Benoit Charrette nous revient de Californie où il est allé tester le nouveau Hyundai Kona 2019 dans sa variante électrique, premier VUS 100% électrique du constructeur coréen – et l’un des rares sur le marché, toutes marques confondues – qui doit faire son entrée chez nos concessionnaires en janvier.

Notre chroniqueur en retient le confort supérieur à celui de la Chevrolet Bolt, l’espace intérieur si peu handicapé par les batteries et… un plaisir de conduite qui égale celui de la Volkswagen e-Golf (notre essai ici) ce qui n’est pas peu dire.

Voici en huit points ce qu’il a retenu de son essai routier du tout nouveau Hyundai Kona électrique 2019.

Hyundai a visé juste en prenant un VUS comme habillage pour le Kona. Les utilitaires ne cessent de gagner en popularité auprès des acheteurs, en Amérique comme ailleurs à travers le monde (même l’Europe n’y échappe pas!) et comme il est électrique, c’est une combinaison gagnante.

Voilà qui risque de faire mal au Mitsubishi Outlander PHEV (rechargeable), officiellement lancé au salon de l’auto de Montréal en janvier et qui, maintenant qu’il est débarqué sur notre marché, profite d’une bonne popularité malgré sa faible autonomie électrique de 35 à 40 km.

Dans un registre plus grand, il y a bien sûr le Chrysler Pacifica, qui s’attire moult éloges. Mais autant pour le Mitsubishi que pour le Pacifica, nous parlons d’utilitaires hybrides branchés; le Hyundai Kona est le seul à être entièrement électrique.

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Dès les premiers instants de la conception du Kona, Hyundai avait imaginé qu’il y aurait une version électrique. L’emplacement des batteries était donc déjà prévu – elles se trouvent sous le véhicule, coupant au minimum la perte d’espace intérieur.

En fait, oui, on en perd un peu, de l’espace. Le câble de recharge occupe 29 litres dans le coffre et le plancher de cette variante électrique est 3cm plus haut que pour le modèle à essence.

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Autres différenciations entre les deux modèles: celui électrique profite de jantes au style unique et d’une calandre sans grille avec la prise de recharge dans la partie droite près des phares.

Évidemment, l’aérodynamisme a été retravaillé pour réduire le coefficient à 0,29cx (versus 0,34cx pour le modèle régulier).

Juste vous dire comme ça en passant: la Toyota Prius est l’une des voitures les plus aérodynamiques de l’heure, avec un coefficient de 0,24cx…

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Jusqu’à présent, la Chevrolet Bolt trônait au sommet du palmarès des véhicules électriques accessibles pour sa généreuse autonomie de 383 km. C’est maintenant le Hyundai Kona qui la remplace, avec ses 415 km annoncés par Hyundai.

De fait, en conditions réelles et «en utilisant tous les outils de l’éco-conducteur assidu sur le circuit parfait qu’est le périphérique parisien», le Hyundai Kona en offre plus que la Tesla Model S 100D, viennent de découvrir nos collègues français de Caradisiac!

Chose certaine, ça promet de faire mal à la Nissan Leaf et ses 242km d’autonomie, actuellement l’électrique la plus populaire au monde (avec 320 000 exemplaires vendus depuis son lancement en 2010), voire à la BMW i3 ou même la Tesla Model 3 dont la version d’entrée de gamme dépasse à peine les 350km.

Hyundai soutient que son Kona s’adapte à votre conduite. Ainsi, si vous êtes un conducteur conservateur, une recharge va vous offrir plus que 415km. Mais si vous avez le pied droit agressif, une pleine charge ne vous mènera pas à 400km.

On en a eu la preuve de visu: au moment de récupérer notre voiture d’essai, l’afficheur de charge indiquait 473km d’autonomie. Décidément, le conducteur précédent avait été très, très prudent…

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Hyundai n’a pas encore annoncé de prix pour son Kona, mais il laisse savoir qu’il y aura deux versions.

Et sachant que le modèle électrique sera sensiblement plus dispendieux que le modèle à essence, Hyundai a fait un effort notable pour rehausser la qualité générale de l’habitacle: les matériaux offrent définitivement un aspect plus valorisant.

De fait, j’ai trouvé qu’il s’agissait là d’un véhicule mieux fini et plus abouti que, par exemple, la Chevrolet Bolt et sa dotation plutôt simpliste.

L’offre débutera avec le Hyundai Kona Preferred et, comme pour la plupart des véhicules coréens, le VUS se pointera avec un équipement complet. Du coup, on aura droit à la suite des assistances modernes à la conduite, des phares DEL et de la connectivité Android Auto / Apple CarPlay.

