Évaluations

8.0

Cadillac XT4 2019: 4 raisons de l’acheter et 3 raisons de passer à côté

Par Daniel Rufiange

20 septembre 2018

Cadillac, la division haut de gamme de GM, s’immisce à son tour dans une catégorie de marché où d’autres ont déjà eu la (bonne) idée d’y prendre place: celui des VUS compacts de luxe.

Aux Acura RDX, Audi Q3 et Volvo XC40 de ce monde s’ajoute donc un autre véhicule au nom… inodore, incolore et insipide: le Cadillac XT4 2019.

Et puisqu’il arrive tardivement dans un match déjà bien entamé, le Cadillac XT4 doit pouvoir bousculer des joueurs établis.

C’est comme une recrue à l’entraînement des Canadiens de Montréal: il doit s’imposer pour faire sa place. Le fait-il?

Avantages et inconvénients

  • + Style distinctif et réussi
  • + Puissance du moteur 2,0 litres
  • + Tenue de route
  • + Rapport équipement/prix
  • - Freinage qui manque de mordant
  • - Direction peu communicative
  • - Présentation intérieure
  • - Transmission automatique
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  • Description détaillée

    Seattle, Washington – On a l’impression d’être redondant quand on vous mentionne que les acheteurs raffolent des VUS, mais que voulez-vous, c’est la réalité. Lorsqu’un constructeur en propose un nouveau, on assiste à des résultats immédiats au chapitre des ventes. Il se vend désormais plus de VUS que de voitures. C’est comme ça.

    Facile de comprendre, alors, pourquoi c’est la multiplication des pains jusque chez Cadillac, avec le nouvel utilitaire XT4 qui vient se loger sous le Cadillac XT5. Qu’en est-il de ce dernier-né ? Nous nous sommes rendus dans la région de Seattle afin de le mettre à l’essai et…

    … puisque rien n’est parfait dans ce bas monde, voici quatre raisons qui justifient son inscription sur votre liste d’achat, mais aussi trois raisons de nature à vous inciter à considérer autre chose.

    1) Les fleurs, d’abord: le style

    Il faut savoir rendre à César ce qui lui appartient: depuis que Cadillac a entrepris un virage jeunesse avec la berline CTS en 2003, le style des modèles de la marque s’est transformé et il s’est sérieusement raffiné avec le temps. Si bien qu’il est franchement abouti aujourd’hui et, qu’il plaise ou non, il permet à la bannière d’offrir quelque chose de différent.

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    Tous les constructeurs rêvent de ça, et spécialement dans le marché de la voiture de luxe, là où l’image fait foi de tout. Ici, Cadillac a un beau petit joyau.

    2) La gamme de prix: Cadillac a compris

    On a beau se trouver dans une catégorie de véhicules dits de luxe, on est face à un modèle d’entrée de gamme et à ce chapitre, l’offre de Cadillac est intéressante: le XT4 est livrable en trois versions, soit (les prix incluent les frais de transport et de préparation):
    - Luxury (39 900 $)
    - Premium Luxury (48 295 $)
    - Sport (48 295 $)

    La clef, c’est la facture sous la barre psychologique des 40 000 dollars – et Cadillac l’a bien compris.

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    8.0Très bien
  • Technologie

    3) Un CUE amélioré – yé!

    Lors de sa sortie au début de la présente décennie, le système CUE de Cadillac (Cadillac User Experience) offrait tout sauf une expérience agréable. Inutilement compliqué, il rappelait la complexité des premiers dispositifs iDrive de BMW du… milieu des années 2000.

    La bonne nouvelle, c’est qu’on a simplifié les choses, si bien qu’on ne passe pas son temps à blasphémer pour trouver la façon d’exécuter des tâches sommaires.

    Du travail reste à faire – comme de ramener certaines fonctions sous forme de boutons plutôt que de les conserver cachées derrière un menu – mais Cadillac n’a plus le pire système multimédia dans l’univers des véhicules de luxe.

    C’est une consolation.

    (NDLR: Si vous vous demandez lesquels dispositifs d’infodivertissement sont actuellement les pires du marché, lisez-nous ici.)

