Chose certaine, ces deux options protègent la valeur de votre voiture contre la dépréciation. Quand on sait que celle-ci peut équivaloir à la moitié du coût initial en aussi peu que trois ans, l’intérêt d’une telle protection est évident… en autant qu’on soit prêt à la payer.

L’assurance auto de base couvre la valeur réelle de votre véhicule au moment du sinistre (si vous êtes assuré pour vos propres dommages, bien sûr). Vous avez payé votre voiture neuve 30 000 $? Après quelques années, elle vaudra peut-être 10 000 $ et c’est ce montant que l’assurance vous paiera si vous la « scrapez ».

En revanche, tant l’avenant valeur à neuf (FAQ No 43) que l’assurance de remplacement (FPQ No 5) vous garantissent une indemnité couvrant l’achat d’un véhicule neuf du même modèle ou possédant les mêmes caractéristiques. Et si votre voiture est récupérable à la suite de l’accident, les pièces endommagées qui ne peuvent êtres réparées seront remplacées par des pièces neuves.

Seul un courtier ou un agent en assurances, reconnu par la Chambre de l’assurance de dommages (ChAD), peut vous offrir et vous vendre l’avenant valeur à neuf, qui viendra alors s’ajouter à votre police d’assurance de base.

Il peut aussi vous proposer l’assurance de remplacement, qui est un contrat distinct de votre protection de base, mais c’est généralement le concessionnaire automobile qui vous offrira cette garantie. Notez que, contrairement à l’agent ou le courtier, l’employé d’un concessionnaire n’est pas autorisé à comparer les deux produits et à vous conseiller à cet égard.

Premier conseil à retenir: il est inutile de se doter des deux protections. Vous n’obtiendrez pas deux nouvelles voitures si la vôtre est une perte totale!

Pourtant, selon un sondage mené en 2017 pour la Chambre de l’assurance de dommages, près du quart (22%) des Québécois qui avaient acheté ou loué une voiture neuve dans les cinq années précédentes avaient souscrit aux deux types de couverture : une erreur qui pouvait représenter jusqu’à 1700 $ payés en trop sur cinq ans!

Donc, si vous avez déjà souscrit à une assurance de remplacement chez le concessionnaire, pas besoin de l’avenant valeur à neuf de votre assureur. Et inversement, si vous avez prévu ajouter l’avenant FAQ No 43 à votre police d’assurance auto, déclinez la proposition qu’on vous fera chez le marchand de voitures.

Cela dit, vous avez le droit de changer d’idée. Vous disposez de dix jours pour résilier sans pénalité une assurance conclue chez le concessionnaire. Si vous le faites plus tard, des frais de résiliation s’appliqueront. Pour mettre fin à l’avenant valeur à neuf à un autre moment qu’au renouvellement annuel de votre prime, vous ne paierez que pour la période où vous avez été couvert.

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«Les deux protections comportent des nuances importantes à évaluer dès la prise de possession de son véhicule», rappelle la ChAD. Il faut donc d’abord se questionner sur ses besoins, notamment à l’égard de l’indemnisation en cas de sinistre.

Par exemple, selon le même sondage de la ChAD, 37% des assurés souhaiteraient obtenir une indemnité en argent en cas de perte totale de leur véhicule. Cette option n’est pourtant offerte qu’avec l’avenant valeur à neuf et plusieurs l’ignorent. Avec l’assurance de remplacement, vous devrez obligatoirement acheter un nouveau véhicule, quitte à payer un supplément si vous optez pour une modèle plus coûteux.

Passons en revue quelques autres différences entre les deux produits:

Avec l’avenant valeur à neuf (FAQ No 43)

  • La protection s’étale en général sur trois à cinq ans. Elle est renouvelable chaque année et la prime augmente progressivement
  • La prime est basée sur la valeur du véhicule, votre dossier de conducteur et les autres critères habituels des assureurs
  • La protection n’est pas transférable puisqu’elle est liée à votre assurance auto personnelle
  • Lors d’une réclamation, il y a généralement une franchise à payer
  • À la suite d’un sinistre, si vous choisissez l’indemnité monétaire, l’assureur versera le moins élevé de ces deux montants : le prix payé pour le véhicule ou son prix courant au jour de l’achat

Avec l’assurance de remplacement (FPQ No 5)

  • La protection peut s’étaler jusqu’à huit ans
  • La prime, basée sur la valeur du véhicule sans égard au dossier de conduite, est fixe et convenue au départ pour toute la durée du contrat
  • Au moment d’établir le contrat, le concessionnaire est tenu de vous offrir deux choix pour l’éventuel remplacement du véhicule : chez lui, le marchand d’origine, ou chez un concessionnaire de votre choix. (À cet égard, les concessionnaires ont récemment été rappelés à l’ordre par l’Autorité des marchés financiers)
  • La prime peut être intégrée aux versements mensuels pour l’achat du véhicule
  • La protection n’est pas transférable en cas de vente du véhicule
  • Lors d’une réclamation, si vous devez payer une franchise à l’assureur principal du véhicule, elle est remboursée

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Au-delà des nuances qui différencient les deux types de couverture, le coût de la prime est sans doute l’élément déterminant qui vous convaincra d’abord de souscrire ou non à une telle protection, et ensuite de choisir une des deux options.

De façon générale, l’assurance de remplacement est nettement plus coûteuse. Mais puisque votre dossier de conducteur est pris en compte pour l’avenant valeur à neuf chez votre assureur, peut-être que la facture sera plus élevée là aussi, si vous êtes loin d’être un modèle sur la route…

Selon la Chambre de l’assurance de dommages, la prime pour l’avenant valeur à neuf (FAQ No 43), bien qu’elle augmente chaque année, peut totaliser entre 500 $ et 1000 $ pour la période maximum de cinq ans.

Quant à l’assurance de remplacement (FPQ No 5), la prime moyenne s’élevait en 2017 à 1846 $ pour une période de cinq ans, lorsque vendue par un concessionnaire. La facture était cependant plus basse d’environ 650 $ si cette assurance était contractée auprès d’un agent ou d’un courtier.

La principale leçon à retenir : prenez le temps d’évaluer vos besoins et les différences entre les deux options. Consultez à ce sujet les sites web de l’Autorité des marchés financiers, de la Chambre d’assurance de dommages et de CAA-Québec.

D’une façon ou l’autre, ce type de protection est un investissement que vous apprécierez si vous avez la malchance de perdre votre voiture dans un accident, quelques années après en avoir fait l’acquisition. Comme pour toute assurance, il y a une forte possibilité que vous n’en profitiez jamais… Mais c’est le prix à payer pour avoir l’esprit tranquille!