En 1908, un petit groupe d’hommes audacieux participe à une épreuve d’endurance destinée à démontrer la fiabilité des automobiles. C’est la Grande course, un événement d’une ampleur jamais vue visant à rallier New York et Paris en passant par l’Alaska et la Sibérie.

Demain mardi, le 19 juin, un petit groupe de férus d’histoire prendront la route à leur tour au volant de voitures anciennes aux États-Unis pour célébrer le 110e anniversaire de cette course folle dans le cadre d’un événement baptisé « 2018NYtoParis ».

En fait, c’est le 12 février 2018 que la Grande course avait commencé à Time Square, nous rappelle Jeff Mahl, organisateur du 2018NYtoParis et petit-fils du pilote qui l’avait remporté : George Schuster.

La date estivale du départ de la célébration du 110e vise sans doute à simplifier un peu les choses pour permettre aux participants de bénéficier de meilleures conditions climatiques. Car, après un départ par temps froid à New York, les participants de la Grande course s’étaient rapidement retrouvés aux prises avec la neige.

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Jeff rappelle qu’il y a 110 ans, l’automobile était encore considérée comme une curiosité réservée aux bien nantis et sa fiabilité n’était pas à toute épreuve. Les organisateurs de la Grande course souhaitaient changer cette perception en réalisant un événement qu’on croyait impossible à réaliser.

« Henry Ford et Ransom Eli Olds avaient refusé d’y participer », rappelle Jeff. « Cependant, lorsque le président Teddy Roosevelt a appris que des équipages de France, d’Italie et d’Allemagne allaient prendre le départ à Time Square, il a tout fait pour qu’il y en ait aussi un des États-Unis. »

Quelques jours avant le début de la course, en février, une inscription de dernière minute parvient aux organisateurs. Un équipage conduisant une Thomas Flyer, voiture fabriquée à Buffalo dans l’État de New York, va participer. La voiture sera conduite par un dénommé Schuster, le meilleur technicien de ce constructeur qui fabrique des automobiles depuis 1900.

Au total, six équipages prennent le départ, mais seulement trois terminent cette course où ils sont soumis à des blizzards, des bandits, de la nourriture de piètre qualité et… l’absence de route pour l’essentiel des quelque 35 000 km qu’ils parcourent. Schuster arrive le premier au volant de sa Thomas Flyer 169 jours après le départ.

L’événement qui aura lieu cette année célébrera l’esprit de la Grande course sans neige, ni bandit toutefois. D’ailleurs, l’itinéraire du 2018NYtoParis qui devait avoir deux étapes — les États-Unis, puis l’Asie et l’Europe — n’aura finalement que la première. L’instabilité politique engendrée par la Corée du Nord plus tôt cette année a imposé le report de la seconde étape, affirme Jeff.

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Les équipages qui célébreront ce 110e anniversaire quitteront donc New York le 19 juin pour arriver à Oakland et San Francisco le 5 juillet.

Plusieurs arrêts sont prévus pour cet événement qui n’a rien de l’expédition originale, admet l’organisateur. Ce sera plutôt une randonnée historique avec des étapes quotidiennes d’environ 500 km tout au plus. Des tronçons nettement plus longs que ceux parcourus par les participants de la Grande course, il y a 110 ans.

Les équipages, qui conduiront deux Ford Modèle A 1929, une Packard One Sixty 1941, une Mustang 1965 et un roadster Plymouth 1928, feront des arrêts dans plusieurs villes importantes des États-Unis parfois pour souligner l’anniversaire en des lieux significatifs comme, par exemple, le musée Pierce Arrow à Buffalo, dans l’État de New York.

Plus tard, au Wyoming, ils feront un arrêt aussi à l’hôtel Plains de Cheyenne pour partager un repas composé des plats offerts aux participants de la Grande course, le 8 mars 1908 !

L’organisateur a aussi prévu un incontournable arrêt au National Automobile Museum de Reno, au Nevada, où se trouve la Thomas Flyer que conduisait son grand-père.

On pourra suivre la progression des équipages de cet événement en consultant le blogue du 2018NYtoParis.