui a fait une inspection mécanique complète. Une bonne année et demie s’est écoulée entre le moment où la SAAQ a reçu mes plans et le moment où j’ai eu son autorisation pour rouler avec le véhicule,» a-t-il expliqué.

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Immatriculée officiellement depuis à peine un mois, la voiture de Richard affiche déjà une centaine de kilomètres au compteur. L’automne étant particulièrement froid pour les balades en décapotable, il rêve donc avec impatience aux chaudes journées de l’été 2019 où il se promet de profiter au maximum de son nouveau «bébé».

_NDLR: Ce reportage a d’abord été publié dans Le Placoteux par le journaliste Maxime Paradis, qui a également signé un texte que vous pouvez lire ici et dans lequel il raconte que des Québécois qui construisent leur propre voiture et qui sont ensuite autorisés par la SAAQ à les piloter sur notre réseau routier se comptent annuellement… sur les doigts des deux mains!