Les Québécois sont bien au courant que les canettes et les bouteilles consignables peuvent être rapportées en échange de quelques sous, qui peuvent par la suite servir à quelque fin que ce soit: acheter de la nourriture, sortir au cinéma, payer son billet de métro, etc. À Istanbul, une nouvelle mesure destinée à favoriser le recyclage coupe les étapes intermédiaires: les canettes et bouteilles rapportées servent directement à obtenir des crédits de transport en commun.

Selon ce que rapporte le New York Times, cette mesure, implantée au cours du mois d’octobre, vise à faire d’une pierre deux coups: diminuer la quantité de voitures sur les routes tout en incitant la population stambouliote à recycler davantage.

Car à cet égard, le portrait n’est pas des plus réjouissants: Istanbul, ville de plus de quinze millions d’habitants, se trouve parmi les trois villes européennes qui produisent le plus de déchets domestiques et commerciaux, et elle se trouve en queue de peloton dans la région en termes de recyclage.

C’est donc pour contrer ce problème que la ville a décidé d’implanter une mesure hors du commun: à la station de métro I.T.U.-Ayazaga, située en plein coeur du quartier financier, une machine a été installée afin de comptabiliser les bouteilles et canettes rapportées par les utilisateurs et convertir ces retours en crédits de transport en commun.

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À titre d’exemple, une bouteille de plastique de 330 mL rapporte 2 kurus, l’équivalent turque du sou noir, alors qu’une canette de 500 mL en rapporte 9. Il faut 100 kurus pour faire 1 lire et un billet individuel de transport coûte 2,6 lires. C’est donc dire qu’il faut environ 29 canettes pour obtenir un billet de métro… ou 130 bouteilles de 330 mL.

S’il n’y a présentement qu’une seule machine permettant de faire cette transaction, la ville compte bien en implanter davantage. Selon la municipalité, c’est une centaine d’autres machines qui devraient être implantées prochainement dans environ 25 lieux, incluant des stations de métro, certes, mais aussi des écoles et des universités.

Istanbul n’est pas la seule ville à tenter ce pari: sur l’île de Java, en Indonésie, une mesure similaire a été mise sur pied dans la ville de Surabaya. Là-bas, un billet d’autobus coûte 5 bouteilles ou 10 gobelets de plastique, qui peuvent être échangés à la station… ou directement dans l’autobus.

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La compagnie de transport estime qu’un autobus peut accumuler jusqu’à 250 kg de plastique en une seule journée. Ces bouteilles sont par la suite vendues aux enchères à des compagnies de recyclage et les profits reviennent à la compagnie, afin de financer ses opérations, ou encore à l’implantation d’espaces verts un peu partout à travers la ville.

Selon une étude citée par Reuters, l’Indonésie serait le second contributeur mondial de polluants plastiques dans les océans, après la Chine. Qui plus est, la ville de Surabaya, seconde plus grande ville d’Indonésie, fait face à de graves problèmes de congestion routière.

Il s’agit pour l’instant de la première ville d’Indonésie à avoir implanté une telle mesure, mais il y a lieu de croire que d’autres villes, en Indonésie ou ailleurs, pourront lui emboîter le pas… à l’instar de la métropole turque!