Les sièges sont en tissu, mais mon grand gabarit a trouvé qu’ils ne manquent pas de confort. Cela dit, pour avoir droit au cuir, il faut aller dans la version Ultimate, qui s’enrichit d’une chaîne audio Bowers & Wilkins, du toit ouvrant, de l’affichage tête haute, d’un écran de 8 pouces (au lieu de 7) et de l’ajustement électrique du siège du conducteur.

Oh, et on peut sélectionner l’intérieur deux tons… sans frais supplémentaires.

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Le moteur du Hyundai Kona 2019 couplé à une batterie de 64 kWh livre l’équivalent de 201 chevaux et 290 lb-pi de couple. La vitesse maximale a été fixée à 167 km/h. Ça, c’est sur papier. Ce qu’il faut surtout retenir, c’est qu’il existe quatre modes de conduite et… quatre modes de régénération pour le freinage.

Je vous explique:

Outre le mode normal qui se pointe par défaut au démarrage (avec un niveau de régénération de 1), vous avez les modes Eco, Sport et Eco+.

L’Eco+ est l’extrême ou, comme le mentionne avec humour l’ingénieur de Hyundai, il s’agit du dernier recours du genre «il me reste seulement quelques kilomètres d’autonomie pour me rendre à la maison.»

L’Eco+ limite alors la vitesse du Kona à 90 km/h, coupe la climatisation et bride fortement toute accélération en maximisant la régénération. Autrement dit, c’est un mode d’urgence.

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À l’autre extrême, le mode sport accorde une meilleure accélération (et on le sent véritablement), mais voilà qui va amputer l’autonomie totale de plus ou moins 25 km.

Finalement, un peu le meilleur des… trois mondes, il y a le mode Eco qui laisse fonctionner les équipements de confort du véhicule, mais qui gère l’utilisation optimale des batteries.

Autre gestion que le conducteur peut contrôler: on peut choisir le mode de régénération du freinage et ce, en une manoeuvre très intuitive, soit à l’aide de palettes au volant. Plus le niveau est haut, plus le frein-moteur est agressif, ce qui permet d’ajouter quelques kilomètres aux batteries, par exemple en conduite urbaine ou en descendant une côte.

Notez que ce système se désactive à moins de 10 km/h ou quand vous ré-accélérez.

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Un mot sur la recharge: le Hyundai Kona a besoin de 9 heures 35 minutes pour une pleine recharge sur une borne 240 volts, mais si vous trouvez une borne rapide, vous obtiendrez 80 % de la charge maximale en 54 minutes.

Sans être aussi impressionnant qu’une Tesla, le Hyundai Kona livre quand même son couple dès que vous appuyez sur l’accélérateur. Le constructeur annonce le 0-100 km/h à 7,2 secondes, ce qui est très respectable pour les 201 chevaux disponibles.

Vous aurez compris que l’habitacle est très silencieux, mais les bruits parasites venant de l’extérieur trouvent tout de même leur chemin dans l’habitacle. Hyundai a installé du verre acoustique sur son nouveau modèle à hydrogène, le Hyundai Nexo, je ne saurais trop lui recommander de faire la même chose avec son Kona électrique.

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Cela dit, l’agrément de conduite du Kona est au rendez-vous. Grâce à un châssis rigide et une suspension arrière indépendante à multibras, contrairement à l’essieu rigide des Nissan Leaf et Chevrolet Bolt, l’utilitaire coréen offre une expérience agréable et souple, sans raideur excessive, malgré son poids de 1685 kilos.

Autre supériorité – à venir: en considérant que le Hyundai Kona devrait se vendre à des prix comparables à la Chevrolet Bolt et la Nissan Leaf, soit entre 42 000$ et 46 000$ canadien, le nouvel utilitaire coréen électrique devrait en offrir plus que ses rivaux – à tous les chapitres.

Plus confortable, plus spacieux et avec un équipement plus généreux, le Hyundai Kona devient le nouveau roi de la montagne, mais… pour combien de temps? Les innovations dans le monde des véhicules vont vite, très vite.

D’ailleurs, Nissan n’a-t-il pas annoncé il y a tout juste un an l’arrivée d’un utilitaire électrique, sous la forme de son prototype de VUS IMx?

Avec la saison des salons automobiles qui reprendra le mois prochain (pensez Los Angeles et Tokoy), gageons qu’on n’a pas fini d’entendre parler d’autonomies électriques qui dépassent les 400km.