Pour la 4e année consécutive, CAA-Québec vient de publier son palmarès des Pires routes, basé sur un sondage populaire qui n’a pas de prétention scientifique mais qui permet de sensibiliser les autorités concernées par les horreurs de notre réseau routier.

La palme 2018 revient au boulevard Gouin Est à Montréal, qui occupait déjà le 3e rang l’an dernier. Un mouvement montréalais s’est d’ailleurs clairement manifesté dans le cadre du sondage et CAA-Québec a même constaté une véritable campagne électorale (!) visant à faire sortir le vote « en faveur » du boulevard Gouin.

Même la mairesse de l’arrondissement de Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles, Chantal Rouleau, a encouragé publiquement les citoyens à voter!

Les citoyens de la Couronne Nord de Québec se sont eux aussi mobilisés pour réclamer la réparation de la Traverse de Laval, dans sa section de Lac-Beauport. Ce tronçon routier se retrouve pour la 3e fois en quatre ans dans le top 10. Il y occupe cette fois la seconde place.

Cela dit. sept autres régions apparaissent dans le top 10 du palmarès 2018, pour des routes en piètre état situées tant en ville qu’en milieu rural. La majorité font partie du réseau municipal, mais deux d’entre elles sont sous la responsabilité de Transports-Québec.

  • 1- Boulevard Gouin Est (Montréal)
  • 2- Traverse de Laval à Lac Beauport (Capitale-Nationale)
  • 3- Chemin Saint-Henri à Mascouche (Lanaudière)
  • 4- Chemin de la rivière Châteauguay à Ormstown (Montérégie)
  • 5- Route 389 – MTQ (Côte-Nord)
  • 6- Avenue Marcel-Villeneuve (Laval)
  • 7- Route de la Rivière à Grande-Vallée (Gaspésie/Iles-de-la-Madeleine)
  • 8- Chemin de la Réserve à Shawinigan (Mauricie)
  • 9- Autoroute 30 – MTQ (Montérégie)
  • 10- Boulevard Saint-Joseph à Gatineau (Outaouais)

Notez qu’une liste des pires routes a aussi été établie pour chacune des régions du Québec. Consultez-là ici.

Cette année, pas moins de 12 000 citoyens ont répondu à l’appel de CAA-Québec qui, pendant tout le mois de mai, invitait le public à voter en ligne pour identifier les pires routes de leur choix. C’est près de la moitié du nombre de votes enregistrés lors des trois premières éditions de ce sondage, ce qui démontre bien la popularité croissante de cette initiative.

« Cette mobilisation prouve que les gens tiennent à un réseau routier sécuritaire », croit Sophie Gagnon, vice-présidente communications et affaires publiques de CAA-Québec, rappelant que ce palmarès se veut une contribution populaire à l’amélioration de l’état des routes au Québec.

« On sait que le palmarès interpelle les décideurs. Et notre objectif premier ne change pas : donner une voix aux usagers du réseau afin que nos routes soient bien entretenues », ajoute-t-elle.

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Avant même le dévoilement du palmarès 2018, le ministère des Transports du Québec a annoncé, au début de juin, la reconstruction de six kilomètres de la chaussée de l’autoroute 30, près de Contrecœur.

Autre bonne nouvelle, Québec a annoncé, fin mai, une refonte de l’aide à la voirie locale, assortie d’une bonification de 50 millions $ par année. « C’est un pas dans la bonne direction, mais il faudra continuer à investir », insiste Mme Gagnon, puisque le déficit d’entretien du réseau routier s’élève à 15 milliards $!

Comme toujours, CAA-Québec a avisé par écrit le ministère des Transports et les municipalités concernées par les routes qui figurent dans le top 10. Un suivi sera effectué dans six mois auprès de ces autorités afin de savoir si des interventions ont été réalisés ou au moins prévues pour améliorer la situation.

Cette année, CAA-Québec s’était engagé à remettra 25 ¢ par vote (jusqu’à concurrence de 3 500 $) à sa Fondation en sécurité routière, pour le développement du programme des brigadiers scolaires. Chose promise, chose faite!