Juste pour le plaisir, savez-vous combien de Hyundai Pony se sont écoulées au Canada entre 1984 et 1987? Plus de 125 000 unités! Et de ce nombre, un peu plus de 50 000 ont trouvé preneurs en une seule année: 1985.

À titre de comparaison, la voiture la plus vendue au Canada depuis près de deux décennies, la Honda Civic, s’écoule à plus ou moins 65 000 unités…

Hélas, cette sous-compacte propulsée aura aussi été la responsable de la dégringolade des ventes – et de la réputation – de l’entreprise coréenne qui, avec ses Hyundai Stellar, Hyundai Excel, Hyundai Scoupe et ses premières Hyundai Sonata, s’est rapidement vu attribuer l’étiquette de constructeur bon marché.

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Il aura d’ailleurs fallu attendre 2001 pour qu’Hyundai réussisse à atteindre à nouveau le record de ventes établi en 1985 avec sa Pony – et alors, il le faisait avec une gamme nettement plus étendue (Accent, Elantra, Tiburon, Sonata, Santa Fe).

Hormis la Chevette et l’Acadian de Pontiac, la Hyundai Pony a constitué la dernière sous-compacte à roues motrices arrière. Il ne s’agissait pas là d’un grand atout pour les acheteurs canadiens, qui commençaient à découvrir à l’époque les vertus des roues motrices avant… et qui étaient encore loin d’embrasser les vertus hivernales de la traction intégrale!

Néanmoins, avec un prix de vente qui variait entre 5000$ et 8000$, il était clair que la Hyundai Pony était vouée au succès.

Le fait qu’elle proposait une carrosserie bicorps à cinq portières constituait un avantage. Qui plus est, sa présentation intéressante et son habitacle accueillant la positionnaient loin devant les sous-compactes russes, tchèques et yougoslaves de l’époque, faisant du même coup oublier la rusticité de la mécanique.

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Mécaniquement, la voiture affichait toutefois un grand retard sur la concurrence de l’époque, évidemment constituée de la Honda Civic, mais aussi des Ford Escort, Mazda GLC/323 et Toyota Tercel.

Dotée d’un pont arrière rigide, d’une direction à billes et d’un système d’allumage à pointes, toutes des technologies archaïques, la Pony ne faisait l’envie d’aucune rivale.

Même ses deux moteurs tiraient de la patte, bien que le quatre cylindres de 1,6 litre, de 74 chevaux, proposait un couple honnête. Offerte avec un choix de boîtes manuelles (quatre et cinq vitesses) et automatique (… trois rapports!), la voiture rejoignait néanmoins un large auditoire.

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Intéressante à première vue, quoi que désuète sur le plan technique, la Hyundai Pony a toutefois montré son vrai visage en prenant – ou plutôt, en ne prenant pas d’assaut l’hiver canadien.

Nullement préparée pour passer à travers ce climat, la voiture démarrait difficilement par temps froid. Plusieurs pièces mécaniques résistaient, sans compter les baquets recouverts de vinyle, qui fendillaient dans le temps de dire: «Maudit qu’y fait frette».

Par-dessus tout, c’est la corrosion qui aura terni l’image de cette voiture. Il n’était pas rare de voir circuler des Hyundai Pony âgées d’à peine deux ou trois ans, perforées à divers endroits.

Au bout de six ou sept ans, c’était l’heure de la retraite. Oh certes, plusieurs exemplaires auront été étirés et utilisés comme minoune quelques années supplémentaires…

… comme en témoigne «notre Pony» en galerie-photos, un modèle GLS de 1986. , Mais en forte majorité, la durée de vie de la sous-compacte coréenne était fort limitée – même pour l’époque.

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Ventes canadiennes:
1984 : 25 123
1985 : 50 779
1986 : 29 884
1987 : 20 009
1988 : 774

Modèle: Hyundai Pony 1986
Version: GLS 1.6
Prix approximatif: 8 000$
Moteur: 4 cyl, (1,6 litre)
Puissance: 74 chevaux
Modèles concurrents de l’époque: Chevrolet Chevette/Pontiac Acadian, Dodge Omni/Plymouth Horizon, Ford Escort/Mercury Lynx, Honda Civic, Mazda GLC/323, Nissan Micra, Suzuki Forsa/Chevrolet Sprint/Pontiac Firefly, Toyota Tercel