Cette semaine, c’est une exposition handicapée de plusieurs poids lourds qui aura lieu. Volkswagen, Ford, Nissan, Volvo, Mazda, Mitsubishi, Jeep, Fiat et Alfa Romeo ne seront pas du Mondial de l’automobile de Paris. Au total, ces marques représentent pourtant 40% du marché français.

L’événement automobile le plus fréquenté sur la planète qui s’amorce cette semaine est en perte de vitesse, à l’image des autres salons du genre déjà bien établis. Outre Paris, le Salon de l’auto de Détroit a également annoncé, un peu plus tôt cet été, qu’il se déplacera du début janvier au mois de juin à partir de 2020.

L’exposition qui était autrefois la vitrine de choix pour les groupes automobiles tant nord-américains qu’étrangers se cherche une nouvelle raison de vivre, maintenant que la ligne est de plus en plus brouillée entre le secteur automobile et le monde de la technologie au sens plus large.
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Plus d’un constructeur préfèrent lorgner du côté des événements techno comme le Consumer Electronics Show, à Las Vegas, ou le Mobile World Congress, à Barcelone, pour faire valoir leurs innovations sur quatre roues, et boudent les salons de l’auto plus traditionnels.

Préférant voir le verre à moitié plein, les organisateurs du Mondial de Paris réorientent eux aussi leur événement vers ce qui semble être le futur de l’automobile, soit un monde où la voiture n’est qu’un maillon dans une chaîne plus complexe de mobilité tous azimuts: véhicules autonomes, vélos et trottinettes en libre-service, transports en commun, etc.

«On fête les 120 ans et on fête l’année une du renouveau du Mondial», résume son commissaire général, Jean-Claude Girot, en entrevue avec l’AFP.

Ce renouveau est généralisé. Même chez nous, les gens derrière le Salon de l’auto de Montréal parlent de la nécessité de «se renouveler». Ces événements qui servaient jusqu’ici d’outils de vente et de marketing directs doivent trouver une nouvelle vocation, à l’heure des webdiffusions en direct et du placement de produits dans des univers virtuels.

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Pas pour rien si Mercedes-Benz, notamment, diffuse en direct ses dévoilements sur sa chaîne YouTube et sur les réseaux sociaux. Plutôt que d’inviter une poignée de médias qui relaieront la nouvelle, la marque allemande peut ainsi rejoindre directement un auditoire potentiel sur-mesure.

D’autres vont carrément lancer leurs nouveaux produits sur des pistes de course… virtuelles. C’est ce qu’ont déjà fait Audi et BMW, préférant des jeux vidéo de simulation de course automobile à des stands aux centres de congrès habituellement réservés à ce type d’événements pour présenter des véhicules dans leur environnement naturel… bien que virtuel.

Bien malin qui, face à tout ça, pourra prédire l’avenir du Mondial de l’auto de Paris et des autres expositions du genre partout sur la planète. Avec une génération montante de consommateurs préférant leur Xbox à une véritable voiture, il n’est pas surprenant de voir le rôle des salons de l’auto remis en question…