Ce sont 2 430 000 hybrides de Toyota qui font l’objet d’un rappel chez les concessionnaires à travers le monde, dont la plupart sont des modèles Toyota Prius assemblés entre le mois d’octobre 2008 et de novembre 2014, soit sur une période de six ans.

Au total, 1,25 million d’automobilistes japonais sont touchés, quelque 830 000 en Amérique du Nord (chiffres canadiens à venir) et environ 290 000 en Europe.

Ce qui est ironique et plutôt rare, c’est que les véhicules concernés ont déjà fait l’objet d’un rappel en 2014 à propos du même problème. Une réparation avait été effectuée, mais une situation non anticipée découlant dudit problème serait survenue.

En cas de mauvais fonctionnement du système hybride de la voiture (lors du transfert d’électricité de la batterie vers les moteurs électriques), un dispositif s’enclenche pour avertir le conducteur de l’ennui que rencontre la voiture. L’auto peut alors circuler pendant un certain temps dans un mode sécuritaire, question de permettre au conducteur de prévoir un arrêt sans danger.

Or, dans certaines situations que le constructeur assure être rares, le dispositif d’avertissement cesse de fonctionner et la voiture ne se met pas en mode de sécurité. Conséquemment, elle peut cesser de fonctionner sans avertissement, entraînant du coup une perte de vitesse importante. Sur l’autoroute, une décélération marquée peut drôlement augmenter les risques d’accident. Notez que la servodirection et les servofreins continuent de fonctionner.

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Le risque a beau être minime comme le mentionne Toyota, il est néanmoins très sérieux. En Californie, Kathleen Ryan, racontant sa mésaventure à l’émission CBS This Morning, disait que «l’expérience avait été terrifiante. C’est comme si quelqu’un avait enclenché le frein d’urgence. Je ne croyais pas ce qui se produisait ; tu pèses sur l’accélérateur et rien ne se produit.»

Kathleen Ryan est propriétaire d’une Toyota Prius 2010.

Toyota serait au courant de trois cas similaires au Japon, mais elle se montre avare de commentaires à propos d’incidents qui se seraient produits ailleurs dans le monde, stipulant qu’il était difficile d’obtenir des certitudes.

Par ailleurs, toujours en Californie, le propriétaire de deux concessions Toyota, Roger Hogan, poursuit le constructeur pour 100 millions de dollars, alléguant que la réparation effectuée lors du rappel de 2014 n’a pas réglé le problème.

Il a même mis en quarantaine une cinquantaine de modèles visés par le rappel et refuse obstinément de les vendre, laissant du coup un million de dollars d’inventaire «dormir» dans sa cour. Il explique avoir été témoin d’une centaine de cas de clients qui ont rapporté des Toyota Prius présentant le problème pour lequel est effectué le plus récent rappel.

Et, pour Roger Hogan, ce qui sent mauvais dans cette affaire, c’est que la pièce défectueuse coûte 3000$ à remplacer, contre seulement 80$ pour une mise à jour du logiciel. Il accuse Toyota de ne pas avoir la sécurité des consommateurs à coeur.

Du côté de Toyota, on prétend bien sûr l’inverse et on mentionne que la réparation prévue sera efficace et que ses véhicules demeurent sécuritaires.