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  • Conduite

    4) Tenue de route: rien à envier aux concurrents

    Une fois au volant, même si deux éléments nous ont sérieusement irrités (voir plus bas), il nous faut souligner la tenue de route solide du Cadillac XT4.

    L’utilitaire est doté d’organes suspenseurs améliorés et d’une panoplie de technologies qui rehaussent l’expérience. Clairement, le nouveau venu profite de bonnes bases et ça se traduit par un comportement qui l’est tout autant.

    On ira même jusqu’à dire que la recrue n’a rien à envier à ses concurrents. Lorsqu’à l’étape de la comparaison, la différence entre le rendement de l’un ou de l’autre vis-à-vis du Cadillac XT4 ne sera pas majeure au point de reléguer le représentant américain aux ligues mineures.

    Plutôt, ce sera plus une question de goûts et de préférences du côté de l’acheteur. Voilà qui nous fait dire que Cadillac a réussi à hausser son jeu d’un cran pour offrir un produit qui… tient la route.

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  • Valeur

    Le pot (les pots, en fait…)

    1) Moteur/transmission: mauvais mariage

    Cadillac avance ce qu’il qualifie de nouveau moteur quatre cylindres turbo de 2,0 litres, mais on va s’entendre ; le constructeur ne fait que continuer de raffiner un bloc qui œuvre au sein de la famille depuis un certain temps déjà.

    Cet organe, au service du XT4, propose 237 chevaux et 258 lbs-pi sur un plateau d’argent à compter de 2000 tours/minute. Pour ceux et celles que ça intéresse, sachez que 97% de ce couple demeure livrable jusqu’à 5000 tours/minute.

    Ou dit autrement, le moteur ne s’essouffle pas. Du fait, il n’y a rien à redire sur ses capacités.

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    Cependant, le mariage avec la boîte automatique à neuf rapports est tout sauf harmonieux. Au passage de certains engrenages, qu’on soit en accélération ou en décélération, on ressent des à-coups désagréables. C’est souvent le cas à basse vitesse, là où la souplesse est de mise… et attendue.

    En fait, ce qui agace, c’est que tout devrait couler et être doux à bord d’un produit Cadillac. Or, ce n’est pas le cas; l’exécution des organes mécaniques est parfois brouillonne. Dans cette catégorie, ça peut faire mal, surtout qu’en comparaison, le concurrent XC40 de Volvo avance un organe qui se fait oublier tellement il œuvre dans la ouate.

    2) Freinage et direction: pas convaincants

    Tout est dans la nuance, mais la sensation au freinage ne convainc personne à bord du Cadillac XT4. On s’attend à quelque chose de progressif, mais ce n’est pas le cas.

    En certaines occasions, on a même l’impression d’appliquer les freins d’une voiture ancienne sans servofreins. On s’y habitue, mais l’ensemble laisse un goût amer.

    Le même commentaire s’applique à la direction, très légère, voire trop. Ça demeure une question de goût, toutefois. Et lorsqu’on active le mode Sport, elle est mieux dosée.

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    3) L’impression de luxe manque à l’appel

    Les constructeurs automobiles de luxe sont habitués de nous en mettre plein la vue. Mais en proposant des véhicules d’entrée de gamme, ils sont forcés de couper quelque part pour en arriver à des prix concurrentiels et alléchants.

    Or, ça paraît dans l’habitacle du Cadillac XT4: l’impression de richesse que l’on recherche lorsqu’on magasine chez une marque haut de gamme n’est pas au niveau où elle devrait être.

    Remarquez, c’est un constat généralisé à travers la catégorie.

  • Conclusion

    Percer l’alignement?

    Puisqu’il arrive tardivement dans un match déjà bien amorcé le Cadillac XT4 doit pouvoir bousculer des joueurs établis. Comme une recrue à l’entraînement des Canadiens de Montréal, il doit s’imposer pour faire sa place.

    Or, il lui manque certains éléments pour percer l’alignement. Le début de carrière s’annonce couci-couça, donc, mais le potentiel est là.

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