Vous êtes grand patron d’une multinationale, homme d’État ou simplement milliardaire et vous avez recours aux services d’un chauffeur pour vous déplacer. Alors, la Toyota Century 2018 est pour vous, du moins si vous résidez en sol japonais. Cette berline de prestige, monument cinquantenaire de la marque, a fait peau neuve tout en conservant cette magnificence discrète qui lui est propre.

La commercialisation de ce modèle de troisième génération vient tout juste de débuter au Japon. Comme ses devancières, sa silhouette conservatrice cache un luxe et un raffinement discrets, ce qui paraît contradictoire lorsqu’on connaît son prix mirobolant: 19 600 000 yens (un peu plus de 235 500 dollars canadiens). Mais voilà, on ne badine pas lorsqu’il est question d’un monument au Pays du soleil levant.
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Cette nouvelle Century remplace une berline lancée en 1997, qui avait succédé au modèle original lancé trente ans plus tôt. C’était l’année d’Expo 67. Cependant, cette première voiture d’apparat de Toyota n’était pas présente au pavillon du Japon, dans l’île Sainte-Hélène. Elle a fait ses débuts au Salon de l’auto de Tokyo qui ouvrait ses portes le 26 octobre 1967 (photo ci-dessous), trois jours avant la clôture de l’exposition universelle montréalaise.

Équipée d’un V8 de 3,0 litres et 150 chevaux, elle paraissait imposante au coeur du kiosque de la marque aux côtés de la Toyota Corolla présentée l’année d’avant, cette puce chétive animée par un 4-cylindres de 1,0 L crachant tout juste 45 ch. Le constructeur avait baptisé ce nouveau porte-étendard Century puisqu’il soulignait le 100e anniversaire de naissance de Sakichi Toyoda, l’homme à l’origine du groupe Toyota.

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Cinquante ans plus tard, c’est au même salon que Toyota a levé le voile sur cette nouvelle Century, six mois avant l’amorce de sa mise en marché.

Or, des décennies se sont écoulées, mais la formule est demeurée la même. Construite à la main, cette berline s’apparente à une oeuvre d’art. Par exemple, sa peinture Noir éternel à sept couches, une des quatre couleurs de série, subit trois ponçages humides successifs selon une méthode traditionnelle japonaise pour lui donner un lustre profond et la brillance d’un miroir. Quant au phoenix qui orne l’écusson fixé à la grille de la calandre, un artisan prend six semaines à graver ses formes.

L’empattement du châssis de cette nouvelle voiture qui, à 5,3 m, est plus longue qu’une Lexus LS 500h, a gagné 65 mm par rapport à sa devancière. Cela a permis d’accroître le dégagement au niveau des jambes pour assurer plus de confort aux passagers arrière. Dans le même esprit, le dégagement vertical a également été augmenté, alors que le seuil des portières a été rogné de 15 mm pour faciliter l’embarquement.

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Face aux deux « fauteuils » qu’on retrouve à l’arrière, dont celui du « maître », à gauche (c’est une voiture à conduite à droite), qui s’incline et procure le confort de ses fonctions de massage, on ne retrouve cependant qu’un seul écran (de 11,6 po) pour le système multimédia. Les concepteurs de cette Century se sont gardés d’en incorporer aux appuie-têtes avant. Cela n’aurait pas été de bon ton ! En revanche, les mélomanes apprécieront la chaîne audio qui a « 20 haut-parleurs disposés stratégiquement », nous apprend le constructeur.

Pour entraîner cette voiture qui pèse près de 2,5 tonnes, Toyota a recours au groupe motopropulseur hybride qu’utilisait la Lexus LS 600h : un V8 de 5,0 litres jumelé à deux moteurs électriques qui, ensemble, livrent une puissance nette de 431 chevaux.

Dans son communiqué, Toyota précise, par ailleurs, qu’on entrevoit fabriquer 50 Century par mois à l’usine Hagashi Fuji de la Toyota Motor East Japan, une filiale du groupe. Le Japon ne manque pas de gros bonnets !

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