Le Groupement des assureurs automobiles (GAA) a publié aujourd’hui son rapport statistique annuel sur les données d’assurance automobile, confirmant une tendance visible depuis quelques années: les coûts des réclamations augmentent, les primes aussi.

Selon le rapport, en 2017, le coût moyen d’une prime d’assurance pour une voiture de tourisme était de 564$, contre 542$ en 2016 et 532$ en 2015 — une hausse de 6% en deux ans. Du côté des réclamations, on note également une augmentation du coût moyen des sinistres entre 2015 et 2017, de 8% cette fois, passant de 3 062$ à 3 301$.

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Selon le GAA, plusieurs facteurs expliquent cette augmentation du prix des primes d’assurance: une forte concurrence au sein du marché de l’assurance automobile serait en cause, ainsi qu’une augmentation du coût des réclamations. Cette augmentation serait due, notamment… aux nouvelles technologies!

En effet, les dispositifs d’aide à la conduite, de plus en plus sophistiqués et de plus en plus présents, feraient augmenter le coût des réparations. On ajoute à cela l’augmentation du coût de la main d’oeuvre et des matériaux et on se retrouve avec un coût pour les réclamations qui surpassent le prix payé par les automobilistes.

« En 2017, pour chaque dollar de prime facturé, les assureurs ont payé 77 cents en réclamations. Si on y ajoute les frais d’exploitation, le coût total assumé par les assureurs excède les primes payées depuis 2015 », indique le directeur général adjoint du GAA, Michel Ladéroute. Ainsi, depuis deux ans, les assureurs rembourseraient le coût des sinistres… à perte.

Lorsque l’on regarde le ratio sinistre/prime, c’est-à-dire le pourcentage des primes qui sert à payer les indemnités, ce dernier était de 64% en 2008 et il est passé à 77% en 2017. Il était à son plus bas en 2010, à 59%, et augmente constamment depuis — sauf en 2014, où il a baissé d’un point de pourcentage pour atteindre 67%.

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On assiste également à une augmentation annuelle depuis 2015 de 2% de la prime d’assurance moyenne. Toutefois, selon M. Ladéroute, « en dépit de cette augmentation annuelle, la prime moyenne de 2017 correspond en dollars courants à celle qui prévalait en 2008 ». « Les Québécois sont d’ailleurs les automobilistes dont la prime d’assurance automobile est la plus basse au Canada », ajoute-t-il.

Au vu de ces données, il serait envisageable que les primes continuent d’augmenter: d’une part, l’intérêt pour les technologies automobiles n’est pas près de diminuer — on pense notamment à la présence de plus en plus importante de systèmes de conduite dits « semi autonomes ». D’autre part, l’augmentation du ratio sinistre/prime indique que les assureurs auront avantage à augmenter les montants annuels de leurs primes afin de couvrir leurs coûts.